URBAIN VIII
Bvlle 4e U eanenlMittoB de e»lBt Preuçolti Xavier, eéléfcTée IH^r Gréseire XV*
URBAIN, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, pmiria perpétuelle mémoire des faits.
Préambule. — Il est conforme à la raison, il est selon la justice que les actes émanés de la sagesse du pontife romain, quoique Tévénement de sa mort ait empêché de les constater par des lettres apostoliques, reçoivent leur effet légitime.
Depuis longtemps, en effet, notre prédécesseur le pape Grigœre XY, d*heureuse mémoire, avait pieusement considéré que le Fils unique du Père Étemel, lui-même étemel ainsi que son Père, étant descendu du trône de sa gloire au milieu de ce monde, afin d'opérer le salut du genre humain, avait répandu la bonne semence de son Verbe dans le champ de cet univers, afin que cette semence y devînt, pour ceux qui croiraient, le germe fécond de toutes les vertus célestes, et le gage, à la fin des temps, de la vie étemel e; que, pour donner Taccroissement à cette moisson divine, Jésus-
URBANI Vlll.
Balle cenenisetloniti S. Fremeitiei Xe^erii eelebretie per Greyorlam XV.
l}RBANUS,EpIscopu8, servus servorum Dei, ad perpetuam rel memoriam.
Proœmium. — Rationi congruit, et convenit œquitati, ut ea, quse de Romani Pontificis providentia processerunt, licet ejus superveniente obitu, LittersB Apostolics desuper confectœ non fuerint, suum debîtum consuj^ua effectuai. Dudum siquidem fel. rec. Gregorius Papa XV, prœdecea^.i pie praerneditauB, quod unigenitus, et coœternus setemi Patris Filius, ct| Regalibus sedibus in hune Mundum, ut salutem humani generis operi descendisset, semen bonum verbi sui in agro Orbis terrarum seminaverat; ut onmium cœlesUum "vItUiXutïv eX «A c^\x«ttWim«\KrKSfc^\sa<iu<îtura cre-
tkm de sa course, et à la couronne de justice qui en était le prix.
§ 2. Le roi Jean de Portugal, d'iJlustre mémoire, avait sollicité du pape Paul III, de pieuse méuMÛM, prédécesseur du pape Grégoire, antérieurement nomnié^ffllBt nous-même, quelques-uns d'entre les compagnons dlgnacer^'j^bur les faire passer aux Indes orientales, afm qu'ils répandissent la parole de Dieu dans ces contrées immenses. Le pontife Paul III , d'après l'indication de saint Ignace, choisit François Xavier pour réaliser une œuvre aussi grande: en même temps il lui conféra, pour l'honorer, la dignité de nonce apostolique, et l'investit de très-amples pouvoirs. L'intendant royal voulut lui remettre, à titre de subside, les secours les plus abrvndantc ; mais un hoiniiie qui, pour son viatique et son salaire , se reposait d'avance en la bonté de Dieu, de ce Dieu pour rivangile et pour f œuvre duquel il avait été choisi, ne put jamais consentir a rien recevoir, si ce n'est un haWt grossier et tout usé. Dans le navire, il dormait sur des cordages et vivait d' aumônes j il servait nuit et jour les malades, accomplissant les oflices les plus vils avfc une infatigable charité.
Dès son arrivée aux Indes, sans prendre même un léger intervalle de repos-pour se remettre d'une campagne si longue et si difficile, il se^it à l'heure même en devoir de prêcher l'Évangile aux natiQi|rjÉilfeènes : revêtu de la vertu d'en haut et enflammé de »*<»«pw£MSf^ il accomplissait, avec de si grands fruits, le
g ■fcfljMfi'iriStfinP^ mémorise Joannes Lusltania^ Aex â pias memoilaï PauloTNÇ* Ili/inrf^f ^icti Gregorii, nunc etiam noslro respective pr^edcce88ore;'nonâulIo8 ex Ignatii Sociis postulasset, qaos ad Cri eut a kâ IntîJaSj ut in vastisshnls iilis Reglonibus Vcrbum Dei disseminarent, transmiltËret ^ idem Pontifcx, S. Ignatii hortatu ad tantum opus peragendura FRANctscin Xaverium elegerat ; quem etiam Apostolici Nancii di^^nltate, €\ nmpligsimîi potestate decorwerat. Cumque viatici nomine pluriina ei â Pnrtore Regio pararentar ; homo^ qui pro viatico, ac opéra de Dei benlgnltate, in eujns Evangelii opus segregabatur, praesumebat ; numquam adduci potuerat, ut quidquam, prœter vilissimum cenlonem, acciperct : et in navi super fnncm nauUcum dormiebat, ac c mendicato vivebat : œgrotis in vilissimis ministerils indcfesBa charltate, noctu diuque serviebat. In Indiam ut pervenerat, statim nec modleo qoidem tempore ad quietem post loDglssimam ac diflicillimam navigationem sumpto, ad prœdicandum illis gentibus Evangelium se accinxerat : et indotus vlrtute ex alto Âpostolico Spiritus fervore ministcriuasi^quod sortitas erat, tanto cum fructu exeqoebatur, ut gratia Dei
A90 APPKNDICB.
ministère qu'il avait en partage , et la grâce de Diea coopènk à sa parole d'one manière si eflScace, que non-seulement il ramena, dans toute Fétendue de TOrient, les mœurs dépravées des chrétiens à la roulante l^tinii^nais à sa voix desp^ créatures humaines, au nombre de pluâeolrs centaines de mille, qui vivaient au milieu des ténèbres de l'ignorance et dans les ombres de la mort, furent attirées à la cgnniûssance de la véritaMe lumière, et se virent purifiées dans les eaux ^îilutaires du baptême.
Sans parler des Jndîons, des Bifilime!! et des Malabares, dont les empires avaient vti Oeurir aulrefoiâ la pr-édjcâtion évangéiique, mais qui en avaient pcrda jusqu'au JKiuvenir, ayant été séduits par les artifices de reritK^oii en gcni e linmala ; et parmi lesquels la prédication de Xa\ier fit renaître la fol : Xavier en personne annonça FÉvangile de Jésus-Christ aux l'allawars en premier lieu, aux Malais, aux Javanais, aux ÂcliénoLs, aux ^lindanais, aux peuples de Makcca et aux JajKïuar<( : eL un ^and numbre des souverains et des principaux scigneiinf de ces uaiiaris courbèrent leur tête sous le joug délicieux ûv Jésus-€hriit, pour le bénéfiâ immense de la religion.
C'était une merveille incroyable aux yeux de tous que l'immensité des peines que Xavier avait endurées pour le nom de Notre- Seîgneur Jésus^hrist : il parcourut une infinité (^rof^mnes au milieu des vastes espaces de cet univers. H vc^age^ «ratumnent
efllcaciter verbo cjub coopérante, non solnm GhristrilHKuwm depravatûâ ad mellor^n] frug;em paasim toto Oriente revocarat; Sa ttinHa^^teiia bomfnum uiillia, qui in tenebris, et in regione umbrae mortia ambulabant, <f ad agnîtiODom sotip Lncis perducta, regenerationia Lavacro mundarentur. J^ Nam prâ^ter ] ni lus, Bracbmanes, et Malabares, in quorom Regnis Âpostollca pra'dicalio, quit antiquis temporibua illic viguerat, sed hoaUs humani gen^ris fraude ex omnium memoria prorsus abolita erat^ Xaveru prsdicatîOTie rcvixerat ; Ipse. primia Paravis, Malais, Jais, Àcenis, Mindanais, Malacensibus, et Japonibua Ëvangelium Christi annuntiaverat : multique iilatum nationum Regos, et magni Principes, ingenti cum fidei nostrs emolumento suavi Gbristi juge céQlk subdldenuit. lacnëlbUia autem videbantur, quae propter nomen Daminl ^oatri Jean Ghristi totonverat : per diversa etenim Régna, in \astia iUia Orbia terramm spattia, aemper pedibus, et aœpiua nudia, per arenas caUdas pergebat i per apinaa loagissima itinera Gonûdebat : contauneliia aœpenumero, probrii^'et illaaiontttus, quin etlam verberibus, et lapidib» appetitua; in perieolia hoettom, ta perkulii Itine-
à pied, le plus souvent sans chaussure, à travers les sables brûlants; îl'jaccomplissait, dans des chemins pleins d'épines , les courses les plus longues. Il se vit en butte à des injures sans nombre, à des outrages et à des railleries inflb ; plus souvent encore, il se vit frai^ et accablé de pieriMpjRe vit exposé aux périls des ennemis et aux périls des vpyagplt ilfit naufrage plusieurs fois; il endura les veilles, lefroid^-Mkdîté, la faim et la soif; et ses travaux assidus et excessifs lui cawrent les plus graves maladies. £n effet, à Texemple àe l'Âpôtre J|Dn existence ne lui était pas plus précieuse que son âme, et son but unique était de consommer sa course et le ministère de la parqle qu'il avait reçu, pour rendre témdgnage de FÉvangile de la grâce divine.
§ 3. Les signes et les prodiges par lesquels le Seigneur confir** ma la parole de ses Apôtres, dans les premiers temps de l'Oise naissante, sa miséricorde les renouvela, pour Taccroissement fie cette autre famille, sous la main de son serviteur François.
Instruit soudainement par Dieu dans les laides» qu'il ignorait auparavant, de nations diverses et inconnues, À pttlait ces langues avec une merveilleuse abondance, comme s'il-ivait été élevé dans les pays mêmes; et quelquefois il arriva Éié, l(xrsqu'il prêchait à un auditoire de différentes nattons, chacdtt'^de ses auditeurs Tentendait à la fois annoncer les grandeurs divines dans la langue naturelle de chacun d'entre eux, et tous en étaient p^étrés d'adml*
riun versatus» saspe nau&agns, vigilias, frigaé, et naditatem, sitim, famemque perpesaus erat, contractis ob assiduos ac intolerabiles labores, gravinlniia morbis : nec enim Apostoli exemplo, animam suam faciebat pretiotiorem quam se, dommodo consummaret cursum guum, et minisierium verbi, quod acceperat, testiflcarl Evangelium gratiae De{.
g a. Signa Y^o et prodigia, quibus Dominus Apostolorum snomm sttv menem in nascenUs ËcdeBis exordils conflrmavit, ad illius novœ aobolis incrementum, in manu etiam Servi sui Francisci misericorditer renovave^ rat. Subito enim à Deo diversarum, ac incognitarum gentium linguas, qoas non noverat, edoctus, disertissime , quasi in iisdem terris educatus esset, loquebatur : et acciderat quandoque, ut eum, ad diversarum nationum ][Mh pulos concionem habentem, unusquisque eodem tempore lingua sua, in qna natoa erat, magnalia Dei loquentem cum stupore et ecstasi audiret t eoqua miraculo multitude magna commota, reciperet verbum Dei. Hinc post pr»misaa^ad Ghristi fidelium sedificationem, aliquaexinsigniorilnis prodigiis, et fiigaliy quibus prsdicaUonem^et gesta ipsius Dominus illuatraverat, recenseret
ratioo: ans gruid prodige irmaaft profoodénieiit les motthodes-, et les amenait à rece? oir la parole de Dieu.
