URBANI VIII
Bail» e«B«iil«ill«iiU S, Franel«cl Xft¥erll celetirati» per Gref^rlmii XV.
URBANUS,Epi8copu8, servus servorum Dei, ad perpetuam rel memoriam.
Proœmiom. — Rationi congruit, et convenit œquitati, ut ea, quse de Romani Pontiflcis providentia processerant, Ucet ejus superveniente obitu, Litterse Apostolics desuper confectœ non fuerint, suum debitam cona^^a effectum. Dndum siquidem fel. rec. Gregorics Papa XY, prœdeceafD|jr pie prsemeditans, quod unigenitus, et costemus œtemi Patris Filius, eq Regalibas sedibus in hune Mundum, ut salutem humani generis openij descendisset, semen bonum verbi sui in agro Orbis terrarum seminaverat; ut onniuni eœlestlum virtutum et ad extremum stemœ vits fructum cre-
APPIiNDICE. 481
Christ avait versé tout son précieux Sang, dans le suiiplice volontaire d'une croix ignominieuse; et que, l'œuvre de sa mission étant enfin consommée, le Fils de Dieu, planant au-dessus des sublimités du Ciel, s'était élevé vers le trône de son Père, pour régner à sa droite pendant Téternité des siècles : mais qu'il avait laissé sur la terre un grand nombre de ses serviteurs et de ses amis, pour cultiver et faire fructifier la divine semence par leurs travaux, par leure veilles, et, à l'exemple de leur Maître, par l'effusion d.e leur propre sang, afin de rassembler en ses greniers une récolte surabondante, et de dilater le champ de la religion, jusqu'à ce que, selon la promesse du Père, toutes les nations et les extrémités de h terre eussent été données au Fils en héritage et en souveraineté.
£t quoique la parole divine, de génération en génération , eût toujours été couronnée par le succès , néanmoins, aux heures de la grâce, marquées à l'avance dans les conseils éternels, où il voulait répandre avec plénitude sa miséricorde iufînie , comme un fleuve de bénédiction , au milieu de la lignée tout entière des enfants d'Adam, et dilater la gloire de sa Croix jusqu'aux extrémités de la ten^e^et aux derniers horizons de la mer, sa puissance avait éclaté d'une manière vrahneut admirable, lorsque des tribus et des langues, des peuples et des races jusqu'alors inconnus, avaient été révélés, et qu'il y avait fait germer une moisson pleine de grandeur et de fécondité ; il y avait multiplié le nombre de ses ouvriers, et il avait
dentibus germinaret : quodque, cum pro divins hujus segetis incremento pretiosissimum sanguinem siium, ignominiam Grucis voluntarie subiens, effudisset ; ac perfecto demum opère, ad quod ml8sus fuerat, super omnibus Gœlortun sublimitatibus ad dexteram Patris in sœcuiorum œternitate consessurusascendisset; plurimos servos^^t amicos suos in terris reliquerat, qui laboribus, vigiliis, atqne ad ipsius exempium proprii sanguinis effusione, divinam hanç excolentes sementem, messem quam uberrimam in horreum ejus congregarent ; ejusque fines eousque dilatèrent, donec juxtapromisslo- Dem Patris, omnes génies, et termini terrs darentur ei in haeredltateni;et possessionem.Ët, quamvisTerbum ejus semper a generatione in generati0fi6fn prqsperatum esset; attamen quando ab œternis temporibus prœdestinatum bmplaciti ejus tempus advenerat, ut abundare faceret, quasi imbrem inundantem, misericordiam suam magnam super universum semen iiliorum Adam, gloriamque Grucis suœ usque ad ultimum terrœ, et in mari ionge propagaret ; vere adrairabilis fada erat polentia ipsius, cuni revelatis incogniUs antea Tribnbus et ilnguis, ac populis et nalionibus messem magbam,
béni leurs travaux par une si riche abondance de fruits spirituels, qu'à la voix de ces apôtres, le son de la prédication évangéliqne «nit retenti jusqu'aux limites les plus éloignées de Tuniv^^, et depuis ks terres où se lève le soleil jusqu'à ceUes où il se conche : entrâtes iSorliras extrêmes de l'aquilon et des mers, le grand nom du Seigneur notre Dieu avait été révélé à tous les peuples.
Parmi les ministres prédestinés du Seigneur pour accomplir TcBuvre sacrée de sa volonté, et pour coopérer à la vocation de ce nombre infini de peiq)les, le glorieux serviteur de Dieu, FrançcHS Xavi^y le nouvel apôtre des Indes, fut éminent entre tous , par l'éclat de sa sainteté et par la renommée de ses vertus.
Dès sa jeunesse, il avait marché dans la perfection en présence de Dieu, méprisant et foulant aux pieds les richesses et les dignités du siède; il s'était renié lui-même, et avait, selon la parole sainte, livré son âme pour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Chrisl; il aviat été trouvé digne d'être choisi par l'Esprit-Saint pour ce ministère sublime, et d'être constitué , par la divine Providence, comme le chef de tous ses Frères ; il avait été comblé des privilèges de grâce qui resplendiss^t dans les apôtres : et même ces caractères de l'apostolat, qui se manifestaient en sa personne par des témoignages de toute nature, par des signes, par des prodiges, et par ses^yertOB parfaites, lui avaient mérité le titre d'Apôtre des nations Doérelles, queluiavaitconféré la voix unanime de l'univers chrétien.
