‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 161 sur 759 · LITRE II. —LETTRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LITRE II. —LETTRE NEUVIÈME

lui d'une manière efficace , afin de faire mettre , à l'heure même, le malheureux en liberté : que le Portugais qui l'a fait prendre vienne exposer sa réclamation ou sa plainte, on lui fera droit de manière à le satisfaire légitimement.

Les Portugais trouveraient-ils naturel, si un Indien se trouvait avoir un différend avec quelqu'un d'entre eux, que cet Indien enlevât un Portugais à main armée , et l'emmenât chargé de liens sur la terre ferme ? En aucune façon. Tels doivent être les sentiments des Indiens : pourquoi leur ferions-nous éprouver le traitement que nous ne voudrions pas en éprouver nous-mêmes ? Pourquoi nous étonner s'ils s'irritent de l'offense qu'ils ont reçue, ainsi que nous le ferions nous-mêmes? S'ils nous refusaient une réparation, cet attentat serait de notre part plus excusable. Mais quand à cette heure ils témoignent leur intention de nous rendre bonne justice, quand ils observent avec fidélité le droit des gens, et qu'ils font paraître dans leurs relations de commerce un esprit pacifique et équitable, quelle excuse plausible serions-nous en droit d'alléguer? De quelle apparence un peu spécieuse pouvons-nous couvrir la tache honteuse de notre infidélité dans notre parole , de notre violation du droit ? Si quelque obstacle insurmontable vous arrêtait et vous empêchait de vous mettre en chemin immédiatement, envoyez Paul Vaz vers le gouverneur avec une lettre^de vous. ^^

Je vous l'affirme de nouveau, je me sens plus ému de ce message, que je ne pourrais vous l'exprimer dans une lettre. Que Dieu Notre-Seigneur nous donne assez de force d'esprit, pour que nous puissions supporter avec toute la patience nécessaire des désordres et des excès de cette nature! Quoique je connaisse toute cette affaire par des rapports très-dignes de foi, ne manquez pas, je vous prie, de m'en écrire très-exactement toutes les circonstances, ainsi que vous les aurez connues par vous-même. Est -il vrai que le Portugais se soit emparé de l'esclave du roi de Tra-

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