Aussi, ces prémices étant exposées, le pape Grégmre ji^ea coDTenable, pour Tédification des Mêles de Jésos-Cfarist, de relater en cette occasion qnelqnes-ans^apar prodiges et des signes les pins mcr^eillenx, par ksqneb le S^paenr arait iHustré la prédication et les oemrres de Xavier. .^^^
En premier lieu pamt digne de mémîMe ce qnl s'était passé kirsqu'tme troupe nombreuse de Badages é^ en mardie pour exterminer les chrétiens baptisés par FRANÇOIS, et menaçait de leur Êûre subir les traitements les plus inhumains. XAVIER, seul, anné de la foi, marcha vers eux, et leur reprocha séTèrcment leur impiété. Toute l'armée ennemie, demeurant immobile, s'arrêta sur l'heure même, terrifiée, — ainsi le raj^rtai^it les soldats et les ci|Bis, — par un homme de haute stature, revêtu d'halnllements noirs, qui se tenait auprès de FRANÇOIS : ils n'avaient pu supporter réclatante majesté de ce personnage, de qui le visage et les yeux lançaient des édabs ; et le Saint avait pu préserver ainsi du massacre et da pîBagè ks fils qu'il avait enfantés à Jésus-Christ
Dans une autre oeeÉjfoo, ao cap Comorin, le Serviteur de Dien prêchait dans une église à des infidèles , et n'espérait aucun finit à cause de la dureté de leur cœur. Il se mit en prières, et ensuite il prescrivit d'ouvrir un tombeau, dans lequel un mort avait été dé-
£t primnm illud memorandiim videbator, qnod, cum numerosos Badaganim exercitus in exitium ChrisUaûonim à Francisco Baptizatoram immineret, atqae omnia atrocitalis exempla se in Christianos editarom minaretur; ipse solus fide armatus prsecedens obviam, ac severe eoromimpietatem increpans , steterat iliico immobili vestigio universus exercitus deterritus (ut milites Ducesque referebant) ab bomine quodammagno, nigris vestibus induto, qui juxta Franciscum stabat; cujtis majestatem, ac splendorem, yultu oculisque micantem, ferre non poterant : itaque yir Sanctus, quos Ghristo pepererat, à cœde ac direptione liberaverat.
Successive apud Goniorinum Promontorium, cum in quadam Ecclesia Servus Dei infldelibus concionaretur, ac propter duritiam cordls eorum oN hil proilceret : fada oratione jussit sepulchrum, in quo pridie defunctus tomulatus fuerat, aperiri : ac populo signiûcans ad comprobandam GbrisUanœ fldei veritatem, mortuum, Dei voluntate rursum victurum, linteo, qno cadaver involutum erat, rescisso, ac rursus precibus ad Deum fusis, mortuo ut viveret, imperaverat : qui statim stupentibus omnibus surrexerat
APPENDICE. 4â5
posé la veille : en même temps, il amionça au peuple , en témoignage de la vérité de la foi dirétienne, que le mort, par la permission divine, reviendrait à la vie ; il fit déchirer le linceul où le cadavre était enseveli, et, adressant de nouveau sa prière à Dieu, il commanda au mort de revenir à la vie; celui-ci se leva tout vivant, au milieu de l'admiration générale : et tous les assistants, toachés d*un si prodigieux miracle, crurent en Dieu, ainsi qu'un nombre infini d'autres personnes.
Dans le même endroit, un mendiant, couvert d'ulcères, se présenta au Saint. FRANÇOIS ayant lavé les plaies du mendiant, avec un sentiment d'ardente charité, but tout entière l'eau dont il avait fait usagi^et se mit à supplier Dieu, le Père des miséricordes, de prendre pitié de cet infortuné ; sur l'heuœ même, le mendiant se trouva complètement guéri, par la grâce divine, de toute plaie et de tout ulcère.
Un enfant aussi, à Mutane dans les Indes Orientales, était mort à la suite d'une fièvre contagieuse, et après l'avoir enveloppé dans nn linceul et l'avoir conservé durant vingt-quatre heures, selon la coutume du pays, on le transportait à la sépulture, au milieu des pleurs de ses parents. L'homme de Dieu, apercevant ces personnes, fut ému de compassion à cause d'elles, et tombant à genoux pria le Dieu tout-puissant de rendre la vie à l'enfant. Il jeta de l'eau bénite sur le cercueil, fit déchirer le linceul et forma le signe de la
vivns : quo tam insignl miraculo commoU, qui aderant, tum alii multi, crediderant in Deum.
Ëodem postea loco mendicus quidam Beato viro occurrerat ulceribus pteDus : cujiis plagas Framciscds magno cliaritatis affectu lavans, atque aqaam, qua eas laverat, ebibens, ac deinde Deum Patrem misericordiarum, ut iUius pauperis misereretur, orans; e vestigio ab omni plaga, atque ulcère Dei munere pauper ipse omnino liber surrexerat.
Sed et pu^r quidam Mutani in Orientali India pestilenti febre vita sublatus, ac Unteo insutus more genlis viginti quatuor horis asservatus, flentibus •parentibus ferebatur ad sepulcbrum : quos , ut vir Dei .vidit, misericordia motus super eos, Deum omnipolentem , ut puerum vivificaret, genibus flexis precatus fuerat : atque aqua benedicta aspersum, rescisso linteo, signo Crucis aignaverat : apprehensaque manu ejus in nomine Domini Jesu ChrisU yivum atque incolumem parentibus restituerat : erecta in iilo loco ad tantœ rei memoriam conservandam ab incolis magna cum celebritate Cruce.
&9ft APPENDICE.
Croix sur l'enâiit; ensuite, il le prit par la main, et rq)pelaiit aa nom du Seigneur Jésus-Christ, il le rendit à ses parente, vivant et plein de santé. Sur le lieu même, une croix iàt solennellement érigée parles habitants, ep^moire d'un si merveilleux événement
Plus tard encore, dans b ville de Goimbatonr, sur b côte de la Pêcherie, un autre enfant, qui était tombé dans un puits et qui s'y était noyé, était porté dans la terre au milieu des lamentatimis de sa mère et de sa famille. FRANÇOIS, sortant de l'égUse voisine, les rencontra; il en eut compassicm, et, se mettant à genoux, les yeux dirigés vers le ciel , il pria Dieu pour la vie dejl,'enfant, prit cet enfant par la main, et, au nom du Seigneui^ '<H|ÂM3i^ loi commanda ;de se lever, et sur-le-champ l'enfanta leva plan de vie. Le saint honune le remit à sa mère, à la grande admiration de tous les assistants qui, d*une voix unanime, rendirent grâces à Dieu ; et FRANÇOIS leur recommanda de ne raconter à personne ce qui venait de s'accomplir.
Lorsque FRANÇOIS annonçait la foi de Jésus-Christ dans l'archipel du Japon, un marchand, aveugle depuis plusieurs années, s'approcha de lui, et le pria d'obtenir de Dieu que la tèb lui fût rendue. FRANÇOIS réciu l'Évangile sur cethonmie et fit le signe de la Croix sur ses yeux, et, sur le moment même, l'aveugle recouvra parfaitement la vue. Le lendemam, cet homme revint vers
Et successive apnd Oppidum Gombutnrae.in ora Piseariso pner alias in puteum delapsus, suiTocatusque, maximo cum matris et cognatonim ejoialu eifercbatur; cumque ex proxima Ecclesia Franciscus occurrisset; misertus eorum, in genua provolutus, oculisque in cœlum fixis, Deiun pro vita pueri precatus, eum appreheusa manu in nomine Domini Jesu Christi surgere jusserat, et confestim puer surrexerat vivus ; quem Sanctus vir rcddiderat matri suœ stupentibus omnibus, ac maximo cum clamore Deo gralias agentibus : quibus ipse prsecepit, ne cui rem gestam narrarent.
Insuper dum in Japonia Insula Franciscus Gtiristi fldem praediearet ; accesseratad eumjnercator quidam a muitis anniscœcus; petens, ut sibi 4 Deo, ut videret, impetraret : Franciscus, recitato super eum Evangelio, signum Grucis oculis ejus impresserat : qui eodem temporis momento lucem amissam recuperaverat. Postero vero die reversus ad eum cum uxore ac universa familia^ genibus advolutus gralias agens, et Christianam ûdem professus, ad Baptismi gratiam una eum suis omnibus pervenerat.
Exierat autem tam illustris mlraculi fama per omnem terram illam .; ac
APPENDICE. b95
le Saint, arec sa ièmme et toute sa famille, ei se jetant à ses genoux, lui rendit grâces, en faisant profession de la foi chrétienne, et il demanda et obtint la grâce du Baptême avec tous ceux qui raccompagnaient La renommée d'un mirade aussi éclatant se répandit parmi toute la contrée; et un grand nombre d'individus, abjurant le culte dé leurs idoles, se convertirent au vrai Dieu et à son Fils Jésus -Christ
Le Serviteur de Dieu se rendait par mer à la Chine, sur un très-grand navire, où se trouvaient cinq cents perscHines d'équipage ; et les vents avaient complètement cessé, de sorte que, depuis quatorze jours , le bâtiment demeurait immobile. Au milieu des antres misères de cette navigation , on souffrait cruellement de la pénurie d'eau douce, et un grand ncmibre de passagers étaient affligés par la scHf. Le saint honmie fit emplir d'eau de mer tons les vases qui étaient dans le vaisseau et adressa à Dieu de ferventes prières : il fit sur cette eau le signe de la Croix , et à la même heure cette eau salée devint douce et saine. A ce miracle, un grand nombre d'infidèles qui se trouvaient sur le vaisseau crurent en Dieu. Enfin cette même eau, dont il resta phts tard en abondance, guérit, dans différentes parties des Indes, un grand nombre de gens qui en burent, des diverses maladies dont ils se trouvaient affectés.
