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rares qu*alent été les occasions de la produire, sç trouvant accompagnée et confirmée par le zèle et rhmnillté, ftsrâ naître de grands mouvements dans les âmes populaires, et vous fera recueillir les fruits les plus abondants. Obsenrez seulement, et je vous le recommande encore dé la façon la plus vive, de maintenir avec le vicaire de l'évêqtté un parfait accord et une amitié très-étroité , de vous conduire avec les autres prêtres résidant à Baçaïm, avec le gouverneur, les magistrats et les officiers du roi, enfin avec tous les habitants, d*une manière prudente, civile, modeste et amicale. Croyez-moi, l'espérance d'un grand succès poilr l'orateuî* sacré ne réside point dans la profondeur de l!J doctrine, dans le charme de la parole, dans la pôm^ et 1^ ornements brillants du langage. Le principe et l*abt4(É^90 rart sont d'êtî*e apprécié et goûté de ceux â qui l'on s'drfféftSS, et de s'être muni pai* avance dé la clef des coeurs avant de tenter de s'adresser au?: ofellîes. Vous persuaderez tout ce que vous voudrez. Si Vous êtes aimé de vos auditetlt*s, et vous attirerez sans peine à Dieu de nombreuses con(}tiêtes, si vous ne vous êtes aliéné pei*sormé.
En septembre prochain, époque à laquelle j'espère être â Malaccâ, faites en sorte que j'y trouve des léttt^es dé ITÔÛS longues et subâtântiéllês, qui m'instruisent avec ptéclsiôù et eii détail des fruits de Vos travaux apostoliques. Vous écrireis aussi et bêâucbtip plus souvent, à cause de la proxîlùîfé et des occasions fréquentes entre les deux places , àùx Pères du collée dé 6oa.
Que Dieu Notrë-Sèighèur nous réunisse daiis la gloire du Paradis ! Âmen. .*:
Écrit à Coa ce jouir, S avril 1552.
Votre frère en J.-C.
François.
LETTRE Xt.
An P. Gaspard Barmée, de 1« GompasBle d« féfMMm
Vdus me demandez, mon cher Gaspard, et parce que ordinairemert je suis infini dans l'éloge de iTitlniilitë , et parce que vous-même compterez combien cette vertu a de prix et d'importance, de vouloir bien vous tracer une tégle pour la pratiquer avec fruit. En vérité, je m'arrête avec joie etl lin pareil sujet, à cause de tout l'intérêt que je vous porté, couitne aussi datis riia crainte souvent liicjuiète et ijcmpuleuse, comme est tout amour, que les murmures flatteurs qui parviennent à vos oreilles de prédicateur, ne voUs Conduisent, par le sentiment du plaisir que voui* înspîreè à tous, à un commencement de bonne opinion de touS-mêmë. Je vais rassembler ici les pensées qui me sont vétilles et (iUi seront capables, vous servant pour ainsi dire dé préservatif, de prévenir l'invasion dd vdtiin mortel de l'orgtiëîi, qui s'insinue avec douceur et subtilemëtit, par la feVeUr populaire et parmi les àpplaiidissëménts, datis les âMès qui ne Sont pas sur leurs gardes,
ATànttoutès choses, appliquez todtes les forôëS dé votre esprit a recueillir dans le succès niêmë qu'obtiennent vos prédîcàtioiis au peuple, des occasions dé vous htimllîër toujours de plus en plus : comprenez clairement en effet et proclamez hautement qu'il n'y a là rien du vôtre, et rapportez avec line fidélité parfaite à i)iéu , qui seul en est l'auteur, là gloire de vos facultés tout entières, et du fruit qui en provient pour votre auditoire. Ne manquez pas aussi de reconnaître que vous êtes redevable à l'assemblée mêtue de tout le fruit produit parmi elle : car vous pouvez et vous devez croire que Dieu Notre-Seigneur, toùthé de là dévotion de ce bon peuple, qui est altéré d'entendre et de retenir les vérités de la religion et du Salut, vous 18,
donne, quoique vous ne soyez point digne de cette grâce, le talent et les forces nécessaires pour Tinstruire selon ses besoins et le faire avancer selon ses désirs : vous n'êtes en vérité que le ministre d'une grâce étrangère à vous et dont vous ne pouvez vous attribuef aucune part : effectivement votre génie pénétrant, l'énergie de votre action, ainsi que la sensibilité et la docilité de vos auditeurs ne sont que des grâces de Dieu, accordées non à jos mérites, mais à ceux de l'Église chrétienne et de votre pieux auditoire. Vous y devez trouver un motif d'aimer ce peuple, et de lui vouer l'attachement le plus tendre, considérant que c'est en vue de lui que Dieu vous communique l'éloquence et la science; que si vous vous les attribuiez et les missiez au rang de vos avantages personnels, vous seriez injuste et ingrat, et vous méconnaîtriez sans délicatesse, et leur auteur, et les personnes en vue de qui ces biens vous sont dévolus.
