‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 109 sur 759 · LIVRE I. — LETTRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE I. — LETTRE NEUVIÈME

des aumônes que sa majesté consacrerait à une fondation de ce genre. Je crois qu'au nombre des éminences qui sont le plus avant dans la faveur du roi, se trouve le cardinal de Carpi (1), et j'en augure ainsi, parce que je sais qu'il est lié très-intimement avec Dom Pierre (2) : aussi des lettres de recommandation émanées de lui, de même que du cardinal des quatre Saints-Couronnés, et des autres que vous sauriez être dans des relations favorables avec sa majesté, nous seraient infiniment utiles. Et si pour quelque raison ces cardinaux hésitaient à écrire directement au roi, sans doute ils consentiraient, surtout le cardinal de Carpi , à écrire en particulier à Dom Pierre pour le prier de traiter cette aflaire en personne, et à devenir auprès de sa majesté les patrons d'une œuvre aussi excellente. Si surtout l'ambassadeur du roi qui se trouve à Rome , est bien disposé pour la Compagnie , il ne sera pas sans utilité d'en obtenir des lettres dans le même sens, pour exposer au roi combien nos intérêts à Rome ont un besoin sérieux de la faveur de sa majesté.

N'oubliez pas vous-mêmes d'écrii^e à Dom Pierre de Mascarenhas ; je ne saurais assez vous exprimer combien il prend de plaisir à vos lettres. Au moins demeurez convaincus qu'il vous aime mfimment dam le Seigneur : il cbnserve avec un soin extrême les lettres qu'il reçoit de vous; il les relit minutieusement, avec une joie et un fruit spirituels, dont les heureux indices éclatent sur son visage. En vérité ces témoignages si sensibles me découvrent combien il vous est affectionné, et je me sens, à ce titre, obligé de lui vouer pour toute la vie une profonde affection. Nous pensions ici, sauf un meilleur conseil , qu'il était à propos que vous écrivissiez au roi, pour lui rendre grâces de ses

(1) Le cardinal Rodolphe Pio Carpi. Il fut désigné pour être le protecteur spécial de la Compagnie. A sa mort, le pape Pie IV déclara que la Compagnie n'aurait à l'avenir d'autre protecteur que le Saint-Siège.

(2) Mascarenhas.

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