Dans le même voyage de la Chine, une tempête violente s'étant
mnltl rdietis idoUs sois eonveni erant ad veram Deum, et Jesmn Christom Filiom eji^. Gumque Servus Dei ad Sinas in magna navi, qua quingentl vehd)antur, navigaret; cessaverant adeo venti, nt quatuordeclm diebus navis eodem loco hxsisset immota. Gumque inter esteras difficnltates, aqoœ penuria valde laboraretur, multique jam sHi deflcerent ; vir Sanctas omnta navis vasa marina aqua impleri jusserat : fosisque instanter ad Deum preeibus, super ea signutÉ Grucis fecerat : ac repente aqua illa salsa duicis salubrisqne effecta erat. Quo miraculo plures, qui in navi erant, frifldeles crcdiderant in Deum : quin etiam aquœ illius, quse al^tlfQ superfuerat, potu plurimi per multas Indiarum Provincias varils , tfpt? vexabantur, morbis sanati fuerant. ^^
Ad easdem Sinas contendens, cum sxvissima orta tempestate, omnes de se actum esse existimarent; et gubernator navis, ne repentinae vis procèf- Issoaphamauferret^ validiseam rudentibus ad oncrariam alligari jassisset; non multo post abruptis retinaculis, scapham tempestas abstulerat tanto impetu f ut pêne temporis momento omnium conspectum eStigisset : et
il96 APPENDICE.
élevée, tout le monde croyait être à sa dernière heure. Le pilote du navire , craignant que la chaloupe ne fût enlevée par la force de Touragan , la fit attacher an corps du bâtiment par des câbles très-solides; mais peu d'instants après, tous ces liens se rompirent, et la chaloupe fut si impétueusement enlevée par le vent, qu'elle disparut immédiatement de la vue de tous, et ceux qui avaient sur cette barque des parents ou des amis, se mirent à les pleurer comme des gens perdus. FRANÇOIS y an milieu de toutes ces larmes, invita Téquipage à reprendre courage, et prédit qu'avant trois jours la fille reviendrait auprès de sa mère^ entendant parler de la chaloupe qui reviendrait auprès du navire. £n effet, le troisième jour, par la grâce divine, on vit l'embarcation reparaître, se diriger seule vers le bâtiment, et s'en approcher d'elle-même. Elle y arriva si précisément, que tous ceux qui la montaient purent sans peine être recueillis à bord; et cette embarcation , au milieu des flots, demeura sans mouvement pendant tout le temps qui fut nécessaire pour la rattacher au navire: et tout le monde resta dans l'admiration du miracle.
FRANÇOIS venait d'arriver aux îles Mohiques, et il y annonçait le premier la parole de Dieu, avec une ferveur d'esprit singa* lière : dans la seule ville de Tolo il avait bapùsé vingt-cinq mille personnes. Ces néophytes, pour obéir au tyran de la conti^ée, abandonnèrent la foi de Jésus-Christ, rasèrent l'église, brisèrent
proat quisque cognatos, et necessarios in scapha habebat, certatlm eorum casum deplorare cœperant. Franciscus ergo universos collacrymantes bonum eos habere animum jusserat : ac praedixerat, fore ut anie triduum filia remearet ad matrem : signiûcans, scapbam ad onerariam redituram : prout Deo dante, apparere visa fuerat, et recte ad onerariam tendere, et sponte ad illam accedere ; atque ita apte se applicare, ut illi omnes, qui io ea erant, commode excepti fuissent : quae etiam in ipiediis fluctibus^ nemine iliam retinente, tamdiu steterat, quoad religaretur ad navim, attoniUs omnibitt ex miraculo remanentibus.
Ad Molucha^nsulas etiam Franciscus advenerat, ubi magno Spiritu8 llervore Verbuiotbiei primus annuntiabat : atque in Urbe Tolo vigintiquinque milUa hominum baptizaverat : qui cum suasu Tyranni cujusdam Ghristl lldem dlseruissent, Ecclesiam solo aequassent, Cruces, Sanctorumque Imagines conf régissent et concul cassent ; Franciscus, zelum Domini zdatus, viglnti Lusitanos, ac quadrîngentos circiter indigenàs ad ultionem tanti Bcéleris incitaverat : eoquc duce ac victoriœ sponsore, tam pauca miiUum
etfoulèrent aux pieds les Croix et les images des Saints. FRANÇOIS, euflammé du zèle du Seigneur , exhorta vingt Portugais et environ quatre cents indigènes à aller punir un si grave attentat : avec un tel chef, qui leur garantissait la victoire, cette poignée de combattants entreprit une expédition contre une ville trè»-forte, révoltée contre Jésus-Christ. A peine étaient-ils arrivés dans le voisinage de Tolo, que Thomme de Dieu s'arrétant se mit en prières. Aussitôt la montagne qui dominait la ville vomit un incendie immense ; il en refàiliit une pluie si prodigieuse de cendres et de pierres, que leur amas égalait en hauteur les murailles de la ville, et la citadelle même, consti uite sur une éminence. En même tem^s, un tremblement de terre efTmyable ébranla toute la place, et fit tomber un grand nombre de maisons. Les habitants, épouvantés de ces catastrophes, désertèrent leur ville et se réfugièrent dans les forêts d'alentour. Tolo fut aisément occupée par les sol-^ dats de FRANÇOIS : et les citoyens' vinrent bientôt se prosterner à ses pieds, et s*étant soumis à une salutaire pénitence, obtinrent la rémission de leur crime.
Plus tard, lorsque FRANÇOIS voyageait par mer entre les mêmes îles, une furieuse tempête s'étant élevée, il entreprit de Tapaiser , et plongea dans les eaux le crucifix qu'il portait ordinairement suspendu à son cou. Le crucifix, échappé de Ses mains par la violence de Torage , tomba dans le fond de la ïner» à la
manus adversu^ Urbem munitissimam, Christi rebellem, expedilionem aggrediebatur : sed cum prope Urbem pervenissent , substiterat Vir Dei ac orationi se dederat : statimque vicinus nions magnum émiserai incendium : adeoque ingentem cineris ac pumicum vim eructaverat, ut Urbis atque arcis , quai in cdito^sita crat , muros œquasset i horribilisque propterea terrae motus totam Urbem concusserat, plurimasque doraos subverterat : quibus malis exterrili incolœ , déserta Urbe in proximas silvas confugerant : Urbs itaque a Francisci railitibus facile capta erat : cives vero ad ejus pedes proslrati, acceptaque salulari pœnitentia, delicU veolam impe- Irarant.
Ulterius, cum intcr easdem Insulas PÉfeciscus navigaret, ac sœvissima orta esset maris tempestas ; ad eam sedandam, Cruclfixi imaginera, quam collo appositam gestare solebat, undis inuniserat : quœ vi procelid?. e manibus excussa, in profundum maris, non sine maignb ojns mœrore delapsa erat; sed lœtiftcaverat Dominus animam Servi soi : nam, cum ad terram applicuisset, ac secus liltus iter faceret : marinu» Cancer ex undis
hW APPENDICE.
grande aflliction du Saint Mais Dieu Youlat œnsoler Tâme de son serviteur: en effet, lorsque François fut descendu à terre, et qu'il 86 promeqdt ie long du rivage , une écrevisse de mer apparat an-deiflasQ» ondes, et sortant de la vague, vint se dresser devant les pieds du Saint, tenant entre ses pinces le crucifix élevé. FRANÇOIS, se prosternant, reçut pieusement le crucifix, et dans une longue oraison rendit grâces à Dieu d*un si prodigieux bienfait Di^ avait éclairé d'un esprit prophétioue son serviteur,^'il avait destiné pour être la lumière des nsSbns ; et , par de nombreuses preuves, il rendit ce privilège de grâce manifeste en XAVIER. Parmi toutes ces preuves, lorsque les populations d'Ach^n, parmi lesquelles se trouvaient un grand nombre dg mahométans , étant montées sur soixante navires , avaient incendié la flotte chrétienne , et fait périr un grand nombre de personnes parles plus affreux «upplices, deux cent trente soldats*, distribués dans huit navires , agissant par l'inspiration de FRANÇOIS, qui leur promettait la victoire au nom du Dieu des armées, se mirent en devoir d'aller au-devant de l'armée barbare. Un mois s'était écoulé , et aucune nouvelle n'était venue de cette expédition^ Ja population était consternée , et désespérait déjà du salut de ses as , quand FRANÇOIS, à l'heure même de la bataille , j^dans l'église l'engagement des flottes, et la victoire insigne '^*^, de même que s'U y eût personnellement assisté;
subito prosiluerat : atque ante pedes ipsius steterat, tandem Grueem morBttmselevatamgerens; etFRANciscns in genua provolutus eam dévote suBceperat , ac diuturAa oratione ob tam egregium munus Dec gratias egerat. ^
Prophetico etiam fiy|mj)ens servum suum, quem in Lncem Gentium dederat, illuminaver^ t jitque adeo insigne donum plurimis manifestaverat exempUs. Atque inter caetera, cum Aceni populi, inter quos etiam Turca erant multi, sexaginta navlum classe vectl, Ghristianorum naves concremassent, ac multos crudelissimis suppllciis affectos cnecassent; 4ucenU ac triginta milites in octo naves ^istributi, Francisco suadente, ac in nomine Domini Exercttuum victorianj^romittente, classem Barbarorum insecuti erant : transaotoc^ïe jam mense, cum nullus ab ipsis nuntius adveniret eonsternatis,ipifj|l|Â|> jamque de civium suorum sainte desperantibos; FRANciscpiillil)^.^ïfdU hora classium congressum, ac insignem Ghrigtianornmyktejl^liiiijiiaud secus ac si prœsens csset,^in concionc narraverat: ac diem, qi^liûptoe rei nuntius adventnms esset, prœdixerat. Quœ omnia,
APPENDIGB. &99
il prédit également le jour où devait arriver la nottreile de ce merveilleux succès. Toutes ces prédictions, à l'admiration universelle, furent confirmées par des avis authentiques, d^s le temps même qu'il avait déterminé.
Deux navires ayant quitté le port dans un même temps , FRANÇOIS prédit, à l'occasion d'une grande tempête qui s'éleva, que l'un des deux bâtiments ferait naufrage, et que l'autre, sur leqad il était lui-même, serait exempt de tout danger de la part de la mer, et se dissoudrait naturellement dans les chantiers d'un port La double prédiction fut confirmée par les événements : peu de jours après on aperçut les débris de l'un des navires; et l'autre, que la renommée de la prédiction faisait appeler le Vaisseau du saint père, et que, partout où il abordait, on accueillait avec allégresse, finit, après de longues années et après un grand nombre de voyages accomplis heureusement, par tomter spontanément en dissolution dans un chantier de port, où oiMgkit mis à sec pour le réparer. » ' •#'
Dans une peste qui se répandit parmi les flottes portugaise et espagnole, qui étalent à l'ancre dans le port d'Amboine , le saint homme assistait les malades selon sa coutume : il avait fait demander à Joam d'Araujo du vin en présent pour l'usage de ces malades. Araujo avait envoyé ce vin, non sans peine, craignant d'en manquer personnellement. Alors le serviteur de Dieu fit avertir
cnm ingenU omnium admiratione, eo Ipso.qao deslgnaverat, tempore cerOf nnnclis approbata fuerant.
