LIVRE II. — LETTRE HUITIÈME
dans vos entreprises. Conservez toujours votre âme humiliée en présence de Dieu, dans un affectueux sentiment de continuelle reconnaissance. Soyez, dis-je, reconnaissant de ce qu'il a daigné vous élire pour un ministère aussi sublime que celui dans lequel il se sert de vous. Vous avez par écrit les recommandations que je vous ai laissées; je n'y ajoute rien, je ne vous prescris rien de plus. Continuez à vous souvenir de moi, de même que votre pensée ne me quitte jamais. ,
Dites à Mathieu de se montrer un bon fils à mon égard ; il doit s'attendre lui-même à trouver un bon père en moi ; et je ne perds de vue aucune occasion d'agir dans son intérêt. Vous lui direz également que les dimanches , en répétant à l'assemblée du catéchisme la leçon que vous lui. avez enseignée à la maison , il la doit prononcer à trèshaute voix, afin que non-seulement tout l'auditoire l'entende, mais que le son de sa voix parvienne jusqu'à nous qui sommes à Manapare.
Instruisez-moi de l'état présent des chrétiens de Tutucurin, et s'ils sont encore l'objet de persécutions de la part des Portugais qui y sont établis ; apprenez-moi ce que l'on dit du gouverneur, et s'il doit passer l'hiver à Cochin.
Il se présente à cette heure, sous de favorables apparences, une entreprise très-considérable, et qui donne lieu d'espérer que le service de Dieu Notre-Seigneur en pourra recevoir un glorieux accroissement. Multipliez vos prières auprès de ce Dieu et Seigneur, afin qu'il daigne faire réussir les espérances qu'il a fait paraître à nos yeux, et conduire à maturité toute cette entreprise, en nous procurant les occasions que nous appelons de tous nos désirs.
Je vous prie de ne jamais cesser de faire paraître à l'égard de toute cette nation, envers les seigneurs et les principaux du pays, comme envers les derniers du peuple, les sentiments de la charité la plus tendre, et ne doutez point que par un effet naturel vous ne deveniez bientôt l'objet de l'affection universelle; si vous y êtes une fois parvenu, votre voie