atque oberem aperuerat, atque in ea operarios multiplifiaverat ; tantacpie f nictaum abundantia labores eomm eomi^everat , ut, ipsls annantlantibas, Ëvangelicœ prffldicationis sonus uaque ad extremoe Orbis terrarum fines penetrasaet ; et a soUs ortu usque ad occasum , ab Aquilons et mari, magnum nomen Domini Dei nostri in ui^ersis gentibus redditum esset. Inter caeteros vero, quos ad perficiendum volnntatis suÉ sacramentum, in tantarum gentium vocationc Dominus praeordinaverat , egregius Servns ejus Framciscus Xaverics, novus Indiarum Apostolus gloria Sanctitatis, et meritorum Bplendore prsecipue emicuerat : Qui cum a juventute sua perfecte coram Deo ambulassct ; spretisque ac conculcatis divitiis, ac sœculi dignilatibus, ac semetipso juxta vorbum Domini abnegato, animam 8namj;^o nomine Domini nostri Jesu^risti tradidisset ; dignus inventus erat, qui a Spiritu Sancto in tam insigne opus assumeretur ; ac tamquam aliorum Dux divina Providentia constitutus Apostolicis ciiarismatibus aiBuenter decoraretur : eliam ob signa Apo&tolatus, quae in eo in omni paticntia, in signis, et prodigiis, ac ^irtutibus manifesta facta erant, nOvarum gentium Apostolus
APPBNDICX. /!i8S
Il convenait par toutes ces raisons, après que ce grand serritear de Dieu, dans Tintérêt de la gloire divine, et du salut déTâmes rachetées par le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avait enduré des travaux et des souffrances sans nombre et sans mesure, avait éprouvé des dangers infinis sur terre et sur mer, et avait été placé par Dieu dans un degré si éminent que son nom était en honneur ptimi toutes les nations.
§ 1. Il convenait, disons-nous, que notre prédécesseur, le pape Qinfigmre, en vertu de sa chaîne pastorale, le déclarât, en présence dé rÉglise militante, véritablement Saint et élu de Dieu, et proposât ses vertus, comme éminentes et sublimes, à Timitation de tons les fidèles de Jésus-Christ, afin que le peuple chréti^ dirigeât toutes ses actions d'après un tel exemple, pour la ^ire de Dieu lui-même ; et que le même peuple eût la consolation de l'avoir, dans ses propres misères, pour intercesseur auprès de Dieu et de Notre-Seigneur Jésus-Christ:
Et afin que tous les fidèles de Jésu»-Christ se sentissent plus vivement excités à glorifier Dieu, selon iSfiffî^i^nsité de sa toutepuissance, et que la dévotion profonde inspirée par le gfand Serviteur de Dieu s'accrût par le récit et par la révélation à l'univers entier de sa vie céleste sur la terre et de ses œuvres saintes ,
Avant toutes choses, le pape* Grégoire désira faire connaître, que cet éminent Serviteur de Dieu était né de parents illustres et pieux.
imaiiiini totius Ghrietiani Orbis consensn m6nierat appellni : ae propterea decebat, ot tantnm Dei famulum, qui pro gloria ejns, et animarum Domini nostri Jesu Ghristi sanguine redemptarum salute, inmimeros maximosque labores, atque serumnas perpessus erat; ingentiaque terra marique subf- ?erat pericula, quem Deus adeo magnificaverat, ut nomen ejus honorabile eeset apud omnes gentes ,
§ t. Idem Gregorius prœdccessor, pro suo Pastorali munere, V)ere Sanfllaro, et electnm Dei, in miiitanti Ecdesia declararct, ejusque virtutes, tafliquam eximias, et prœcellentés, uniyersis Ghristi fldclibus imitandas preponeret, ut populus Christianus actiones suas ad honorem Dei, ipsius eiemplo dirigens ; eum apud Dcum, et Dominum Jesum Ghristum in ejus neeessitatibus habere mereretur intereessorem. Atque, ut omne&.-Çhristi fidèles promptius , ad laudandum Deum Omnipotentem secunduon innltitudinem magnitudinis ejus excitarentur ; deyotionisque ardor erga tantum Dei famulum augeretur, dum ejus in terris cœlestem, et laudabiliter actam Vitam Orbi terrarum expliearet, et patefaeeret : In primis, et ante oranfa
dans la Navarre, au château de Xavier, dépendant du diocèse d<e Pamjjwue, et qui faisait partie des domaines de sa famille maternelle. Ses parents lui apinirent, dès son enfance, à craindre Diea et à éviter scrupuleusement le péché. Dans Tâge de son adolescence, ses parents l'envoyèrent terminer ses études à Paris. Il s'y livrait avec ardeur à la science, lorsque bientôt son pèreeut la pensée de le rappeler auprès de lui. A cette époque existait encore Marie- Madeleine, sœur de Xavier, et elle dirigeait, avec une grande réputation de sainteté, un monastère de religieuses déchaussées, de Tordre de Sainte-Claire, dans la ville de Gandie. Connaissant le dessein de son père, et divinement éclairée sur la vocation de •François, elle écrivit à son père, avec les expressions les plus vives, pour Tinviter à lavoriser les travaux de François, au prix même de sacrifices domestiques : car elle prévoyait, ajoutait-elle, que la divine Providence avait choisi son frère pour être TApôtre de nations inconnues.
