LIVRE II. — LETTRE NEUVIÈME
sera plus aisée, et vous recueillerez des fruits plus abondants dans le ministère que vous remplissez à leur égard ; euxmêmes ils seront amenés plus aisément à la foi et au service de Dieu Notre-Seigneur. Accoutumez-vous à tolérer avecune patience infinie leurs faiblesses et leurs péchés de fragilité ; concevez d'eux^par un espoir charitable, cette pensée que, s'ils ne sont pointbons encore, ils peuventle devenir unjour. Et s'il arrive que vous ne parveniez pas entièrement à les faire venir où vous auriez le désir de les voir , ne vous repentez pas de vos efforts, et contentez -vous d'aussi peu que vous leur aurez fait produire. Ainsi moi-même je me console en de semblables peines.
Que Dieu, Notre-Seigneur, soit toujours avec vous, et qu'il nous accorde sa grâce, afin que nous le servions toujours fidèlement. Adieu, " ^
De Manapare, le 20 mars 154^.
Votre û^ère en J.-C,
François.
A François de Mandas.
Mon très-cher frère en J.-C, - -- .^
Je ne saurais j amais vous exprimer en paroles le désir ex- , trême que je ressens de vous aller visiter sur cette côte. Je vous renouvelle la très-sincère assurance, que, s'il s'offrait aujourd'hui l'occasion d'un vaisseau faisant voile pour votre contrée, je partirais à l'instant même. Trois Indiens nobles de la suite du roi de Travancore viennent de se présenter à moi, pour se plaindre d'un Portugais qui, d'après leur récit, aurait enlevé dans Patane un serviteur du prince IniquitrDiirim (1) , et l'aurait conduit chargé de
(1) Iniquitribirim, nom du roi de Travancore.