‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 149 sur 759 · LIVRE U.— LETTRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE U.— LETTRE CINQUIÈME

me demanda de lui exposer à mon tour les principaux mystères de la religion chrétienne, s'engageant à les tenir secrets. Je lui répond]^ <gu'il n'en entendrait pas, au contraire, une seule parole, s'il ne s'engageait auparavant à faire connaître au peuple ce que je lui aurais exposé de la religion de J.-G. Ayant reçu sa promesse (1), je lui expliquai soigneusement cette parole de Jésus-Christ, qui contient notre religion toute entière : Celui qui croira , et qui sera baptisé, sera sauvé (2). Il transcrivit sur ses tablettes cette parole avec son explication, qui comprenait tout le symbole des apôtres. Il y ajouta les préceptes du Décalogue, à cause de l'intime rapport qui les unit au symbole. Il me raconta alors qu'une nuit, il avait songé qu'il s'était fait chrétien avec un souverain bonheur, et qu'il était devenu mon confrère et mon compagnon. Il finit par me prier de l'initier en secret aux mystères du christianisme. Mais comme il apportait certaines conditions opposées à la loi divine, je ne consentis pas alors à lui donner le baptême. Je ne doute pas que, par la divine miséricorde, un jour il ne devienne chrétien. Je lui recommandai d'enseigner aux ignorants et aux pauvres d'esprit qu'il n'existait qu'un seul Dieu, le créateur du ciel et de la terre, et qu'D régnait au ciel; mais lié par son serment solennel , il déclara ne le pouvoir faire, craignant surtout de devenir la proie et la victime du démon. »

Il ne me reste (3) qu'à vous faire part de l'abondance et de la grandeur des consolations que Dieu ne cesse de verser dans les âmes des ouvriers de sa vigne, au milieu de cette contrée barbare ; et s'il existe en cette vie un véritable et solide bonheur, il réside en ces merveilleuses consolations.

(1) Édition de Louvain :

Je demandai à Dieu Notre-Seigneur de m'inspirer les discours et les paroles qui, dans les saintes lettres, ont le plus de valeur et d'autorité...

(2) Marc, xvi, 16.

(3) Édition de Louvain :

J'aurais encore beaucoup de choses à vous écrire, si je n'en étais empêché par l'insuffisance du temps, et si des affaires multipliées ne m'appelaient ailleurs; je n'ajouterai qu'une seule parole...

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