Gamcfae duœ naves eodem f cmpore e portu solvissent praedlxerat FrancisGus, suborta magna tempestate, alteram naufragium passuram ; alteram vero (et in hac ipse reperiebatur) extra omne maris perifculum in navali dissolvendam : quam praedictionera utriusque exitus comprobaverat : cum alterius fragmenta non multo post conspecta fuissent ; altéra vero multk tute peractis Itineribus, cum publicalo vaticinîo Sancti Patris navis vocaretur, acubicumque appelleret, cura plausu exciperetur; demum post multos annos in navali, ut reilcerelur, subducta, sponte corruerat. '-^
Grassante quoque pestilcntla in Lusitanorum ac Hispanorum clasaibos, quae ad Amboinam Insulam appulerant, cum Sanctus Vir œgrotis de more ministraret ; a Joanne de Arausio, ut vinum sibi ad eorum usum elargir«tur, petierat: quod Arausius gravatim, timens ne sibi deesset, niiserat : quem ijy|Slrviis admonuerat, ut in charitatis operibus largior. esse^ellet : brev&tlHfcfore, ut vita defungeretur, ejusque omnia bona in usus paupe-
Araujo qu'il devait être à l'avenir plus généreux dans les œuvres de charité : car bientôt il aurait à quitter cette vie, et tous ses biens devaient se trouver dévolus aux pauvres. Et en effet , après un intervalle assez court, FRANÇOIS se trouvant à Ternate, c'està-dire à plus de deux cents milles de distance, et célébrant le sacrifice de la Messe, se tourna vers le peuple et prononça ces paroles : « Priez pour l'âme de Joamd' Araujo qui vient d'expirer. » Tout le monde en fut rempli d'étonnement; mais après douze jours no messager arriva , qui confirma la nouvelle de la mort d' Araujo, et vérifia la prédiction du saint homme.
Un marchand qui devait s'éloigner de Méliapour, lui ayant demandé quelque léger présent connue un témoignage de son amitié, le serviteur de Dieu détacha de son cou un rosaire de la bienheureuse Vierge Marie , et lui en fit don , en lui déclarant qu'aussi longtemps qu'il le porterait sur sa personne, il échapperait sain et sauf à tout dangÊr de mer. Il arriva que le marchand, après être so^ti du port, vît Son vaisseau faire naufrage : il se réfugia, ainsi que d'autres passagers, sur un radeau fait avec 'des débris : or dans la haute mer ses sens l'abandonnèrent^ et il eut une vision : il croyait être avec FRANÇOIS le sei-viteur de Dieu, et s'entretenir avec lui dans l'endroit môme où il en avait reçu le rosaire. Enfin le cinquième jour depuis qu'il était descendu sur le radeau, ses esprits lui revinrent, comme s'il s'éveillait d'un profond som-
rum^cederent. Cumque post non mMltum tempori8 spatium, ad Ternatem iBSulam, quœ ducentis amplius miiliaribus a loco distabat, ^dventasset, ac lfS$sœ sacriflcium celebraret, versus adpopulutn : Orate (dixerat) pro Aa Joannis de Arausio, qui modo expiravit. Stupentibus omnibus^ post duodecimum demum.diem supervenerat, qui visionem Sancti viri verissimam fuisse nuntiala Arausii morte declaraverat.
Mercatori cuidam Mellapore discessuro, ac munusculum aliqu<Kl tamquam benevolenliae signum, à se postulanti, Servus Dei Bcatae Mamm, Virginis Coronam precariam e collo detractam, elargilus erat : affirmans, fore, ut, .^quamdiu illam pênes se haberet, ab omni maris periculo incolumis esset evasurus. A portu iiaque Mercator solven» naufragium fecerat : cumque in tabulata, ex lignis raptim composita, cum noimuUis alUs vectoribus exillisset; in alto mari, alienato a sensibus animo, visus esset sibi cura ipso Serve Dei Francisco in eo loco , in quo coronam precariam accepeMit, colloqui; quinto demum die, ex quo desiliertl;* in illa tabulata , ab ea animi ^ ecstasi , velut ab alto somno ^Dinrectus ,
meil; ses compagnons et le radeau, tout avait disparu, et il se trouva sain et sauf sur le rivage de Négapatam , auprès de Méliapour.
Pedro Velho, qui avait fait paraître un zèle admirable en prodiguant à rhomme de Dieu la somme qui lui était nécessaire pour une œuvre de charité, en avait reçu la promesse que jamais le nécessaire ne lui manquerait, et qu'il connaîtrait à l'avance, par une grâce de Dieu, Thcure précise de sa mort: et les deux prédictions se vérifièrent. En effet Pedro, qui éprouva des pertes con«dérables dans sa fortune, se vit toujours assisté très-libéralement par tout le monde ; et après un grand nombre d'années, l'heure de sa mort lui fut révélée : il se rendit à l'église, et s'étant placé dans un cercueil, il entendit la messe et les prières.qu'il avait désiré que l'on récitât pour le salut de son âme, et aussitôt après il s'endormit dans la paix du Seigneur.
§ U. Enfin, l'homme de Dieu ayant heureusement consommé le cours de son pèlerinage, ayant vu le renom de sa sainteté répandu dans le monde, étant lui-même plein de bonnes œuvres, après avoir surabondamment reçu de la part du Seigneur, dans l'ordre spirituel , la bénédiction du patriarche Abraham, et être ainsi devenu le père d'un grand nombre de nations, après avoir vu se multiplier les fils, qu'il avait engendrés à Jésus-Christ, au delà des étoiles du ciel et du sable qui couvre les rivages de la m^» après
cum neque tabulata, neque Socii unquam comparaissent, in Negapatani prope Meliaporem salvum et incolumem se reperèrat
Petro Yellio autem, qui summa voluntate in quoddam charitatis opus pecuniam Viro Dei elargitus fuerat, promiserat fore, ut nunquam ei necessaria deessent, ac mortis horam divinitus prœcognosceret : quorum utrumque acciderat. Nam quamvis Petrus maxima perpessus esset rei familiaris detrimenta; semper tamen ab omnibus summam libcralitatem expertus erat : ac transactis demum multis annis, revelata sibi mortis hora, se in Ëcciesia in feretro composuerat, auditaque Missa, ac precibus, quas pro animae suae sainte recitari jusserat, ibidem statim in pacc obdormiverat.
S 4. Demum Vir Dei consummato féliciter peregrinationis sus cursu fama sanctitatis clarus, et bonis operibus plenus, cum ei benedictionem Patriarchae Abrahœ Dominus spiritualiter elargitus esset, ut multarum gentium pater efliceretur, et ûlios, quos Ghristo Jesu genuerat, super Stellas Gwli , et super Arenam, qusB est in littore maris, multipticatos videret, et
aYoir même envoyé deyant lui dans les célestes royaumes plusieurs de ces enfants, décorés des palmes teintes de leur sang, ayant reçu de tous les royaumes de l'Inde et de tout l'univers chrétien le titre d'Apôtre des Indes orientales, avait entrepris de faire pénétrer l'Évangile dans l'Empire inmiense de la Chine, quand, épuisé par les travaux continuels et supérieurs aux forces humaines qu'il avait accomplis pour la gloire de Dieu, s'étant arrêté dans une ile, près du continent chinois, le 2 décembre , en l'an du Seigneur 1552, il s'evrola vers la gloire céleste, pour aller régner éternellement avec Dieu.
Après sa mort, son corps fut couvert de chaux vive, afin que la diair étant consumée, les ossements pussent être transportés dans les Indes; et, après avoir enfermé le corps dans uii cercueil de bois, on le déposa dans la terre; après quatre mois on l'exhuma, et on le trouva frais encore et flexible , et les vêtements parfaitement conservés, conmie si la sépulture était de la veille. £t malgiré qu'on n'eût employé, pour l'ensevelir, aucune espèce d'àmpiates, néanmoms, par une faveur divine, il exhalait une si dé- Vàease odeur , que cette odeur surpassait les parfums les plus exquis.
On remit sur le corps de nouvelle chaux, et on le transporta à Malacca, ville fameuse de l'Inde orientale. Dans cette ville, une omtagioa meurtrière faisait chaque jour de nombreuses victimes;
01 éto phirimos proprio sanguine lauréates ad Gœlestia Régna prsmiâisset; Oriœtalium Indiarum Apostolas ab nniversis Indiae Regnis, totoque Ghri- Btiano Orbe appellatus, dum aditum Evangelio in vastissimo Sinarum Imperio quœrebat, assiduls IaI>oribu8, quos ultra hnmanas vires pro gloria Dei toleraverat, confractus : in Ineula prope Sinas die 2 Decembris Anni Domini millesimi quingentesiml quînquagesimi seeundi ad Gcelestem gloriam, perpétue cum Dec regnaturus evolaverat. Defuncti corpus viva calce perfusum, ut exesa carne ossa in Indiam exportarentur, inclusumque arca lignea sepultum fuerat : quod post quatuor menses effossum, ita recens ae tractabile, vestimentisque adeo integris, ae si nuper esset tumulatum, repertum extiterat. Et quamvis nuUo odoramentorum génère curatum fuisset, divine tamen munere eam odorum fragrantlam spirabat, ut esset super omnia aromata. Calce itaque rursus ipjecta, Malacam, quse in Orientali India Urbs est celeberrima, delatum extiterat. In qua cum saevissima pestis piurimos quoUdie conflceret, ingenti beneficentia adventum ejus Deus in- Mgniverat. Nam sacro Corpore in Uil>em Ulato, adeo omnis contagio desie-
mais Dieu signala, par une grande miséricorde, l'arrivée du corps. Car, à peine les saintes reliques étaient dans la ville, que le fléau cessa complètement, et que, dès cette heure, personne n'en fut plus atteint. On ouvrit de nouveau le cercueil, et Ton trouva, conune la première fois, le corps intact, et qui répandait la même odeur suave. Tandis qu'on le transférait dans un autre cercueil, un sang vermeil découla d'une épaule, que les dimensions dn premier cercueil avaient légèrement comprimée.
£nfin, neuf mois après la mort, le sépulcre fut ouvert encore, et l'on retrouva comme précédemment, par une vertu divine, le corps exempt de corruption, et exhalant un parfum céleste : seulement le voile, dont la face était recouverte, était teint d'un sang ver- . meil, par l'effet de la terre qui avait pressé le cercueil. Le précieux dépôt fut enfermé dans une autre caisse recouverte de brocard d'or, et transporté dans les Indes, Jau port de Cochin, où se fit un concours immense de toutes les populations de ces contrées, pour honorer la dépouille mortelle de leur commun père en Jésus-Christ.