Vous devez aussi réfléchir que si la plus faible partie de vos œuvres peut être née de l'effort humain, c'est le fhiit des prières et des suffrages des Confrères qui, combattant pour Dieu dans différentes parties de la terre, implorent l'assistance divine pour les combats de leurs Frères qui sont ailleurs sous les armes : ce qu'ils accomplissent avec une charité et une humilité parfaites, et ils obtiennent de Dieu Notre-Seigneur qu'il daignç par instants employer le ministère des enfants de la Compagnie pour procurer sa propre gloire et le salut des âmes. Si vous conservez ces pensées gravées intérieurement dans votre âme, vous ne sauriez jamais devenir sensible aux applaudissements les plus vifs et aux louanges décernées à l'éloquence de vos discours : plus on vous élèvera, plus vous vous humilierez profondément : étant convaincu de science certaine que de ce talent qui vous a été confié à votre propre péril pour le salut d'autrui, le compte le plus sévère vous sera demandé; et dans ce ministère vous ne pouvez découvrir rien qui vous soit propre , si ce n'est des fautes infinies d'im-
pradence, de négligence, que dis-je, d'ingratitude envers Dieu qui vous Ta départi, envers le peuple pour Futilité duquel il vous a été conféré; enfin, envers votre mère la Compagnie de Jésus, dont les prières ont obtenu de la di* vine Miséricorde les faibles succès qui accompagnent vos travaux.
Il ne vous sera pas non plus inutile de comparer ces fruits, quels qu'ils puissent être, avec les fruits, infiniment plus abondants, qui seraient recueillis, si vos imperfections n'y mettaient obstacle : vous devez donc prier avec la ferveur la plus vive , afin d'obtenir de Dieu qu'il daigne éclairer votre âme de sa céleste lumière; illuminé par ces clartés intérieures, vous pourrez découvrir avec une entière évidence les obstacles infinis que vos défauts et vos manquements journaliers opposent à l'opération de la divine bonté sur vous-même, lorsqu'elle est absolument empêchée d'accomplir ses desseins, à cause de l'imperfection et des vices de l'instrument qu'elle emploie : elle s'abstient de se manifester avec plus d'éclat et de réaliser les œuvres considérables qu'elle avait médité de réaliser par vous , pour sa gloire et pour le salut des hommes : et je ne désire pas moins que vous conceviez ces sentiments au fond de votre âme et que vous les offriez à Dieu qui visite les cœurs, que de vous voir les exprimer sans cesse dans vos discours au milieu des hommes. Ce seront des aiguillons salutaires pour vous faire éviter la vaine gloire; et pénétré par leur pointe acérée, rappelé sans cesse à l'attention sur vous-même, loin de laisser s'évanouir vos forces dans une lâche sécurité, vous serez toujours vigilant sur vous-même, et plein de zèle à vous observer, demeurant toujours en garde contre les fautes d'imprudence, contre les chutes téméraires et imprévues, craignant, dans vos actions publiques et dans votre conduite privée, de jamais scandaliser le prochain ; en effet, il est juste que vous envisagiez toujours le prochain avec reconnaissance et respect, comme l'occasion de la grâce que Dieu vous a départie.
278 UVUE VII. — iETTRE OltZl^W.
Hais lorsque vous voua livrerez à la méditation de ces vérités, je vous recommande de la manière la plus instante, de consigner par écrit, afin d'en garder le souvenir, les inspirfrtloiis par lesquelles Dieu, qui se plait dans son amour à éclairer ceux qui le cherchent, aura visité votre intelligence altérée de la science qui est selon son cœur; ces inspirations pénètrent et se gravent plus profondément dans l'esprit, par l'effet de l'action même et du temps d'é^ crire; et s'il arrive, comme il est ordinaire, que la durée du temps en ait affaibli l'image et comme effacé le souvenir, la lecture des cahiers où vous les avea exprimées toutes nouvelles et toutes vives, les fait renaître, pour ainsi dire, aux yeux de l'esprit; elle fait ressortir l'original de sa copie fidèle, ou , si vous voulez , ouvre une seconde fois la veine métallique où l'on a déjà puisé, et, pénétrant plus avant, en retire de nouvelles richesses; ou bien enfin elle prend le faite même de la construction primitive et le fait servir de base pour une édifice plus considérable. Car c'est ainsi que la divine sagesse, qui ne demande qu'à se communiquer au dehors, par l'effet d'une miséricorde toute gratuite, se plaît à faire monter ceux qui le cherchent dès le matin, de lumière en lumière, et du crépuscule à des rayons plus vifs, jusqu'à la plénitude de son midi, par une progression merveilleuse de splendeurs; et de même que la divine Sagesse prodigue surtout ses faveurs aux amants contemplatif des abaissements de la nature humiliée, ne doutez point que la pratique persévérante et courageuse du saint exercice de l'humilité et de l'étude intime de vos imperfections ne vous procure un jour, avec abondance , des fruits insignes de perfection pour vous-même et des succès infinis pour le salut des autres. L'expérience vous enseigne ce qui est la vérité même, et que peu de personnes comprennent, que c'est effectivement et uniquement dans un mépris sincère de soi-même que réside l'espérance, pour un prédicateur évangélîque, de recueillir de» fruits véritables et solides; et que