‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 106 sur 759 · LIVRE I. — LETTRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE I. — LETTRE HUITIÈME

rendre à Dieu toute gloire et d'infinies actions de grâces de ce qu'il m'a fait voir un souverain si puissant animé de sentiments si pieux envers les choses de la religion : et j'affirme avec vérité que si je n'étais convaincu par le témoignage réel et présent de mes yeux, j'aurais peine à concevoir la pensée qu'une âme de séculier, surtout dans l'éminence du rang suprême , et parmi le tumulte d'une grande cour , pût être capable d'une dévotion et d'une charité si exquises. Que Dieu daigne accroître en lui ces dons ineffables , et multiplier pour un grand nombre d'années les jours de son existence, qu'il emploie d'une manière si précieuse : que Dieu conserve une tête si mile et si nécessaire à son peuple !

Je vous ai parlé du roi : je vous parlerai maintenant de sa cour. Rien ne saurait être plus régulier; elle ressemble plus à un couvent de religieux qu'au palais d'un souverain. Un si grand nombre de personnes participent ici chaque semaine aux divins sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, que notre admiration à ce spectacle nous oblige d'en glorifier Dieu sans cesse et de lui en rendre d'infinies actions de grâces. Nous sommes tellement occupés à entendre les confessions , que si nous étions deux fois plus nombreux, ce ministère nous fournirait à tous un travail abondant : nous passons assis au saint tribunal les journées entières et une partie des nuits, quoique nous n'admettions que les seules personnes de la cour , à l'exclusion de toute autre. Je me rappelle avoir observé dans un séjour du roi à Almérim, que les gens venus du dehors pour les affaires du gouvernement, ainsi qu'il arrive d'ordinaire au siège de la cour, faisaient paraître une grande surprise d'une coutume si nouvelle , principalement de la part des gens de cour, et smiout à la vue des mêmes personnes qui , tous les dùnanches et aussi les jours de fête, s'approchaient avec dévotion de la table sacrée pour recevoir le corps de J.-C; ils avaient peine à revenir de leur étonnement, et un nombre assezgrand d'entre eux, suivant

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