‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 136 sur 759 · LIVRE m ^—LETTRE QUATR1Èm · texte numérisé non relu

LIVRE m ^—LETTRE QUATR1Èm

fis que la navigation est ouverte dans l'une des mers , elle est impossible dans l'autre , où les tempêtes sont si violentes que nul n'oserait les affronter. A l'époque du carême, ainsi que je l'ai dit, toutes les troupes prennent les armes, et montent sur les navires pour faire campagne ; comme aussi les marchands se dirigent de tous les côtés, pour les affaires de leur commerce. Ici en effet, lesPortugais, tout-puissants à la fois sur mer et sur terre, s'adonnent volontiers au commerce qui fait leur existence et celle de leur famille. Aussi, tant à cause des chaleurs excessives , qu'en raison des absences presque continuelles des Portugais, le carême est mis en oubli, et peu de personnes observent la loi du jeûne. Le vice-roi m'a chargé de vous exposer tous ces faits, et de vous prier, au nom de la gloire deDieû, d'obtenir, s'il se peut, du souverain pontife, que le carême soit remis pour ces contrées aux mois de juin et de juillet , époque où non-seulement les chaleurs touch eut à leur fin, mais où la navigation se ralentit à cause de l'état de la mer. La température plus favorable permettrait à chacun déjeuner, et tous, avertis par le temps du carême, pourraient facilement obéir au commandement qui prescrit la confession et la communion. Cette requête , à moins que vous ne la considériez autrement, me paraît fondée sur le plus grand intérêt du culte divin. Le vice-roi vous supplie instam- ^ment de ne point laisser tomber cette affaire en oubli, par "" la personne qui sera chargée de parler au souverain pontiôCé Vous trouverez la récompense de vos soins dans la reconnaissance de tous les habitants de ces contrées, et vous aurez une part dans les fruits du culte divin , et dans les mérites qui seront l'effet de toutes ces grâces. Adieu, de Goa, le 20 décembre 15^2.

A mon départ de Lisbonne , je vous ai écrit au sujet du collège de la Compagnie , que le roi avait dessein d'établir à Coïmbre, au sein de l'université. Le roi m'a fait inviter à vous écrire, pour vous demander à cet effet quelques

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