LIVRE II. — LETTRE QUATRIÈSlE
ïqpt jours suivants, une indulgence plénière soit accordée par le souverain pontife à toutes les personnes qui, après s'être confessées , se seront approchées de la table eucharistique. Il a exprimé cette condition, afin d'inviter le peuple à fréquenter les sacrements, et, pour que le jour de la fête soit célébré plus saintement, comme il est juste de le faire : et par la raison surtout que, dans le temps du carême, qui dans ces pays concourt avec la saison d'été , tout le monde est sous les armes. Car les Indiens étant les maîtres de la terre et les Portugais de la mer, il arrive que le temps sacré du carême se passe entièrement en expéditions de terre et en campagnes de mer, et que les soldats, ainsi que les nfarchands, sont ordinairement privés des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. C'est pourquoi le gouverneur, pour inviter davantage à la pratique des sacrements, demande au souverain pontife celte indulgence, qui sera comme un attrait pour tous les chrétiens, et il y aura, pour ainsi dire, un second carême.
Il demande aussi cette autre grâce du souverain pontife, en faveur des hôpitaux de la viUe, que les malades et ceux qui les servent puissent obtenir une indulgence plénière,
gravée tout autour de la croix était en langue sanscrite, et fut ainsi traduite par de savants brahraes :
« Trente ans après que la loi chrétienne eut paru dans le monde, le 21 « décembre, l'apôtre saint Thomas mourut à Méliapour, où Dieu alors fut « connu, où la loi fut changée, où le démon fut vaincu. Dieu naquit de ia « Vierge Marie, et demeura trente ans sous son obéissance. C'était un Dieu « éternel. 11 enseigna sa loi à douze apôtres, donll'un vint à Méliapour, un « bourdon à la main, et y construisit une église. Les rois du Malabar, du « Coromandel et du Pandi, et d'autres souverains de différentes nations et « croyances, consentirent unanimement et de leur plein gré à embrasser la re- « Ijgion de l'apôtre Thomas, homme saint et vraiment pénitent. Le temps « vint ensuite où saint Thomas mourut de la main d'un brahme, et de son « sang il fit une croix. » ;; i ,.
De nos jours encore existent des peuplades connues sôu8,l#iiôm de chrétiens de saint Thomas. Elles reconnaissent l'apôtre pour l'auteur de leur foi, et tous les ans envoient de nombreux pèlerins à son tombeau. Nous reviendrons sur ces peuplades à l'occasion de la ville de Saint-Thomas, ou Méliapour.
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