‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 152 sur 759 · LIVRE IL —LETTRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE IL —LETTRE SIXIEME

tre amour envers J.-C, de m'instruire, par des lettres écrites à loisir et avec un grand' soin, de tout ce qui vous concerne , vous et les compagnons qui sont avec vous ; dès que je serai à Manapare, vous le saurez par une lettre de moi; ayez soin de vous souvenir des avis que je vous ai laissés par écrit, lorsque vous m'avez quitté , et priez Dieu qu'il daigne vous fortifier par une grande patience, nécessaire surtout dans les rapports avec ces peuples. Considérez en votre esprit que c'est ici comme un purgatoire, où vous subissez déjà la peine de vos fautes, et reconnaissez cette grâce infiniment rare, que Dieu vous.accorde, de pouvoir, lorsque vous vivez et respirez eiliçbre, expier avec tout le bénéfice de sa grâce, et avec des souffrances infiniment moindres, les péchés de votre vie passée. Vous direz à Jean d'Artiaga (1) que le gouverneur m'a fait connaître, dans une lettre, qu'il lui avait fait remettre dix écus d'or, à imputer sur mon compte; j'ai répondu moi-même au gouverneur que ni vous, ni Jean d'Artiaga, ni moi, n'avions besoin d'aucun argent avant son retour de la côte de la Pêcherie, et que j'avais donné l'ordre 'à Artiaga de lui remettre cette somme. Vous recommanderez à Artiaga de le faire, à moins que cet argent ne soit pas un don, mais un payement qui nous advienne autrement et à titre de propriété : ce que j'ai quelque motif de supposer. Je crois savoir , en effet , que le vice-roi qui nous fournit, par l'ordre de sa majesté, tout ce qui nous est nécessaire pour notre subsistance et nos autres besoins, a fait remettre au gouverneur d'ici un billet de dix pardams (2) pour nous donner les moyens d'avoir

(1) Jean d'Artiaga était un séculier, de profession militaire, qui servait volontairement saint François-Xavier j quelquefois, il est désigné par le titre de frère.

(2) Le pardam xeraphim était une monnaie portugaise en argent, de la valeur réelle d'environ 75 centimes de notre monnaie. La valeur relative ancienne était de beaucoup supérieure. Cette monnaie portait, d'un côté, la figure de saint Sébastien, et de l'autre, un faisceau de flèches.

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