LIVRE II. —LETTRE ONZIEME
batour (1) pour en catéchiser les habitants, et il ajoutait qu'il désirait se rapprocher de tous, en choisissant un lieu voisin de votre résidence. Peut-être était-ce alors son intention : mais je ne sais s'il y aura persisté, car vous n'ignorez pas combien il est inconstant, et qu'il tourne atout vent ; quoi qu'il en soit, s'il va vous trouver, je ne pense point qu'il soit utile de perdre votre temps dans des conversations avec lui.
J'ai écrit au gouverneur afin qu'il nous procurât le nécessaire. J'ai également prié Manoël da Cruz de vous avancer des fonds, toutes les fois que vous en éprouverez le besoin, et il m'a charitablement promis de le faire. Conservez soigneusement votre santé, qui est un instrument nécessaire, afin de pouvoir servir Dieu Notre-Seigneur avec autant d'éclat que vous le faites. '
Vous direz à Mathieu que j'exige absolument qu'il vous obéisse, et qu'il vous soit scrupuleusement soumis en toutes choses ; je veux qu'il observe cette loi. Ainsi que je l'ai souvent promis, je lui serai comme un père et une mère , s'il se concilie votre faveur ; autrement, et si vous ne me rendez pas un compte excellent de sa docilité , je ne me croirai point obligé de m'occuper autant de lui, et de penser auant à ses intérêts. Je vous prie en même temps de lui fournir libéralement tout ce qui lui est nécessaire pour se vêtir.
Dans la visite des hameaux isolés qui vous occupe à cette heure, voici la conduite que je vous recommande : dès votre arrivée dans une place, vous ferez rassembler tous les hommes à un jour indiqué, et toutes les femmes à un autre jour : vous les instruirez séparément de ce qu'ils ignorent au péril de leur âme, et vous ne vous contenterez pas de leur faire réciter de mémoire, dans l'assemblée, les prières que, d'après la coutume de l'Église, tous les chré-
(1) Petite province à l'ouest du Malabar, au centre de la presque île de l'Inde, par Je J l" de lat, ::.