‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 15 sur 759 · CHAPITRE DEUXIÈME (1 542-1 5/l · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME (1 542-1 5/l

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Borbale P. Paul de Camerino pour le seconder dans son œuvre. De l'avis du P. Xavier, l'institution fut divisée : dans un des édifices cent enfants reçurent les éléments de la doctrine religieuse et littéraire, et dans un autre soixante-douze jeunes gens, en l'honneur des premiers disciples de Jésus-Glirist, furent préparés,j)our le sacerdoce et pour l'apostolat indigène. Ces derniers, assistant les malades et les mourants, accompagnant les morts, et pratiquant les autres œuvres de miséticorde, s'initiaient d'avance aux ministères apostoliques. L'institution et le collège passèrent plus tard, en 1548, après la mort de Dic^o de Borba, dans les mains des enfants de saint Ignace, et devigrent l'une des gloir^ de la^gpm-

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Cinq mois avaient suffi pour changer entièrement la face dé Goa : et notre Saint, 'qui ne respirait que la gloire de Jésus-Christ^ cherchait des terres nouvelles pour y exercer son apostolat, lorsque le vicaire général D. Miguel Vaz lui fit part d'une mission récente accomphe chez les Pallawares, et de l'indigence spirituelle de ces néophytes. C'étaiè^ des populations de pêcheurs subsistant uniquement par la pêche des perles, et qui vivaient dispersés sur tout le littoral de Comorin {Lettres, I, p. 58). ^v»*^ a^Ç^^v

Récemment secourus par le roi de Portugal contre les Mores qui les tyrannisaient, les Pallawares avaient demandé des mission-î naires, et la plupart d'entre eux avaient reçu le baptême; ^Miguér Vaz et trois autres prêtres avaient, en peu de mois, catéchisé et régénéré vingt mille indigènes disséminés en trente villages (Lettres, I, p. 63). ; ■ * >^;^i;.

Mais, remarque ici Lucéna, l'Apôtre ^int Paul le dédàrèluimême : En vain il aurait planté dans Gorinthe , si Apollon n'avait^ arrosé la terre nouvelle: en vain les saints Prophètes auraient jeji^ les semences de la Foi, si les Apôtres de Jésus-Christ n'étaient venus recueillir les fruits de leur travail. Les populations palla-: wares, manquant de prêtres qui comaussent leur langue, n'avaient conservé de chrétien que le baptême; et leurs nouveau-nés demeuraient même privés de ce premier sacrement. - ;-*>V

Xavier, pénétré de charité vis-à-vis de ces pauvres âmes, insensible d'ailleurs aux rigueurs du dimat qu'on lui faisait entrevoir et aux grandes souffrances qui lui étaient réservées, s'offrit sans hésiter pour aller renouveler la conversion de ces peuples. Ayant

VIE DE SAINT FRANÇOIS-XAVIER

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reçu la bénédiction de l'évêque et obtenu la permission du gouverneur Souza, il partit le 17 octobre 1542, emmenant avec lui le F. François de Mancias et deux jeunes gens, élèves du collège de Saint-Paul {Lettres^ I, p. 58 et note), qui connaissaient la langue malabare, usitée à la côte de la Pêcherie. De tous les présents que le gouverneur lui offrait très-libéralement , il n'accepta qu'une paire de chaussures et une casaque grossière pour se préserver des chaleurs; mais, pour les aliments de chaque jour, il voulut, par amour de la sainte pauvreté, les devoir auj a)imônes des Lascars de l'équipage. -* ^#< ; '^ ''i% 't'^^^

* Les chrétiens du cap Comorin furent en effet comme les premiers nés de la prédication du Saint parmi les infidèles : sans cesse lui causant de nouvelles douleurs, pour être enfantés à la Foi, pour être façonnés et comme transformés en Jésus-Christ. C'est aussi dans cette contrée que des miracles sans nombre commencèrent à autoriser la mission de Xavier, et à confirmer de leur sceau l'Évangile qu'il annonçait. Et en même temps que les miracles extérieurs opérés par le Saint, on vit en lui cet autre miracle, œuvre de l'Esprit-Saint, le don prodigieux des langues qui lui fut inspiré dans les temps et avec la mesure que demandait sa mission. En effet, au milieu de ces populations étrangères, ce Nav^rais serait demeuré comme un naufragé sans parole; mais l'Esprit divin, ainsi que nous le verrons surabondamment, enseigna notre Saint par des leçons inénarrables, et lui communiqua les moyens d'annoncer le Verbe à toute créature (1).

Dans le premier village qu'il visita {Lettres,, I, 61), Dieu rendit témoignage à son Apôtre par un miracle admirable. Une femme était depuis trois jours dans les douleurs de l'enfantement, et elle était sur le point d'expirer. «Oubliant, » dit le saint Père dans une lettre au P. Ignace, « que j'étais sur une terre étrangère, et songeant seulement que la terrejet tout ce qui l'habite appartiennent au Seigneur, j^invoquai sur cette créature le nom de Jésus-Christ, et après lui

(1) Le dialecte de la côte de la Pêcherie est un Malabar corrompu. Deux langues principales ont cours dans la presqu'île Indienne : le Malabar ou Tamoul, et l'Hindou ou Guzerate. ^^ »fe'

Les populations de Saint-François-Xavier dans les environs du cap.Èomorin parlaiçnt généralement le Tamoul.

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