Lorsque Xavier demeurait à Paris, il fit la connaissance de saint Ignace, et fut admis par lui conrnie son compagnon, après qu'Ignace eut demandé cette grâce à Dieu par de ferventes prières, pour la plus grande utilité de TÉglise ; et sous la direction de ce chef, Xavier entra dans la voie étroite qui conduit à la vie : et afin de se trouver vivifié selon Fesprit, 11 mortifia très -rudement sa chair, à l'exemple des saints Pères de l'antiquité. En effet, il s'in-
praemitteret; quod natug erat insignis hic Dei Servus NavarrsB in Oppido Xaverio Pampilonen. Diœcesis, maternœ ditionis loco, nobilibus ac piis progenitoribus. Qui,tum ipsum ab infantia timere Deum, ac ab omni peccato abstinere edocuissent ; obi setas demum adolevcrat, Luletiam Parisiorum, studiorum gratia euindem miserant. Quibus, cum alacriter operam daret; post haud multum temporis de eo domum revocando pater cogitare cœperat. Quod cum tune in humanis agens Maria Magdalena ejus soror, quœ Monasterium Monialium Oppidi Givitatis nuncupati Gandia» Oiâbus S. Clarœ Discalceatarum nuncupatarum, Valentins Diœc. non sine ingODli Sanctitatis fama tune regebat, persensisset ; Fratris vocationem divinttus «edocta, per literas cum paire vehemenlius egerat, ut Francisci Studia onmi •ope, etiam cum rei 4omestieae detrimento, fcveret : eum enim incognitarum geniium Apostolum divina Providentia praeordinatum esse praeiiid<d>at. Cumque Lutetiœ commoraretur in familiarilatem S. Ignatii inslnuatus, ac postmodum in Socium ipsius, qui id ardentibus precibus à Deo ad ingen- Um Ëcciesiœ utilitatem piiBstandam postulaverat, adscriptus, eoque Duce t •
terdit l'usage, non-seulement de la viande et du vin, mais même du pain de froment , et ne subsista que d'aliments grossiers e^ sans saveur, dans la proportion la plus modique; souvent même il lui arriva de se priver, pendant un intervalle de deux et même de trois jours, de toute espèce de nourriture : quelquefois enfin il passa dans un jeûne absolu tous les jours de la Semaine sainte, jusqu'au Samedi veille de Pâques. Il avait pour coutume de ne prendre, pour réparer ses forces , qu'un sommeil de quelques instants, et de ne reposer que sur la terre ou sur un lit formé des plus grossières couvertures. Il flagellait si durement son corps avec des disciplines armées de fer, que souvent il en jaillissait une grande abondance de sang. Souvent encore , il se mit en chemin, ayant les bras et les jambes étroitement liés par des cordes, et il persévéra plusieurs jours dans ce douloureux supplice, de manière que ses liens pénétrèrent dans sa chair, et que l'intensité de la douleur anéantit ses forces et le fit tomber épuisé sur le chemin; et si, par une grâce providentielle de Dieu, sans aucune œuvre humaine, les cordes ne s'étaient rompues, la vie de Xavier aurait été tout à fait désespérée.
L'éclat des autres vertus chrétiennes qui resplendirent dans son âme, la puissance avec laquelle, armé du bouclier de la foi, il fit tomber à ses pieds tous les traits de feu de l'esprit du mal , la fermeté de son espérance en Dieu , se révélaient d'une manière in-*
Ingressus erat arctam viam, qusB ad vitam ducebat i ut enim Spiritu viviflcaretuT, carnem suatn, ad antiquorum Sanctorum Patrum exemplum, sevérissime mortiflcaverat. Interdicto enim sibi, non solum carnîs et vini, sed panis etiam trilicei usu, vilibus tantummodo, ac insulsia cibis, iisque quam parcissime usus erat : Quin etîam fréquenter integro biduo triduoque ab omni cibo prorsus abstipuerat : aliquando vero omnes màjoris Hebdomadse dies usque ad Sabbatum Paschatis jejunus transegerat : somnoque brevISBimo vires reflcere consueverat, humi : vel lectulo vilissimis stragulis contecto, jacens, corpus suum ferreis flagellis adeo diverberabat , at saepe copiosus sanguis efflueret : aliquando autem funiculis arctissime constrictis lacertis, et coxendicibus, iter agressus erat ; cumque plures dies in eo cruciatu perseverasset, vincula adeo corpori ejus inflxa erant ; ut prae doloris magnitudine viribus destitutus, in via concideret : ac nlsi praecipuo Dei beneficio, absque ulla humana ope, disrupta fuissent; de ejus v!la omnino desperatum fuisset. Quam praeclare vero in ejus animo reliquœ Christian» virtutes effulsissent ; quam potenter scuto fidei proteclus omnia oequis-
ft86 APPENDICE.
