LIVRE I. — LETTRE HUITIÈME
nous a de lui-même renouvelé l'expression de sa volonté , amenant le premier le discours sur ce sujet, sans que rien lui en fît naître la pensée, soit de notre part, soit de la part de nos amis à notre sollicitation ; c'est de son plein mouvement et de son entière volonté qu'il se porte au dessein 'd'instituer ces fondations. Il destine pour en être je siège la ville d'Evora. Je pense qu'il écrit au souverain pontife alin d'en obtenir plusieurs de nos Pères, ou au moins un, pour seconder maître Simon dans les commencements. Or cet excellent monarque, qui agit avec une si grande affection ;envers notre Compagnie , dont il désire l'accroissement comme l'un d'entre nous , et qui ne se dirige en toutes choses que par le seul sentiment de son amour et de sa piété envers Dieu Notre-Seigneur, nous impose à son égard un immense devoir , qui est de lui témoigner à jamais toute notre reconnaissance en vue de Dieu: en effet cette bonté si généreuse et si étendue, qui ne se limite pas à de vaines conceptions, mais qui se manifeste spontanément et avec plénitude en toutes les occasions de nous assister et de nous seconder , nous impose des obligations infinies. Que si nous ne reconnaissions pas toutes ces obligations que nous avons envers le roi, et si nous ne les confessions pas hautement; si, disje , après avoir accompli le peu que nous pouvons par nos prières et nos sacrifices de chaque jour, nous ne nous efforcions de suppléer à l'insuffisance de nos œuvres, par les puissants suffrages de toutes les personnes qui se concilient d'immenses mérites en présence delà majesté divine, lorsqu'elles nous assistent de l'efficacité de leurs prières afin de nous faire le mieux servir, nous serions grandement coupables, et nous flétririons notre âme du vice énorme de l'ingratitude: nous serions nous-mêmes indignes d'une existence dont toutes les heures nous retraceraient le souvenir des bontés infinies du roi Jean de Portugal, notre protecteur et bienfaiteur éminent, envers qui notre vie tout entière ne saurait jamais suffire pour nous acquitter. Paul, et notre con-