‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 119 sur 759 · LIVRE II. — LETTRE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LETTRE PREMIÈRE

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et desséché, il abonde uniquement en dattes, dont on fait du pain, et en bétail. Les habitants vivent de ce pain d^ dattes, de lait et de la chair des animaux.

Toute l'île est dévorée par les ardeurs du soleil ; les peuples qui l'habitent sont chrétiens de nom plutôt qu'en réalité, car ils sont profondément ignorants et sans culture. La plupart ne savent ni lire ni écrire , et ne possèdent aucun monument de leur histoire : seulement ils se font gloire du nom de chrétiens. On voit chez eux des temples et des croix avec des lampes. Chaque village a son kacis, qui en est comme le curé : ces kacis ne savent ni lire ni écrire, de même que les autres habitants; ils sont dépourvus de livres et savent seulement de mémoire quelques prières. Ils se rendent au temple quatre fois le jour : à minuit, à l'aurore, après midi et le soir. Ils ne font aucun usage de cloches; des crécelles de bois, comme celles usitées chez nous pendant la semaine sainte, donnent au peuple le signal pour se rassembler. Les kacis eux-mêmes ne comprennent point les prières qu'ils récitent : elles sont effectivement dans une langue étrangère, qui est, je crois, la chaldéenne. Ils rendent un culte spécial à l'apôtre saint Thomas, et se disent issus des chrétiens que cet apôtre engendra à Jésus-Christ dans ces contrées. Dans les prières dont j'ai parlé, ils répètent souvent un mot qui ressemble à notre alléluia. Mais les kacis ne baptisent personne, et ignorent absolument ce que c'est que le baptême.

Tandis que j'étais à Socotora , j'ai régénéré un grand nombre d'enfants, à la grande joie des parents. La plupart témoignaient beaucoup d'empressement à nous les amener : les pauvres gens nous offraient généreusement ce qu'ils possédaient, et leur bon cœur était tel, que j'aurais craint de refuser les dattes qui m'étaient offertes avec tant de témoignages d'amitié. Ce peuple me priait avec de vives instances de demeurer avec lui, promettant que tous les habitants de l'île viendraient se présenter d'eux-mêmes au baptême. J'ai supplié le gouverneur de me laisser demeurer

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