signe, dans le fréquent usage des Sacrements : car il nourrissait de ces divins aliments, non-seulement lui-même, mais encore k prochain, avec une dévotion infinie, et avec un zèle infatigable : et dans la prédication assidue de la parole divine, dont il répandit la lumière sur une portion si immense de notre univers. Parmi ses autres vertus, sa charité surtout avait brillé conune un astre matutinal^ elle s*était révélée dans toutes ses actions, mais principalement dans le service des malades. £n effet, il faisait paraître envers les indigents infirmes qui se trouvaient admis dans les asiles hospitaliers , une affection si tendre, qu'il avait peine à vivre ékHgné d'eux ; il apportait une telle mortification des sens dans Taccomplissement des ministères les plus vils, que, plusieurs fois, il s'abreuva de l'eau dont avaient été lavés de hideux et incurables ulcères. Lorsque les malades étaient en danger de mort, il oubliait, pour lui-même, la nourriture et le sonuneil, et, recevant de Dieu des forces supérieures à la nature, il ne quittait, ni le jour ni la nuit, la garde de ces personnes, qui paraissait lui être dévdue : etil leur administrait les divins Sacrements de l'Église et les autres remèdes spirituels. Il accomplissait toutes ces œuvres avec un emptessement et une joie si sensibles , qu'il était évident que le service des malades et des mourants était ses délices , et qu'il faisait fructifier ainsi le talent dont la divine miséricorde l'avait constitué dépositaire. Il ne cessa jamais^ pendant le cours entier
simi ignea tela extinxisset ; et quam flnniter in Dec ^rasset ; et Sacramentorum frequentia, quibus non solum semeUpsiim, sed et alios etiam summa cum devotione, ac indefessa assiduitate pascebat, et verbi Dei asaidaa pr»dicaUo, qua tam ingentem Orbis terrarum partem illnminaverat msi^^ter attestabantur. Sed inter cœieras cjus virtuteS) quasi Sidus inatutinum, prscipue resplenduerat Charitas : qoae in omnibus quidem ejus acUonibus, prssertim tamen, cum œgrotis iuserviret, manifestabatur. Eo etenim dilectionis ardore erga inopes inflrmos,'qui in domibus hospitalibus morabantur, se gerebat, ut raro ab eîs discederet x tantaque sensuum mortiflcatione quantumvis aordidisaima ministeria peragebat ; ut aquam sspius, qua horo ribilia, et incurabiiia ulcéra laverai, ebibisset. Cum vero de vita périclita' rentur, tune cibi somnique prorsus oblilus, et prœter proprias vires à Oeo confortatus, veluti a conunissa custodia nec die nec nocte discedebat} iUisque sttictissima Ecclesiœ Sacramenta, caeterasque spirituales alimonias prœbebat, Quœ adeo libenter, atque hilariter exequebatur; ut delicis ejus detervire segrotis ac morientibus esse diceraitur, et quasi aliquod talentum»
APPENDICE. ft81
de sa ¥ie, de pratiquer cette charité vigilante à l'égard des malades , en quelque lieu de la terre qu'il se trouvât placé. Aussi, par cette charité, que l'Esprit saint répandait abondamment dans son cœur, il s'approchait tellement de son Dieu , et il persévérait dans l'oraison avec une ferveur d'esprit si profonde, qu'il passait les nuits tout entières appliquant son âme à cet aliment divin, par lequel il réconfortait son homme intérieur; et même, étant sur un navire, et dans un péril évident de mort, au milieu des plus grandes tempêtes, il ne s'interrompait point et n'éprouvait aucun trouble intérieur: et souvent il'sortait si entièrement de lui-même, et avec de tels ravissements d'esprit, que, les yeux dirigés au ciel, il s'élevait de terre par une vertu divine ; et son visage paraissait tellement enflammé qu'il offrait l'idéal de l'amour angelique; et ne pouvant supporter les flammes de la charité divine, il s'écriait souvent : « C'en est assez, c'en est assez, Seigneur. »
Lorsqu'il célébrait le très-saint Sacrifice de la Messe, souvent il sortait de lui-même à ce point que les ministres qui agitaient ses vêtements ne pouvaient le réveiller do cette extase qu'après un long intervalle de temps. Quelquefois même, il arriva qu'on le vit s'élever da terre à plus d'une coudée, en présence de tout le peuple, saisi d'étonnement par un » grand miracle , et qui contemplait en ce prodige comme un signe de la sainteté du Serviteur de Dieu.
flibi divin» benignitatis muniflcentia credittim , negociaretur : asfiiduamque banc erga sgrotos curam, ac vigiiantiam toto vitœ Buta tempore ubicumque terrarum moraretur, exercucrat. Sed et per eamdem Gharitatem, qoee per Spiritum Sanctum diffusa erat in corde ipsias, adeo ad Deom accedebat, taotoqne spiritus fervore in oratione perseyerabat ; ut hujusmodi cibo intentus, quo interiorem hominem reficiebat, noctes intégras tra&dgeret.: ne(i, cum in navi esset, atque in aperto vltœ discrimiiie in BUllunis tetopej^ tatiboB yenaretur, desisteret, aut quidquam animo eoiiiinoveretnr : fleretqljk . aliquando talis super eum mentis excessus ; ut œalis in cœlum defixlSj diyina vi à terra elevaretur; yulta adeo inflammatus, nt angèlicam proTBos ebaritatem reprœsentaret ; nec divinl amoris perferre vàtens Incendlnm, ispius exclamaret, Salis est, Domine^ satis est. Cum vero Sacrosanctum Missse celcbraret sacriûcium, sœpenumero à sensibns iisqne adeo aMia^ nabatur , ut nec ministri yestem succuticntes, nlsl post dintnmam liN^^i excitare possent. Quin etiam aliquoties, altius cubito à terra uniyersa adstanUum multitadlnc^ miraculi magnitudlnem ob
rnamjwuBi
vv^; ,
488 ÂPPEKIDIGE.
Non-seulement c'était dans la veille que le saint homme avait Dieu dans Le cœur et sur les lèvres : mais dans son sommeil^il goûtait le repos en son Dieu. Seavent, en effet, dans ses songes, on lui entendait proférer le très-saint nom de Jésus-Christ, avec un ravissement infini d'esprit.
Et cet honune, orné de vertus si parfaites, et comblé par Dieu tous les jours de grâces plus éminentes , non-seulement ne s'en prévalait point en son cœm*, mais voyait croître iUcessamment en lui-même la vertu d'humilité ; de telle sorte qu'il accomplissait de préférence les ministères les plus humbles de la mabon, s'estimant toujours le dernier de tous. £t ses habits étaient si délabrés et si grossiers, qu'il en était souvent un objet de risée pour les enfants.
L'homme de Dieu témoignait une vénération singulière, nonseulement aux évêques, mais à tous les prêtres ; et il n'écrivait jamais qu'à genoux à saint Ignace, alors son supérieur. Il éprouvait, en même temps, une si profonde aversion pour les honneurs, et pour les louanges humaines, qu'il dissimulait avec un soin extrême la dignité suréminente de nonce apostolique , dont le souverain pontife l'avait revêtu en l'envoyant dans les Indes; et il ne fit usage qu'une seule fois de l'autorité qu'elle lui conférait : et ce fut dans un cas absolu de nécessité.