De Cochin, ou le transféra très-solennellement à Goa, où il fut reçu par le vice-roi et par toutes les classes de citoyens, au milieu d'un concours prodigieux, et avec une dévotion singulière; et il demeura dans l'église de la Compagnie de Jésus, afin que la dévotion des peuples se trouvât satisfaite. U fut exposé durant trois
rat, ut ea ddnceps nullas omnino correptus fuisflet. Ârca itaque runas aperta, integrum sicut antca, eandemque odoris suavitatem dififùndADB, repertum etiam fuerat. Cumque in novo locolo conderetur; ex humero, ob arculœ brevitatem paulum compresso recens sanguis effluxerat. Mono demum post obitum mense, sepulchro iterum patefacto, rursus ut antea divina virtute a corniptione immune, ac codestibus perfusum aromatibus inventum, vélo, quo faciès ejus operta fuerat, ob ingestœ terrœ pondus recenti cruorc consperso. Nova itaque arca sericea aureaque veste contecta prctiosissimum pignus inclusum in IndiamadCocciniportum delatum crai: eonfluentibus undique ad honorandum communis in Ghristo Jesu parentis corpus, plurimls earum gentium populis. Inde Goam insigni celebritate translatum, a Prorege ac omnibus Civium ordinibus maxima frequenti^ ac devotione exceptura, et in Ecclcsia Societaiis Jesu, ut populorum dovptiooi satisfleret, validis cancellis inclusum, omnium oculls per triduum cxpositum remanserat : ejusdcmque Proregis jussu ab insigni Medico, deindeque Vicario Goano visitatum, ac pertentatum, omni ex parte Incorruptumi
50/i APPENDICE.
jours aux yeux de tous, protégé seulement par des barrières solides. Par les ordres du même vice-roi , un médecin très-éminent et le vicaire général de Goa visitèrent et palpèrent entièrement le corps, et le trouvèrent absolument exempt de corruption; et les intestins mêmes étaient parfaitement conser\'és ; de même un sang frais distillait encore de la lésion légère éprouvée par le corps.
Ce fut alors qu'une femme, conduite par un sentiment de dévotion, et s'approchant comme pour le baiser , saisit de ses dents l'un des orteils du Saint, afin de l'arracher dans la moi^ure, et le sang se mit à couler avec abondance. Or la touchante bonté du Très-Haut ne se contenta point de glorifier son Saint en présence de tous les peuples, par ces étonnants prodiges ; mais, en toat temps, elle prodigua de merveilleuses grâces à tous ceux qui implorèrent avec confiance l'intercession du Saint ; ainsi que le manifestèrent un grand nombre d'exemples, et principalement ceux qui vont être rapportés.
Un enfant, natif de Goa, qui, depuis le jour de sa naissance, avait ses deux pieds absolument desséchés, ainsi que les jambes, au point de ne pouvoir s'en servir pour marcher, et d'être obligé de se soutenir avec les mains , fut conduit , par sa nourrice , au tombeau du Saint , et prit la résolution de le visiter neuf jours de Boite. Il avait déjà commencé l'accomplissement de son vœu; le
eliam intestinis compertum fuerat : manante etiam ex parvo înfliçto vnlnere récent! cniore.
Qao tempore, cum mulier quœdam affectu devotionis incitata, specie osculantis, pedis digitum, ut illum abscinderet, morsu apprehendisset, statim sanguis efïïuxerat. Sed Âltissimi benignitas non his modo mirabîllbus Sanctum sunm in conspectu omnium popnlorum miriflcaverat ; sed omni tempore ingentia prœstabat bénéficia his, qui ejus intercessionem fide- Mter implorabant : ut plorimis exemplis, praesertim vero infra insertis, manifestum erat.
. Puer quidam Goœ natus, qui utrumque pcdem a nativîtate adeo aridum,
et cmrà sicca habebat, ut illis non posset insistere, sed manibus rcptare
cogeretur, ad Senri Del sepulchrum ab cducatrice perductus, singulls
novem diebus vlsftare statuerat. Cumque volum cœpîsset adimplerc ; terlia
^.'^Jam^, qua sepulchrum visitabat, Puer in ejus gremio existens, repente
f^:,C^^mnii sepulchri cratem manibus apprehendens^ suis starc pedii)us, et
''^^kMÊÈIff» €CBperat, et fitallm omnino sanus evaserat : et intra novem dies,
ti%ii9|èiiie jour de ses Tisitcs au tombeau, Tenfant, se redressant sur le girc^ de la nourrice, saisit tout d*uu coup, avec ses mains, la grille en^fer du tombeau, et commença à se tenir sur ses pieds et à marcher; dès cette heure, il se trouva complètement guéri; et, dans le cours d^ la neuvaine qu'i|^^vait fait vœu d'accomplir, ses jambes se remplirent de chair, et, depuis cette époque, il continua à jouir d'une santé robuste et parfaite.
A Cottate, ville des Indes orientales, un enfant d'un mois était mort, et on l'avait disposé pour être nus dans la terre. Les parents firent vœu avec une grande foi, d'ofirir on présent considérable au tombeau du serviteur de Dieu, ai l'enfuit revenait à la vie, et de donnera cet enfant le nom dp FRANÇOIS. Sur l'heure même l'enfant commença à ouvrir leè yeaX| ài^ter les bras et les maiiis« et à faire entendi*e des va fuisse me. ois ; ti bieniôl ks parents recouvrèrent leur fils non-setilement vivant, mm enUtîtcmcot guéri et plein de forces : ik acquittèrent leur iceu dans une joïe profonde, et répandirent dans toute leur contrée le récit d'iui miracle aussi extraordinaire.
Dans la même vîlli;, le Saint apparut à un aveugle pendant le temps de son sommeil ; il Tçnfçagea ^ se rendre sans différer en l'église du tombeau, où il devait recouvrer la lumière de ses yeux. L'aveugle obéit fidèlement au conseil, et durant la neuvaine de prières qu'il fit devant l'image de FRANÇOIS, toutes les ténèbres
qoos promiserat, crura came repleta fucrant : et sic s-emper valena, el nantie deinde vixerat .;,-:
Cottatœ, Indiae Orientalis Civitate, unius mensis înfans rnortuus ad ^^.pulturam curatus erat : Voverant itaque cura ingcnll Jlde Parent es » »& Insigne donum, si puer reviveret, sepulchro Servi Dcî obbturoB, îic Francisgi nomen ei imposituros. Repente infans aperirc o<!ulo^f biacliJa pedesque moverc, ac vagire cœperat : ae paulo post, non yhmii inodo, at'd et omnino sanum,atqueincolumem fllium rcc>eperunt : r{!diliU£que vMm ingeiiLÎ gaudio votis, tam Insigne miraculum per totam illam Bc^'lonem divuljLranrni.
In eadem Urbc cœco cuidam Sanctus per quietcm apparuerat : eumque monuerat, ut ad Ecclesiam ejus visitandam, oculorum lumen ibi recepturus, pergcrc non diitcrrct. Paruerat fldelitcr homo : ac, dum per novcm dfes ente Francisoi Imaginem orabat, repente, discussa omnt cœcitatis caligine, sanalus crat, et perfecte viderat.
Quin etiam leprosus quidam In eodem loco magna iidueia ad Sancti interccssionem confugcrat 2 proprloque corpore, oleo lampadis, qus ad eju4
wU
de la cécité s'évaaouirent soudainement de ses yeux, et il nt ilffls manière parfaite. £
£nfm, au même lieu, un lépreux avait eu recours ^te une grande confiance à la protection du Saint : après avofi||^â3% nne onction sur tout son corps avec rhuile de la lampe^alluméè devant l'image, il était prosterné et priait, lorsqu'il se vit en un instaiit purifié de sa lèpre et parfaitement sain de corps.
Francisca Rebelliez avait de même éprouvé l'effet de cette vertu miraculense|: depuis longtemps elle souffrait d'un flux de sang^ et d'une enflure du ventre açcQmpagnée de grandes douleurs. £Ue oignit plusieurs fois son corps ivec l'huile de la lampe suspendue devant l'image de FRÂNÇO][S« et elle se vit subitement guérie, et si parfaitement , que jamais 'a{»rès ce jour elle n'éprouva les plus légères atteintes de ses infirmités anciennes.
Souvent encore il arriva que les lampes sti^iiendues devant cette image du serviteur de Dieu, en y versant simplement de Teau bénite, brûlaient coDiiiie si elles étaient remplies d'huile, et donnaient une égale lumière : ati profond étonncment des infidèles euxmêmes, que leîi chrétiens conviaient à venir contempler ce fait miraculeux, non Sdus de merveilleux avantages pour la dilatation de notre foi.
Gonçalvez, habitant de la ville de Cochin, avait épuisé vainement toutes les ressources de Tart médical pour être guéri d'une
bnagînem ardebat, peruncto, dum prostratus orabat, repente a lepra raundatus atque omnino sanus effectus erat.
Eandem virtutem experta erat Francisca Rebelles, quèè'a multo tcmpore sangaîDlsfluxurn, ac ventris tumorem cum ingenti dolore patiebatur. Lam- L ante ejus Imaginem pendentis identidem se oleo ungens, statim iftivaluerat , ut nullas amplius eorum morborum sensisset
^Fraqpienter enbn acciderat, ut lampades ad eandem Servi Dei Imaginem appeofe, aqua tantum benedicta infusœ, haud secus ac si oleo plenœ essent, ardèrent, lucerentque : stupentibus ctiam inûdelibus, quos ad tants rei miraculum conspiciendum^ non sine magno fidei nostrœ incremento Ghristiani invitabant.
Cum frustra omnes medlcoî artis opes expertus esset Gundisalvus, Coccinensis Gvitatis Incola, ut inveterato cancri morbo, qui pectus ejus assiduis doloribus vexabat, mederetur, ad divlnam opem conversus, Omnipotentis Dei misericordiam» ut se B. Framosu meriUs sanum fàceret, imploraverat.
