LIVRE IL — LETTIIK SEPTIÈME
n'aient plus lieu d'invoquer l'excuse de leur ignorance. Vous dénoncerez pareillement aux patangats ou chefs des villages (1), que si dorénavant on boit de l'arack à Punicale, je les en rendrai responsables, et les en punirai très-sévèrement.
Vous exhorterez Mathieu k se montrer un bon fils envers moi; car il doit être assuré, s'il agit ainsi, qu'il recevra de ma part plus de bienfaits et de services qu'il n'en pourrait jamais attendre de ses propres parents. Pendant que je suis retenu dans Manapare, sans pouvoir me rendre où je désire aller, ayez soin d'avertir sérieusement tous les patangats qu'ils doivent , s'ils sont sages , réformer dès à présent leurs désordres et leurs vices, et que s'il en est qui soient demeurés dans leur perversité première, et que je les trouve ainsi lors de mon arrivée , j'ai le pouvoir, au nom du gouverneur, de les faire charger de liens et de les envoyer à Cochin, où leur châtiment ne sera point de briève durée : qu'ils ne se fassent à cet égard aucune illusion. Et c'est ma résolution bien positive d'intervenir, afin que jamais il ne leur soit permis de retourner à Punicale. Car, il est assez avéré que la plupart des désordres et des crimes qui se commettent dans ces contrées doivent être imputés à ces personnages, qui en encourent ainsi toute la responsabilité.
Vous apporterez le plus grand soin à ce que les enfants nouveau-nés reçoivent au plus tôt, par vos mains, le saint baptême. Lorsqu'ils seront sortis de la première enfance, et qu'ils pourront commencer à s'instruire, vous vous occuperez de bonne heure de les initier aux éléme:çts de la doctrine chrétienne; vous vous rappelez que je vous l'ai recommandé de la manière la plus vive : vous tiendrez aussi tous les dimanches une ass'emblée pour le ca-
(1) Les patangats ou patangatins étaient des chefs de villages , ayant autorité sur un certain nombre de familles dispersées dans les clianmières.
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