Enfin, ce grand homme avait reçu, de Dieu la carrière la plus magnifique, pour y combattre glorieusement jusqu'à la consoïnma-
ac Servi Dei sanctitatem suspiciente, conspectus fuerat Nec solum vigilans
Vir Sanctus Deum in corde et ore habebat; sed et dorniicns in ipso requies-
cebat. Fréquenter enim In somnis sanctissimum nomen Jesu cum somma
mentis dulcedine proferre audiebatur. Gumque tam singularibus floreret
virtuiUbns, atque in dies a Deo potioribus augeretur muneribus ; non modo
non jq?ib>Uebatur, sed crescebat in eo semper \irtus Humiiitatis : adeo ut
^jyfinUt'qusque domus officia semper, tamquam omoinm postremus, obiret.
. V^jtàjptibus vero adeo pannosis, ac vilibus utebatur, ut pueris quandoque de-
■'^.«diculo esset Venerabatur autem exiraie vir Dei non Episcopos modo, sed
Sacerdotes quoscumque : Sancto vero Ignatio, tune Prœposito suo, non
nisi flexis genibus scribebat. Honores vero ac laudes hominum adeo hor-
rebat, ut amplisaimam Apostolici Nuncii dignitatem, qua instructus in
Indias a Sununo Pontifice missus fuerat, quam studiosissime occultaret :
nec nisi semel ea potestate, necessitate coactus, usus fuerat. Cœternm
I vir insigne stadiom à Deo consequutus erat, in quo gloriose nsque
ationem cursus, et coronam justitiœ decertaret.
i^^ff-
Christ avait versé tout son précieux Sang, dans le supplice volontaire d'une croix ignominieuse ; et que, Fœuvre de sa mission étant enfin consommée, le Fils de Dieu, planant au-dessus des sublimités du Ciel, s'était élevé vers le trône de son Père, pour régner à sa droite pendant réternité des siècles : mais qu'il avait laissé sur la terre un grand nombre de ses serviteurs et de ses amis, pour cultiver et faire fructifier la divine semence par leurs travaux, par leui^ veilles, et, à l'exemple de leur Maître, par l'effusion de leur propre sang, afin de rassembler en ses greniers une récolte surabondante, et de dilater le champ de la religion, jusqu'à ce que, selon Li promesse du Père, toutes les nations et les extrémités de la terre eussent été données au Fils en héritage et en souveraineté.
£t quoique la parole divine, de génération en génération , eût toujours été couronnée par le succès , néanmoins, aux heures de la grâce, marquées à l'avance dans les conseils étemels,. où il voulait répandre avec plénitude sa miséricorde infinie , comme un fleuve de bénédiction , au milieu de la lignée tout entière des enfants d'Adam, et dilater la gloire de sa Croix jusqu'aux extrémités de la ten-e^ct aux derniers hoiizons de la mer, sa puissance avait éclaté d'une manière vraiment admirable, lorsque des tribus et des langues, des peuples et des races jusqu'alors inconnus, avaient été révélés, et qu'il y avait fait germer une moisson pleine de grandeur et de fécondité ; il y avait multipUé le nombre de ses ouvriers, et il avait
dentibus germinaret : quodque, cum pro divins hujus segetis increraento pretiosissimum sanguinem suum, ignominiam Grucis voluntarie subiens, effudisset ; ac perfecto demum opère, ad quod missus fuerat, super omnibus Gœlortim sublimitatibus ad dexteram Patris in sœcuiorum œternitateconsessurus ascendisset ; plurimos servos j|t amicos suos in terris reliquerat, qui laboribus, vigiliis, atqoe ad ipsiusexemplum proprii sanguinis effusione, divinam hanc excolentes sementem, messem quam uberrimam in horr^um ejus congregarent ; ejusque fines eousque dilatarent, donec juxtapromisslonem Patris, omnes génies, et termini terrae dareniur ei in hsredttatem'jTet possessionem.Ët, quamvis verbum ejus semper a generaUone in generatiOtdflm profiperatum esset; aUamen quando ab œtemis temporibus prsdestinatum b^jnplaclti ejus tempus advenerat, ut abundar^faceret, quasi imbrem inundoniem, misericordiam suam magnam super universum semen iiliorum Adam, gloriamque Grucis suœ usque ad ultimum terrse, et in mari longe propagaret; vere admirabilis fada erat potentia ipsius, cum revelatis incogoitiB antea Tribabus et Upguis, ac populis et nalionibus messem magbam,
«82 APKNMCS.
bfoi iean trannx pn* une d riche abmdanee de frnhs spiritiKis, qu'à la Mi\\ ili' res aptoes, le non de h pÊéékskfàaa éfngflkpe aifait rt'teQiî jusqa'aux Kmitefl les pins ëùïgoéeBU» VjnàmB^ et ûi'\nm tes ifire» où se lève le scrieil Jnsqul cdles oà fl se oeodto : mm les lioi ixons Mrêmes de l^Mpiikm et des me», le grabd mm du Seigiieiir iioti^DMÉ âTiit été révélé à tons les peuples.
t'anut les ministres prédeslmés du Seigneur pour ftoeafl|ir Vœuwv Sacrée de sa voloiBté, et pour coopérer k la vocattui de ce Qoitibrc iiifiiii de pmitaSi le ^rienx seryiteiir de Diai, FiraMÉ Xavier, le nuuvd ^lAlre des Indes, ftitéminent entre toos^pr Véch L de sa HBÎiitSlit^ pêt la ren(»nmée de ses vertns.