APPENOIGE. .501
affection cancéreuse invétérée, qui lui dévorait l'estomac en lui causant de continuelles souffrances. S'étant tourné vers les divins pmèdes, il implora de la toute-puissante miséricorde de Dieu, de aérir en vertu des mérites du bienheureux FRANÇOIS. Il api sur la partie malade une médaille de cuivre représentant riniagedc FRANÇOIS : et dans le même instant, il se vit délivré de tousse^:! m^im
Un citoyen de la même vilJc, Mâiioel Rodriguez, avait les pieds couverts d'ulceres; et la canlraclion des nerfs les avait rendus si débiles, qu'il ne pouvait s'y appuyer pour marcher : à ces maux 8*était ajoutée une dyi^etiteriç Irès-inteose et très-dangereuse. Déjà les médecins ne répondaient plus de son existence, lorsque le malade eut recours à Tintercession de FRANÇOIS le serviteur de Dieu ; il fit sur sa personne le signe de la croix avec la même médaille, et but l'eau dans laquelle on avait plongé la médaille : et il éprouva de si merveilleux effets de la vertu divine, qu'en moins de trois jours il fut déUvré de toutes ses maladies, et recouvra la santé la plus parfaite*
' Maria Diaz éprouva de môme la vertu de cette image du serviteur de Dieu. Depuis sept ans elle était atteinte de paralysie et de cécité : elle fit le signe de la croix sur ses niembres affectés par la maladie, et les lava de Feau sanctifiée par4*inun^mon de la médaille : et sept jours n'étaient pas accomitlis» qu'dle avait recou-
Imaginetai igitur ejus sera excusam ulceri applicuer at : eodemque momento ab omni plaga incolumis evaserat
Ejusdem Urbis Givis Emmannel Rodriquez pedes habebat ulceribus plenos, ac ob nervorum contracUonem adeo débiles, ut iUis insistere non valeret : quibus inalis et gravis et periculosa dyssenteria accesserat. Medicis itaque de ejus vita dissidentibus, cum ad intercessîonem Famuli Dei Franasa œger conftigisset; eadem imagine corpus suum in formam Cnids idgoaverat; et aquam, in qua eadem mersa fuerat, ebiberat : talemque divinœ virtutis senserat effectum; ut intra tiidui tempus ab omnibus morbls incolumis integram consequutus fuisset sanitatem.
Ëjusdemve Ser^ Dei Imaginis prœsentem agnoverat virtutem Maria Diaz : Septem etenim annis cœcitatem ac paralysim perpessa, signum Gmcis debiiitatis membris impresserat; eaque ejusdem Imaginis immerrione, aqua sanctificata laverat, necdum septem prœterierant dies^ cum ocnlorum lumen, ac corporis cœlesti dono acceperat incolumitatem.
S 5. Hinc factum erat, ut, cum tôt tanUsquesignis Servum suum Omnipo-
vré, par uu don divin, la lumière de ses yeux et la parfaite santé de son corps.
§ 5. Ces merveilles si multipliées et si insignes, par lesquelles le Dieu tout-puissant, dans la vertu de son bras, avait glorifié son serviteur, les récits prodigieux cmLg'en étaient répandus daoâ toutes les parties de Tunivers |^^B-seulement la dévotion qui en était le fruit, de la part des tt|^m» Jésus^hrist, à Tégard de François Xavier, dévotion qui ptffiift^ i|H^lplse accroissement, mais aussi la lumière qui apparaissait daii8%i^D^6S d'un nombre immense d'infidèles pour la connaissancekÉsjSlu et de Notre-Seigneur Jésus-Christ : tous ces faits prodiJ|Éix déterminèrent le roi Jean de Portugal, précédemment nommé, qui se sentit pénétré lui-même d'une dévotion toute spéciale et remplie de zèle^ à provoquer une enquête de la part des Ordinaires des différentes contrées sur la sainteté et les miracles de Xavier. Ces autorités accomplirent diligemment leur ofiice respectif, et tous les actes en furent transmis en leur temps au saint siège apostolique. Le pape PAUL V, de vénérable mémoire, notre prédécesseur, et qui l'était alors du pape Grégoire, accédant aux instances du roi Jean et de même à celles de Philippe III, d'illustre mémoire, roi catholique des Ëspagnes, pour la canonisation du serviteur de Dieu, députa Lancilotti, de vertueuse mémoire, alors auditeur de Rote ; notre cher fils maître Jean Baptiste Cochino, doyen du même tribunal
tens Deus in bracbio exceiso clarificaret ; et par universum jam terranim Orbem tôt mirabilium prseconia longe lateque diifunderentur ; ac proplerea non soîum Christi fidelium erga ipsum devotio magna susciperet incrementa; sed multorum etiam inûdelium corda ad cognoscendum Deum, et DominuDi nostrum Jesum Christum iUuminarenlur^ Joannes Lusitania^ Rex prœdictus, zelo devotionis accensus, institerat, ut a diversis locorum Ordinariis super ejus sanctilate et miraculis processus fièrent. Qui cum diligenter munus suum explevissent; ae procedenlibus teraporibus omnia acta ad hanc Sanctam Sedem transmissa fuissent; recolendaî mem. Paulus PapaV. etiam prsdeccssor nostcr^ tune suus, instante pio Servi Dei Canoni^atione ctiamciaris mcm. Philippe 111. Hispaniarum Rege Catbolico, députa vit bons mera. Horatium Lancellottum tune Rotae Audiiorem, eoque ad Cardinalatus honorem sublimato ; dilectum liiium Magistrum Joannem Baptistam Coccinum cjusdem Rotae Dccanum; et pariter bonœ mcm. Franciscum Sacratum tune Ârehiepiseopum Damaseenum, et Auditoris Rots locum tenentem, ac deinde S. R. E. Cardinalem : qui et antiquos processus examinarent, et
de la Rote, qu*il éleva, dans cette circonstance, à la dignité de cardinal; et Francisco Sagredo, de vertueuse mémoire, alors archevêque de Damas, et vice-auditeur de Rote, et qui depuis fut cardinal die la sainte Église romaine : et les chargea, comme commissaires, d'examiner les procédures antérieures, et d*en faire entreprendre de nouvelles en vertu de l'autorité apostolique, selon qu'ils le jugeraient convenable, afin de faire le rapport complet de tous ces actes, en y ajoutant leur avis, au même pontife PAUL notre prédécesseur. Ces commissaires décidèrent qu'il serait envoyé des!'lé|Etres rémissoires à différents prélats des Espagnes, du Portu^ ët^d^ Indes; et cependant eux-mêmes examinèrent de nouveaux téii(k)ins dans la cour apostolique. Après que les juges émînents, dont nous avons fait mention, eurent accompli leur part çn ces enquêtes, ils transmirent aux auditeurs précédemment désignés'les procès-verbaux dressés par eux-mêmes. Les auditeurs examinèrent et apprécièrent tous les éléments de la cause avec une parfaite maturité et durant un long intervalle de temps, ainsi que Texig^t l'importance de la cause; et le rapport qu'ils en adressèrent an même pontife Paul, exprima que, d'après les tcimes des décrets canoniques, il constait parfaitement de la vie sainte et des éminentes vertus du serviteur de Dieu FRANÇOIS, et des miracles que, tant pendant sa vie que depuis sa bienheureuse mort, le Dieu tout-puissant avait daigné opérer en vertu de ses mérites et par l'effet
O0V08 auctoritate Apostolica faciendos, quatenus ipsis \ideretur, décernèrent, atque omnia eidem Paulo prsdecessori una. cum eorum sentenlia referrent. Qui litteras remissoriales ad diverses Prxiatos in Hispaniarum, Lusitanis, ac Indiarum Regnis constitulos decreverant : atque ipsi intérim inC uria novos testes examinarant. Cumque prœdicti indicés partibus suis perfuDCti essent; eisdem Auditoribus processus a se confectos transmiserunt. Qui omnibus summa cum maturitate pcr plurimum temporis spaUum (ut negotil gravitas postulabat) consideratis, ac perpensis; eidem Paulo praedecessori retulerant, juxta Canonicarum sanctionum décréta abunde constare de vitœ sanctimonia, ac eximiis virtulibus Servi Del Francisci, deque miraculis, quae tam eo vivente, quam post felicem ejus obitum, ejua meritis, et intercessionibus, Deus Omnipotens operaridignalus erat: Dlgnumque videri, si Eidem placeret, ut in Sanctorum Confessorum Calalogo adscriberetur. Cumque intérim prœdictus Paulus prœdecessor humanitatis debitum persolvisset: et prœdictus Gregorius prœdecessor ad sacrum Apostolatus apicem Divina Providentia assumptus fuisset ; ac pro parte charis-
de son intercession : et FRANÇOIS lenr paraissait digne, si le pon« tife l'approuvait dans sa sagesse, d'êtrç jnscrit sur le catalogue des Saints Confesseurs. Sur ces entfeftijés/le'pape PAUL, notre prédécesseur, ayant acquitté la dette derhùmanité, le pape GRÉ- GOIRE aussi déjà nommé et notre prédécesseur, ayant été choisi par la divine Providence pour occuper le rang suprême de l'apostolat sacré, fut instamment sollicité de la part de notre très-cher fils en Jésus-Christ , alors le sien, Philippe III, roi catholique des Espagnes, de daigner faire continuer cette cause, et de }iii^)|ra f^îi^c de nouveaux progrès : il s'y joignit de très-vives P^^^^^l^i^^fi^ ^ différents autres princes, de plusieurs prélats, et^mmj^ des Indes, qui adressaient de ferventes suppliques|i^ l^^me intention. Le pape GRÉGOIRE, notre prédécesseur,' afia de procéder, dans une matière aussi grave, avec toute la maturité con]^able^ renvoya le rapport des auditeurs , désignés antérieurement*, aux cardinaux de la sainte Église romaine spécialement chargés des Rites sacrés, pour qu'ils soumissent de nouveau toute l'affaire à h discussion la plus approfondie.
§ 6. Les cardinaux ayant accompli scrupuleusement cet examen, et ayant opiné tous et d'un avis unanime pour la canonisation du serviteur de Dieu, Francisco Maria Monte, de vertueuse mémoire, évèque de Portici et cardinal de la sainte Église romaine, exposa tout l'ensemble du procès, et là sentence conmiune de ses
Bimi hi Christo fllii nostri, tune sui, Philippl III Hispanfarum Régis Gathollcl instanter requisitus esset, ut negotium hujusmodi promovere, ac ad ulteriora procedere dignaretur : accederentque aliorum Principum ac Pr3&latOTum, et totius Indis Gleri, idem suppliciter exposcentium preces; prsBdictu8 Gregorius praedecessor, ut in re tam gravi ea, quadecebat maturitate progrederetur; praedictorum Auditorum relationem ad S. R. E. Cardinales sacris Ritibns prsfectos, ut rursus totum negotium quam diligentissime discutèrent, remisit.
S 6. Quod cum illi accurate perfecisseiit, ac pro Servi Dei Ganonizatîone omnes unanimiter censuissent; bonae mem. Franciscus Maria Episcopus Portuen. S. R. E. Gardinalis de Monte nuncupatus; totius processus summam, et suam GoUegarumque sententiam, coram dicto Gregorio prœdecessore, et Venerabilibus Fratribus nostris, tune suis, Sanctae Romanas Ecele- Biœ Gardinalibus, de quorum numéro tune eramus , in Gonsistorio suc secreto exposuit. Quibus auditis reliqui Gardlnales ad ulteriora fore procedendum communi sufifiragio pronuntiarunt. Igitur cum in pubUco Gonsisto-
collègues et de lui-même, en présence du pape GRÉGOIRE, notre prédécesseur, et de nos vénérables Frères, ators ses Frères, les cardinaux de la sainte Église romaine , au nombre desquels nous étions alors, dans un consistoire secret. Après l'avoir entendu , tous les autres cardinaux prononcèrent, par un suffrage unanime, que Ton devait procéder plus avant.
