‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 148 sur 759 · LIVRE IL — LETTRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE IL — LETTRE CINQUIEME

religion, de manquer des choses; nécessaires à leur existence. ::^-:; ^■■•■■.■xi#>;Mj>i. . ,-, v ^ . ^■•^.-

Je ne rencontrai sur ces rivages qu'un séul"T3râhme qui fut instruit : U passait pour avoir étudié dans une très-fameuse académie. Je pris les moyens de l'entretenir sans témoins. Alors il me découvrit ce qu'il regardait comme un très-grand secret. Avant tout, les disciples de cette académie étaient obligés sous serment, par leurs maîtres, de n'en point découvrir les mystères : cependant il voulut bien , par amitié pour moi, consentir à me les révéler. Un de ces mystères était « qu'il nexisie qu'un seul Dieu, créateur (( du ciel et de la terre , et que les hommes doivent lui rendre <( un culte : que les idoles ne sont que la figure des démons. » Les brahmes ont quelques monuments de leur littérature sacrée, qu'ils affirment contenir les lois divines. Les maîtres enseignent dans une langue savante, ainsi que nous dans la langue latine. Ce brahme m'exposa tous ses préceptes religieux (1), avec un commentaire approprié ; Userait aussi long qu'inutile de Vous les rapporter. Les sages célèbrent comme nous le jour du Seigneur. En ce jour, ils répètent à différentes heures cette unique prière (2) : n Je vous adore, ô Dieu! et f implore àjamais votre secours.)) Ils sont même engagés, par un serment solennel, à répéter souvent cette prière. Le brahme ajouta que la loi de la nature leur permettait la pluralité des femmes (3), et aussi, qu'on lisait dans les monuments de leur littérature, qu'untemps devait venir où tous les hommes professeraient une religion unique. Enfin il

(1) Lucena et Garzia :

Dix préceptes écrits dans la langue sacrée...

(2) D'après Lucena et Garzia :

Oin çrî naràyanaya nama. — Salut au seigneur Narâyana. — Naràyana, lui repose sur les eaux, est un des noms de Vichnou.

(3) L'édition de Louvain dit le contraire :

La loi naturelle leur interdit d'avoir plusieurs femmes. Garzia dit :

La polygamie, quoique n'étant pas dans l'esprit de la loi, est permise par indulgence pour la nature.

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