DJÊ sa jemMSse, Il wnàt mardbé dans la perfection en présence dVJDMi, Éiélillail ellbnlant ant pieds les richesses et let digniléÉtéi dMl|} fi Iftoait renié lanniême, et avait, sekm la parole saiiÉi IklMMoÉl Imeponr lenomdeNotre-Seignear Jésus-Christ; il aviat été troavé digne d'être choisi par rEqnit-SaJttt pour ce ministère subUme, et d'être oenstitné, par h divine Providence, coinnie le ehef de tons ses Frères ; il avait été comblé des privfl^ de grflce qui resplendissent dans les apêitres : etmtoie ces'liin»tères de Tapostolat, qui se manifestaient ai sa personne paiNles témoignages de toute nature, par des signes, par des prodiges, et par seSiVërtos parfaites, Ini avaient mérité le titre d* Apôtre des nations mwréiles, queloiavaitconféré h vdx unanime de l'univers chrétien.
aUiue aberem aperoerat, atque in ea operarios multiplifayerat ; tantaqne f raotaum abunâantia labores eornm comi^everat , ut, ipsis aonontiaiitibitt, ËTangelicœ prasdicatioDis sonua nique ad extremoe Orbla temurum fines pénétrasse; et a lolis ortu usqae ad oecasum , ab Aqnilone et mari, magoum nomen Domini Dei noatrl in ui^ersit gentibua redditum easet Inter cflBteros vero, quoa ad perflciendum votnntatis auft sacramentum, in tantanun gentium yoeatione Dominua prsordinayerat, egregiua Servusejns FaAMGiscus XAYERins, noYua Indiaram Apoetolna gloria Sanctitatia, et meritorum iplendore prœcipue emicuerat : Qui cum a jnventute aua perfeete eonun beo ambulasset ; spretiaque ac conculcatis divitiis, ac sœculi dignltatibua, ac aemetipso juxta varbum Domini abnegato , animam snam jro nomine Domini noatri Jeaulphrigti tradidisset ; dignus inventua erat, <fA a Spiritu Sanoto in tam insigne opus assumeretur ; ac tamquam aiiornm Dox diyina Providentia constitutus Âpostolicis ciiarismatibus aflOuenter deeoraretur : etiam^b signa Apostolatus, quœ in eo in omni patientia, in slgnis, et produis, fo viTtuWbuft uiauUe»\A\«fi.V\ «xiiTit, ngyarum gentinm Apoatoios
APPBNDICX. /^83
Il convenait par toutes ces raisons, après que ce grand serritenr de Dieu, dans Tintérêt de la gloire divine, et du salut deff âmes rachetées par le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avait enduré des travaux et des souffrances sans nombre et sans mesure, avait éprouvé des dangers infinis sur terre et sur mer, et avait été placé par Dieu dans un degré si éminent que son nom était en honneur piimi toutes les nations.
§ 1. Il convenait, disons-nous, que notre prédécesseur, le pape fiiégiHre, en vertu de sa charge pastorale, le déclarât, en présence dé rÉglise militante, véritablement Saint et élu de Dieu, et proposât ses vertus, comme éminentes et sublimes, à Fimitation de tons les fidèles de Jésus-Christ, afin que le peuple chrétiai dirigeât toutes ses actions d'après un tel exemple , pour la gloire de Dieu lui-même ; et que le même peuple eût la consolation de ravw, dans ses propres misères, pour intercesseur auprès de Dieu et de Notre-Seigneur Jésus-Christ:
Et afin que tous les fidèles de Jésus-Christ se sentissent plus vivement excités à glorifier Dieu, selon riiiii^nsité de sa tontepuissance, et que la dévotion profonde inspirée par le grand Serviteur de Dieu s'accrût par le récit et par la révélation à l'univers entier de sa vie céleste sur la terre et de ses œuvres saintes ,
Avant toutes choses, le pape' Grégoire désira faire connaître, que cet éminent Serviteur de Dieu était né de parents illustres et pieux.
unanimi totins Ghristiani Orbis consensn mêmerat appellail : ae propterea deeebat, ut tantuin Dei famulum, qui pro gloria ejus, et animarum Domini nostri Jesu Christi sanguine redemptarum salute, innùmeros maximosque labores, atque œrumnas perpessus erat ; ingentiaque terra marique subiverat pericula, quem Deus adeo magnifiearerat, ut nomen ejus honorabile esset apud omnes gentes,
§ 1. Idem Gregorius prsedecessor, pro suo Pastorali muuere, vere Sanetom, etelectnm Del, in militanti Ecdesia declararet, ejusque yirtutes, tamqiiam eximias, et prœeellenties, universis Christi ildclibus imitandas pro^neret, ut populus Ghristlanus actiones suas ad honorem Del, ipsius exemple dirigens ; eum apud Dcum, et Dominum Jesum Christum in ejus neeessitatibus habere mereretur intercessorem. Atque, ut omneat.'Christi fidèles promptius , ad laudandum Deum Omnipotentcin secundum tnultitudincm magnitudlnis ejus excitarentur ; devotionisqne ardor erga tantum Dei famulum augeretur, dum ejus in terris cœlesfem, et laudabilitcr actam vitam Orbi terrarum expliearet, et patefoeeret : In primis, et ante omnia
&Sft APPBMOICE.
dans h Navarre, au château de Xavier, dépendant dn diocèse d,e Pam^bne, et qoi faisait partie des domaines de sa femilie matemelie. Ses parents lui appriroit, dès son enfance, à craindre Dieu et à éviter scrtitmleusementle pécbé. Dans l'âge de son adolescence, ses parents l'envoyèrent terminer ses études à Paris. Il s'y Uvrait avec aideor à h sdenœ, lorsque bientôt son pèreent la pensée de le rappder auprès de luL A cette époque existait encore Ma||> Madeleine, sœur de Xavier, et eDe dirigeait, avec une grandeiifrpotation de sainteté, un monastère de religieuses déchaussées;'4i( Tordre de Sainte-Glaire, dans la viUe de Gandie. GonnaissaiMft dessein de son père, et divinement éclairée sur la vocaiion de •François, elle écrivit à son père, avec les expressions les pto vives, pour l'inviter à favoriser les travaux de François, au prii même de sacrifices domestiques : car elle prévoyât, ajoutait-eDe, que la divine Providence avait choisi son frère pour être l'Apôtre de nations inconnues.