Donc, après que, dans un consistoire public, feu Giulio Zambeccari, alors avocat de la cour consistoriale, eut fait un discours étendu sur la vie et les vertus de ce serviteur de Dieu , et qu*il eut exposé les prières du roi catholique des Espagnes en vue de ladite canonisation : qu'il eut humblement supplié le pontife de daigner y procéder : le pape GRÉGOIRE, notre prédécesseur, faisant valoir la piété du souverain des Espagnes, et son zèle pour la religion, répondît que, sur une affaire de si haute importance, les mêmes cardinaux de la sainte Église romaine, et les évêques présents dans la Cour romaine devaient être consultés. Et dans le même temps il exhorta très-ardemment dans le Seigneur, et avec toute l'effusion de son âme, lesdits cardinaux et évêques à supplier en toute humilité , dans les larmes, dans les jeûnes et dans les aumônes. Celui qui est la Voie et la Vérité, afin qu'il daignât le diriger lui-même dans son sentier, et lui accorder de marcher dans la vérité divine, et de pouvoir, avec la grâce d'en haut, connaître et accomplir sa volonté parfaite.
rio quondam JuUos Zambeccarias, tune Âuls Consistorialia Advocatus, plnrima de hujus Servi. Dei vita et virtulibus enarrasset, atque ejusdem Uispaniarum Régis Catholici pièces pro eadem Canonizatione exposuisset; utque ad eam procedere dignaretur, humiliter supplicasset; dictus Grego- Bics prsedecessor pnedicU Régis pietatem, et religionis zelum plurimum in Domino commendans, super re tant a cosdera Hanclœ ïioniaiiae EcclesiaB Cardinales, atque Episcopos in Romuna Guria praesenles consulendos esse respondit. Atque intérim Cardinales el EpIsMpoi pra^dictoa intimo cordis 8ui alTectu veliementer in Domino hortiitus est, ut in omni humilîtate, et lacrymis, in jejuniis, et eleemosynis expnscijrcnt itb Eo, qui est Via, et Verttas, ut dîrigere dignaretur gressus suos m serixitia éuîs^ ut ûigiedGrciur in veritate sua, ut quod beneplacitum essct in conspeclu Ejua, îiiielligere ac perflcere Eo auxiliante valeret. Sequentî ilaque seniipuUIÎt^o Cooëblorio, ad quod non Cardinales modo, sed etiam Patriarchas, Archiepiscopos, atque Episcopos in Cufia praesentcs coïkVocari mandavit ; prœsentibusque etiam Sedis Âpostolicœ Notariis, nec non sacriPalatii Âpostolici causarumÂudito-
Dans le omnstoire à demi pubKc gui suivit, et auquel le pontife fit convoquer non-seulement les cardinaux mais encore les patriarches, les archevêques et les évêques présents à la Cour apostolique ; en présence également des not3ires du Siège aposto- . lique, et des auditeurs des causes du sacré palais apostolique; après que le pontife eut fait un ample récit de la vie parfaite et des miracles de Thomme de Dieu, FRàNÇOIS-XAYIER : qu'il eut exposé tout ce que cet émiqent serviteur de Dieu avait souffert jpour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; et avec quels fruits (Dieu lui-même étant l'auteur de cette fécondité) il avait répandu la divine parole parmi les nations inconnues; qu'il eut fait également le récit de toutes les instances faites en présence de Lui-même , le pape GRÉGOIRE , notre prédécesseur, tant par le roi catholique que par les autres souverains et princes de la république chrétienne , il demanda les suffrages de chacun : et tous unanimes , bénissant Dieu , qui glorifie ceux qui l'honorent, émirent l'opinion que le serviteur de Dieu FRANÇOIS- XAVIER devait être canonisé et inscrit au nombre des Saints Confesseurs.
Le pontife entendant ce cons^tement unanime, tressaillit de joie en Dieu notre Sauveur : rendant grâces h Celui qui est la gloire de notre vertu, dans la volonté de qui notre puissance est exaltée contre toutes les forces ennemies, de ce qu'il avait daigné,
ribus; cum plurima de egregia Viri Del Fbancisci Xaveru vlta ac miraculis enarrasset ; et quanta insignis hic Deî Sarvus pro nonotoe Domini nostri Jesu ChrisU pertulisset, quantoque cum proventu (Domino incrementum dante) perincognitasnationesVerbum ejus disseminasset, exposuisset, commemoralis etiam instantiis, quae coram dicto Gregorio- prœdecessore lum a Rege Cathollco, tum ab aliis etiam Reipublic» Christiânae Regibus, et Principrbus flebant; cuq^singulorum sententias requisisset, omnes uno orebenedicentes Deum, qulj^fiorificaftes se gloriilcat ; Ser^um ejus Framciscum Xaterivm canonizandimi essei^gliue inter Sanctos Confessores adscribendum censueront. Quorum omnium^ aàdito consensu exultavit in Deo salutari nostro : gratias agens Ei, qui est gloria virtutis nostrae, in cujus beneplacito contra omnes adversarias potestates exaltatur cornu nostrum, qui Ecclesiam suam in diebus istis hoc lumine illustrare, ac novo patroclnio munire dignatus etset. Canonlsationis itaque publicavit diem infra scriptum : eosdemque Fratres , et ûiios nostros patenta charitate monuit, ut bonis operibus inhsrentes, precarenturDeum mlaericordiarum, ut super eos sereno vultu respi-
dans ces temps, illuminer son Église par œ glorieux flambeau, et la fortifier par ce nouveau patronage.
Il fit donc publier pour la canonisation le jour qui s^ désigité plus bas ; et, dans sa charité paternelle, il invita nos mëi^ Frèrear et Fils à s'appliquer à de bonnes œuvres, et à conjurer le Oiea des miséricordes de diriger sur eux un regard fevorable, et de disposer leurs actes pour la réalisation de sa sainte volonté.
§ ?. Enfm, après l'^tier accomplissementde toutes les formalités, qui devaient être accomplies suivant les sacrées constitutions et la coutume de l'Église romaine, le 12 mars, en la deuxième année de son pontificat, le pape Grégoire se transporta dans la très-sainte basilique du Prince des Apôtres, avec les mêmes cardinaux, les patriarches, les archevêques et les évêques, les prélats de la Cour romaine, les officiers et serviteurs de son palais, le clei^é séculier et régulier, et un concours immense de peuple. En cette assemblée, après que les requêtes pour le décret de canonisation eurent été renouvelées au nom du même roi catholique des Espagnes, Philippe, notre bien-aimé fils, par notre cher fils, alors son fils, Louis; cardinal du titre de Sainte-Marie au delà du Pont, de la famille Ludovisi, neveu, selon la chair, du pape Grégoire, parlant par l'organe de l'avocat prénommé, Giulio Zambeccari, et 2y)£èi;<ajDMp^ les prières de l'Église et les Litanies eurent été chantées^ et q^^^ eut humblement imploré la grâce de l'Esprit saint, poiai tiài^
cere, et eorum actiones ad voluntatem Ejus perflcieDdam dirigere dignaretur. S 7. Demum peractis omnibus^ quœex sacris Constitutionibus, ac Romans Ecclesiae consuetudine peragenda erant ; quarto Iduslllfartii, Pontiiicatus su^ Aimo secundo in Sacrosancta Principis Apostolornm Basilica, cum eisdem Gardinalibus, nec non Patriarchîs, Archicpiscopls^ét Episcopis, Romans Guriœ Prœlatis, Officialibus, et Familiaribus suis, GÎero sseculari, et Regulari, maximaque populi frequentia convenit. Ubi repelilis pro Canonizationis decreto, nomine ejusdem charissimi in Chrislo filii nostri Philippl Hispaniarum Régis Catholici, a dilecloiUio nostro, tune suo, LudovicotituliS. Maris î¥anspontinae Cardinali Ludovisio nuncupalo, ejus secundum camem nepote, per Julium Zambeccarium Advocatum prœdictum petitionibus, decantatis sacris Precibus ac Litaniis, et Spiritus Sancti gratia humlllter implorata ad honorefn Sanclissimae, et Individuae Trînitatis, ac Fîdel GathoUcœ exal- ^ationem, auctoritate Omnipotentis Dei Patris, et Filii, et SjÉritds l^ncti, ac Beatonim Pétri et Pauli Apostolorum, ac Sua, de eormndoOl S^ R; E. Cardinalium, Patriarcharum, Archiepiscoporum, et Eçl%ciQ<çQjdJQfK ^& ^"cx^^^^
APPENDiCL
il^or de 1| JiMm^f onque IripUé et pour Tenbafim de |i Foi cadmUque, le iMpe Grégoire, par l'aottrilé de Diea fe P^ iTout-Piii^mii, <1u Fik et da Saint-E^rit » et des biçolieiiren UixHres Pierre et Panî, et |>ar la sienne propre, d*ipr|s le oonsal et K c!Oii!M:iitenieju iinaQinieM desdhs cardinanx de la sainte Èjfiae n>- [siaatiie, des j^atiiarches, dt^ aidievêqaes et des é^icpie» prts^nis ■pi la *:<Mir roïiiaiiiti, déclara €qre an nombre des S^' ^IIAX- 1^15 0£ XAVIEH, de glijrieose mëmùfre, dont * h
foi pure et les miracles àminents fi itillUptîé^ ^ , ment consiatits : il décréta qu'on derat l'inscrire, BU catalogue As» Saints CkmfeasenrSi et commanda i| radèleâ de JébUS'Cbrîst Tltonoreraient et le vénérerjdêu. . ^
I |tant véritabJpmeiii Saint,
I § 8* Et il dct^rtiïina que dans Tt^jim^ ratholique tout ent ^ dçf ^MiNB noqrralqiit être éle? ées et oonsacrfies en son honneoTi fM ^yi^i 9Qi^ ^ l'<» oQiniit à PIEU k Saint-Sacnfioe^ ft qp0 logi |B|a|i8, le aeotmd jour de déceinbre, jonranqad le sâqn fqû( appelé lia gMre céleste, son office cominç celui d'un ^ml CgnÂ>B9irj^Bpprait êtrç câ^
§ 9. lï^çrtn de la même autorité, 0 accorda misériMPvn-
IjgMpt diitf b.fl^gnenr, k tous les fidèles de Jésus-Christ vérîta-
'jÀÉflJtff^^ et coqfessés, qui, tous les ans, le jour de la dite
r^ifi^llflpdraient visiter le tombeau dans lequel repose le corps dq
Guria pisesentium consUio, ac nnanimi consensu gloriosœ memoriae FrakcitciiH XATERimiy de cn]n8 Tttœ sanetitate, fidei sincerltate, ac miracqlonim magnitudine, ac frequentia plene constabat, Sanctum ease deflnivlt : et iu Sanctorum eonAessomm Catalogo adscilbenâiim esse decreYit, et adscrtpsH : fihimcpie abuniversts Q^stl fldellbus, tanquam Ycre Sanctam honorarl» ae Tenerari mandavit. Tl»,
S S. Ac ut ab universalt Ecclesia In cjns honorem Ecclesis, et altaria, ia quibus sacrificla Dec offerantur, œdlflcarl, et consccrari ; et slngolfs annls die seconda Deccmbris, qua ad cœlestem gloriam vocatus est, c^ Offlcinm, ut de Sancto Confessore, ad prsscrlptam Romani Brcviarii, oeld>rari po^set, statult.
