LIVRE II. — LETTRE QUATRIÈME
LETTRE IV. ' r
Aa P. M' Ignace de Loyottl^ "0'-
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Que la grâce, etc.
Le gouverneur des Indes, à qui nous tous qui sommes : ici, non moins que nos confrères de Rome, avons les plus grandes obligations, tant à cause de son zèle extrême pour notre divine religion, que de son amour particulier pour notre Compagnie, m'a prié de vous écrire et d1& vous informer des divers besoins spirituels de ces contrées. Je me >j rends à ses désirs, tant à cause de ses favorables dispo- "" sitions pour tout ce qui regarde le culte de Dieu, que parce ' que ses vœux sont conformes à la piété et à la vertu, et je vous transmets ici toutes ses demandes.
En premier lieu, comme les indigènes honorent d'un culte tout spécial l'apôtre saint Thomas, patron des Indes (1), le vice-roi désire, pour accroître ce culte et cette dévotion, que le jour de la fête du saint apôtre, et les
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(1) Une tradition qui remonte aux premiers siècles de l'Église nous apprend que l'apôtre saint Thomas a porté la religion de Jésus-Christ dans les Indes.
En 1521, on découvrit àMéliapour, sous les ruines d'une ancienne église, des reliques de saint Thomas. C'étaient, dans un sépulcre situé à une grande profondeur, quelques parcelles d'ossements, un fer de lance, et l'extrémité de la hampe, un débris de bâtonferré, un vase d'argile, et une image de saint Thomas, sculptée en marbre.
En 1643, on présenta au gouverneur, D. M.-A. de Souza, une lame de cuivre couverte de caractères à demi effacés, et qui furent déchiffrés par un savant rabbin. C'était l'acte de la donation faite au saint par un roi contemporain, d'un espace de terrain pour bâtir une église.
En 1548, on découvrit encore un bloc de marbre blanc, sur lequel était gravée en relief une croix, dont les extrémités étaient ornées de larges fleurs de lis; une colomhe surmontait la croix. On y voyait difterentes taches qui avaient pénétré la pierre, et qui semblaient être produites par du sang. De nombreux miracles attestèrent l'origine sainte de ce monument. L'inscription