Lorsque Xavier demeurait à Paris, il fit la connaissance de saiitf Ignace, et fut admis pa» lui comme son compagnon, après qu'Ignace eut demandé cette grâce à Dieu par de ferventes prières, pour la phs grande utilité de l'Église; et so^ la direction de ce chef, Xavier entra dans la voie étroite qui conduit à la vie : et afin de se trouver vivifié selon Tesprit, 11 mortifia très -rudement sa chair, à l'exemple des saints Pères de Fantiquité. £n effet, il s'ia-
prœmitteret; qaod natus erat ioBignls hic Dei Servas Navarrœ in Oppklo Xaverio Pampilbnen. Dicecesis, maternœ ditionis loco, nobilibus ac piis progenitoribus. 0111,^001 Ipsum ab iofantia timere Deum, ac ab onmi peccato abstinere edocuissent ; ubi setas demum adolevcrat, Lutetiam Parisiorom, studiorum gratia euindem miserant. Quibus, cum alacriter operam darei; post haud multum temporis de eo domum revocando pater cogitaie cœperat. Qaod cum tune in humanis agens Maria Magdalena ^us soror, quse Monasterium Monialium Oppidi Givitaiis nuncupati Ganilia, Oldinis S. Garae Discalceatarum nuncupatarum, Valentinffî Diœc non sine iiigQpti Sanctitatis fama tune regebat, persensisset ; Fratris yoçationem divlnttus •edocta, per literas cum pâtre vebementius egerat, ut Francisgi Stadia onmi •ope, etiam cum rei 4omesticœ detrimento^ foveret : eum enim incognitamm gentiunî Apostolum divina Providentia prseordinatum esse prœiridfltMit. Cumque Luteliœ commorarelur in famlliaritatem S. Ignath insinuatos, ac postmodum in Socium ipsius, qui id ardentibus preciUis à Deo ad ingeo- 4em Ecclesiœ utilitatem prœstandam postulaverat, adscripius, eoque Duce t ■
APPENDICE. /i85
tendit l'uss^e, non-sealement de la viande et du vin, mais même dn pain de froment , et ne subsista que d*aliments grossiers e^ sans saveur , dans la proportion la plus modique ; souvent même il lui arriva de se priver, pendant un intervalle de deux et même de trois jours, de toute espèce de nourriture : quelquefois enfin il passa dans un jeûne absolu tous les jours de la Semaine sainte, jusqu'au Samedi veille de Pâques. Il avait pour coutume de ne prendre, pour réparer ses forces , qu'un sommeil de quelques instants, et de ne reposer que sur la terre ou sur un lit formé des plus grossières couvertures. Il flagellait si durement son corps avec des disciplines armées de fer, que souvent il en jaillissait une grande abondance de sang. Souvent encore , il se mit en chemin, ayant les bras et les jambes étroitement Ués par des cordes, et il persévéra plusieurs jours dans ce douloureux supplice, de manière que ses liens pénétrèrent dans sa chair, et c[ue l'intensité de la douleur anéantit ses forces et le fit tomber épuisé sur le chemin ; et si , par une grâce providentielle de Dieu , sans aucune œuvre humaine, les cordes ne s'étaient rompues, la vie de Xavier aurait été tout à fait désespérée.
L'éclat des autres vertus chrétiennes qui resplendirent dans son âme, la puissance avec laquelle, armé du bouclier de la foi, il fit tomber à ses pieds tous les traits de feu de l'esprit du mal , la fermeté de son espérance en Dieu, se révélaient d'une manière in-
ingressus erat arctam viam, quae ad vitam ducebat : ut enlm Spiritu vWiflcaretur, camem suam, ad anllquorum Sanctorum Patrum exemplum, severisslme mortiflcaverat. Inlerdicto enim sibi, non solum carnis et vini, sed panis etiam triiicei usu, vilibus tantummodo, ac insulsis cibis, iisque quam parcissime usus erat : Quin etîam fréquenter integro biduo triduoque ab omni cibo prorsus abstinuerat : aliquando vero omnes màjoris Hebdomadae dies usque ad Sabbatum Paschatis jejunus transegerat : somnoque brevîssimo vires reficere consueverat, humi : vel lectulo vilissimis stragulis contecto, jacens, corpus suum ferreis flagellis adeo diverberabat , ai saepe copiosus sanguis elHueret : aliquando autem funiculis arctissime constrictis lacertis, et coxendicibus, iter agressus erat ; cumque plures dies in eo cruciatu perseverasset, vincula adeo corpori ejus inflxa erant ; ut prœ doloris magnitudine viribus destitutus, in via concideret : ac nisi prœcipuo Dei beneficio, absque ulla humana ope, disrupta fuissent; dejejus vffft omnino desperatum fuîsset. Quam prœclare vero in ejus animo reliquœ Christian» virtutes effulsissent ; quam potenter scuto fldei proteclus omnia nequis-
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ftM APfUimGB.