S 9. Eadem auctoritate omnibus Ghristi fidelibus vere pœnitentibus, et eonfessis, qui sii^gulis annis eodem fèsto die ad sepnlchrum, in qno corpus ^s requiesett, jMtandum accédèrent, nnum annum, et unam qnadragenam; ifs T#^i|!{0;f|n cjusdem festi Octava, quadragiota dies de injunctis r^"'tltfWi|pr*'''1'^^t'T ^ Oomino rd^xaTJt.
Sm\f we §^^^ ^ upe qDu^t^ipfi, ^ ^ çm% qui y viep4)fmit Ham i'9^\m 4ç ^^ fête, «uar^tç joars ôWoJgeRce m W pônir
§ 10. Enfin, après avoir, avec une joie pleine de triompt^» r?9d|K gf 4pes 1^ pi«m 4o ee qi|'H ay^H gloiilié son S?int en pr^Qçe i^ tQus
*^ WwfiiQ^ çtf 4^ pe qfl'tt t^v^t epriçW son ]|yise 4'iw l«wujiw am§i vmm^ ^t avpir Pbwté, pQ rjiQpneur ^ wiflt FRANÇOIS, rpr#vi (ioienQ^e ^ §m\» Qmfmmfît il c^\ïï^ h m^t^ mm^
àe^m\ l'«Wtel 4u prjnçfi 4^s Apôtr«^. ayec^ la wéaigi^e d« Siint CoRf^iir, ^ Qçtroy» Ji to«s \e» p^èle^ fidrétiewi gui étaient présents unQi9|4pIi^RC0 plépîèro dfi tous teur^ péchés.
£ \l. Qr, ^ q\|e pomqPQ ft« Rui|8ç df^na^ifi çftps§r?er de dputf) en iluçYlpe qoffniiire touc^t 1q« d^giutiQp, dé(^t> ÎA^i^ 409., pwdat, fita^t^ r€iî«^tiw rt mv^ «otw cir4esws exprimé*! «1 mm. 4e ce qw les l^ttr^ 4q jiQtrô ttrtSéfiesseWt le pj^pp GR]gQQjAfi, par vmt 4q {^ mon de ç« dl|a&. o'ont Jgpi^t ^tâ
rédigées concernant tous ces actes : Nous voulons et nousdéqr^t^^ d'^WW^é 9pqptoUq96qqç)<N$ 4^RitiQl)t 4éçiret, imiqriptipn, s|^i}t, re|9xMiW, pû|iç«^n ^'in^uJgençies, ^\ \e^ «utrp^ ^ct^ qui pr^ cèdent recevront leur légitime effet, à dater dudit joyr, }^ 4Q m^f aussi bien que si les lettres y relatives du pape GRÉGOIRE, notre prédéc^seur, avalent été rédigées sous la date de ce jour , ainsi quHl est rapporté précédemment; et Nous voulons que les pré^
S 10. Pmtrem» gratiis Beo eum exuHatlone actiB, quod Sanctqm snum in conspectu omnium gentium honorificasset, ac tam fnsigni splendore EtdctlttiB ftuam ëeeerasset, cantata in Sancti Francisgi honorem solemai SaMtorqm Oeft^sorum oratione ad Ahare Principts Âpostolpruui Missam ceMravIt, eum ejBsdem Sancti Gonfessoris commemoratlone, omnibusque Ghftoli dddibo» prGBsentibus plenarlam oinnhim peccatorom Indulgentlam ^ elargitus est.
S 11. Neauiem de deftnilione, decreto, adscrlptione, tnandato, statuto^ rèlaxaUoBe, alHsque prsmissis (pro eo qupd super iitis ipsius Gregobii prsedeeessoris liter»^ ejus superveislente obitu confectae non fuerunt) ya^at quomodo libet hscsltari ; Voiumus, et Apostollca auctorHate Deoernbiàiiis,quod deônitio, decretnm, adscrîptio, statutum, relaxalio, Impertitio, alii^ae prœmissa a dicto die quarto Idus Martii suum debitum sortiantur eflbcturo, ac si super illis ipsius Q^egqi^i pç^«(}(isi;ary;i lUâ¥@R m^ I^t. ejusdem âiei confeçt^^foissent : prqut Stupeçius en^rratur. Quodquc p.ri&^eiUes ^tfiix a4 probaodf m plene d^ftDifionQia» doMfykum, adscriptiaOBSl» agtfggaJtooeiBU
sentes lettres suffisent en tous lieux pour la preuve de ces définition, décret, inscription, agrégation, statut, relaxation et autres actes qui précèdent; et qu'il ne soit exigé nul autre élément de preuve.
§ 12. Considérant, au surplus, qu'il serait difficile que nos présentes lettres fussent transmises dans tous les lieux où il serait nécessaire ; Nous voulons que des copies même imprimées de ces lettres, revêtues de la signature manuelle d'un notaire public, et confirmées du sceau d'un dignitaire ecclésiastique, obtiennent partout la même créance que celle qui serait accordée aux présentes lettres , si elles étaient produites et représentées.
§ 13. Qu'il ne soit donc permis à aucun homme d'enfreindre cette page contenant Notre décret et Nos volontés , ou de s'élever contre elle par une audacieuse témérité! Si quelqu'un se portait à un acte aussi crimn||j, qu'il sache qu'il encourrait ainsi l'indignation de Oieu Tout-Fmaiit, et de ses bienheureux Apôtres Pierre et Paul r
Dc(pné à Rome, en la résidence de saint Pierre, l'an de l'incarnation du Seigneur mdcxxiii, le 6 août, et la première année de notre pontificat
f Moi URBAIN , Évêque de l'Église catholique.
t Moi Dominique, da titre de S. I^u- f Moi M., du titre des SS. Quirice et rent in Lucina, Prêtre, Gard. Gymnasio. Julitte, Prêtre, Cardinal Lante.
statutum, relaxationem, et alia prœmissa, ubique siifficiant; nec ad id probationis alterius adminiculum reqiiiratur.
S 12. Csterum, quia difficile foret prœsentes nostras literas ad singula loca, ubi opus esset, deferri; Volumus ut earum exemplis, etiam impressis, , manu publici Notarii subscriptis, et sigillo alicujus personae in dlgnltate Ecclesiasticâ conBtitutae munitis, eadem ubique fîdes habeatur, quae ipsis praesentibus adhiberetur, si essent exhibitae vel oslensœ.
S 13. NuUi ergo omnino hominum liceat banc paginam nostrorum decreti, et voluntatum infringere, vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem hoc atteirtare prsesumpserit, indignationem Omnipolentis Dei, ac Beatorum Pétri et Paali Apostolorum ejus, se noyerit incursurum. Datum Rom», apud S. Petrum anno Incamationis DomiolcsB mdcxxih. Octavo Idus Augusti , Pontiûcatusnostrianno primo.
f Ego Urbancs Cathollcs Ecclesis Episcppus.
i in t Pre
t Ego DominicHS tiL S. Laorentii in t Ego M. tiu SS. Quirlci tf IttllUa Lucina Presb. Gard. Gymnasius. Presb. Gard. LanMs. C. ^J^^
Aft>ENDICE.
t Moi P., da Utre des SS. Nérée et Achillée, Prêtre, Cardinal Grescenzio.
t Moi A., du titre de S, Pierre-aux- Licns, Prêtre, Cardinal Capponi.
t Moi G., du litre de Ste-Croix en Jérusalem, Prêtre, Cardinal Borgia.
t Moi Tib., du titre de Sainte-Prlsca, Prêtre, Cardinal Mutus.
t Moi Rob., du titre de Saint-Alexis, Prêtre, Cardinal Ubaldini.
t Moi Jules, du titre de Sainte-Sabine, Prêtre, Cardinal Savclli.
t Moi Guido, du titre de Sainte-Mariedu-Peuple, Prêtre, Cardinal Bentivoglio.
t Moi Jules, du titre de Suinte-Mariesur-la-Minerve , Prêtre , Cardinal Roma.
t Moi Fr. Desiderio, du titre de S. •Clément, Prêtre, Cardinal de Crémone.
t Moi Cosme, du titre de S.-Pancrace, Cardinal de Torres, de la Sainte Église Romaine.
t C de S. Nicolas in Carcere, Diacre, Cardinal Pio.
t Moi Hippolyte, de Sainte-Marie- Nouvelle, Diacre, Cardinal Aldobrandini, Camérier de la Sainte Église Romaine.
t Moi A., Diacre de la Sainte Église Romaine, Cardinal de la Gaeva.
t Ego P. tiu SS. Nerei et Achillei Prcsbyter Card. Crescentius.
t Ego A. tiu S. Pétri in Yincula Presb. Card. Gapponius.
t Ego G. tit. S. Ciucis in Jérusalem Presb. Gard. Borgia.
t Ego Tib. tiu S. Prises Presb. Gard.
Mutus.
t Ego Rob. tit. S. Alexii Presbyter Gard. Ubàldinus.
t Ego Julius tit. S. Sabinz Presb. Card. Sabellus.
t Ego Guido tit. S. Marie de Populo, Presb. Card. Bentirolus.
t Ego Julius tit. 3. Maris super Minervam, Presb. Gard. Roma.
f Ego Fr. Desiderius tiU S. démentis, Presb. Gard, de Crcmona.
t Ego Cosmus tiu S. Pancratii S. A. E. Gard, de Terres.
tes. Nicolai in Caxmie DlïfOttù Gard- Plus. "'
t Ego Hippolytus S. Mariae Not», D!ac.
Gard. Aldobrandinus S. R. B. Camerarius.
t Ego A. S. R. £. Diac', Gard, de la Cueva.