signe, dans le fréquent nsige des Sacrements : car il noilninait de ces dmns aliments, non-sênlement loi-mênie, mais encore h prochain, avec une dévotion infinie, et avec on lèle infatigable : et dans la prédication assidae de k parcde divine, dont il répandit k hnnière sor une portionsi immense de notre univers. Parmi s» antres vertus, sa charité surtout avait brillé comme on astre mattttina^j elle s'était révâée dans toutes ses actions, mais prhwipa lement dans le service des malades» En effet, il fusait pandtre envers les indigents infirmes qui se trouvaient admis dans les aiBn hospitaliers, une affisctton si tendre, quil avait peine à vivre éhh goé d'eux ; il apportait une .telle mortification des sens dans FaocompKssement des ministères ks plus vis» que, ptnsienrs fi», 3 s'abreuva de l'eau dont avaient été lavés de hideux et incurabhi nkfereSb Lorsque les malades étalant en dangisr de moft, il oabBatt, iKNur kdHDBtoe, h nourriture et le sommeil, et, recevaat • de Dieu lies fi)rcessdpérieurea à k nature, il ne quittait, nîlejoar ni k 'pfi^ k garde de ces permnes, qui paraissait lui dtre d6* vdueftBhl leur administrait ksâivinsâaateùieiits de 1^^ autres remèdes spirituels. U accomplissait toutes ces tieuvres avec loi empMsement et une jok si sens&les , qu'il était évident qoe ^ * k service des malades et des mourants était ses délices , et qu'il . ' faisait fructifier ainsi le talent dont la divine miséricorde l'avait l constitué dépositaire. Il ne cessa jamais, pendant k cours entier
simi ignea tels extimisset] et quam flrmiter in Dec sperasiet ; et Sacrameotorum frequentia, quibus non solum semetipsum, sed et aUos etiam sumnis corn devotione, ac indefessa assiduitate pascetMit, et verbi Dei asaidaa piadicatio, qua tam ingentem Orbis terrarum partem illnminaverat în^gn^ attestabantur. Sed inter cœieras cjus virtutess quasi Sidui iDaatiitiniim, pnBdpne reaplenduerat Gharitas : qose in omnibus quidem ejus actionlbus, pnnertimtamen, com œgrotis inflervbret, manifestabatur. Eo etooim dUeetionisardore erga inopes inflrmo8,<qui In domibus hospitalibua morabai^ tur, se gerebat, ut raro ab eis discederei i tantaque sensuam mortlfl£atk»e quantumvis sordidissima ministeria peragelMit; ut aquam sspius, qua hor» ribilia, et incurabilia ulcéra laverat, eUU>isset. Gum vero de vita pericUtarentur, tune cibi somnique prorsus obUtos, et prster propriaa vires à Oeo confortatus, veluti a commissa custodia nec die nec nocte dlacedebst} iUisque sAictissima Eccledœ Sacramenta, caeterasque spiritoales alimooiai preebebat, Quœ adeo libenter, atque bilariter exequebatur; ni delicis ijQi deservire «grotis ac niofientibus esse dioeroilnr, et quasi akpiod talentoBi,
APPENDICE. ft81
de sa ¥ie, de pratiquer cette charité vigilante à l'égard des malades , en quelque lieu de la terre qu'il se trouvât placé. Aussi, par cette charité, que l'Esprit saint répandait abondamment dans son cœur, il s'approchait tellement de son Dieu , et il persévérait dans l'oraison avec une feneur d'esprit si profonde, qu'il passait les nuits tout entières appliquant son âme à cet aliment divin, par lequel il réconfortait sou homme intérieur; et mOme, étant sur un navire, et dans un péril évident de mort, au milieu des plus grandes tempêtes, il ne s'interrompait point et n'éprouvait aucun trouble intérieur: et souvent il'sortait si entièrement de lui-même, et avec de tels ravissements d'esprit, que, les yeux dirigés au ciel, il s'élevait de terre par une vertu divine ; et son visage paraissait tellement enflammé qu'il offrait l'idéal de l'amour angelîque; et ne pouvant supporter les flammes de la charité divine, il s'écriait souvent : « C'en est assez, c'en est assez. Seigneur. »
Lorsqu'il célébrait le très-saint Sacrifice de la Messe, souvent il sortait de lui-même à ce point que les ministres qui agitaient ses vêtements ne pouvaient le réveiller de cette extase qu'après un long intervalle de temps. Quelquefois même, il arriva qu'on le vit s'élever déterre à plus d'une coudée, en présence de tout le peuple, saisi d'élonnement par un si grand miracle, et qui contemplait en ce prodige comme un signe de la sainteté du Serviteur de Dieu.
8ibi divin» benignitatis muniflcentia crcdittim , negociaretur : assiduamque hanc erga œgrotos curam, ac vigilantiam toto vitœ suœ tempore ubicumque terranim moraretur, exercuerat. 8ed et per eamdein Gharitatem, quœ pcr Spiritum Sanctum diffusa erat in corde ipsins, adeo ad Deum accedebat, tantoqne spiritus fervore in orationo persevcrabat ; nt hujuemodi cibo intentas, quo interiorem hominem reflcicbat, noctes intégras tra&dgeret : nec, cum in navi esset, atque in aperto vitœ discrimiiie in BtnHinis tempe»tatibns yersaretur, deaisteret, aut quidquam animo eoiiiinoveretnr *. fleretqHB aliquando talis super eum mentis excessus ; nt oeoUs in cosium deflxl8> divina vi à terra elcvaretur ; vulta adeo inflammatus, nt atigèlieam prorans ebaritatem rcprxsentaret ; nec divini amoris perferre valens Inccndlnm, flsepina exclamaret, Satis est, Domine^ satis est. Giun vero Sacrosanetnm Misas celcbraret sacriûcium, sapenumero à sensibns nsqoe adeo almll^ nalMitnr , nt nec ministri yestem succnticntes, niai poat dlntnmam j excitare possent. Quin etiam aliqnoties, altius cuMto à terra univeraa adstanUum mulUtndlnc^ miraculi inagnitodinem olmttt
ftSO APPENDICE.