‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 171 sur 759 · LIVRE II. — LETTRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LETTRE QUATORZIÈME

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Je vous en prie de nouveau , et je vous en conjure , ne vous irritez point contre cette malheureuse nation, quand il arrive que par ignorance ou par faiblesse elle provoque vos mécontentements. Je sais combien c'est un inconvénient pénible d'être dérangé d'une affaire à laquelle on est tout entier livré, par des gens qui veulent vous occuper d'autres affaires qui leur sont entièrement personnelles. Mais sachez, pour ainsi dire, digérer ces importunités, conservez la sérénité de votre âme , et prêtez-vous avec douceur à ces occupations qui vous surviennent à contre-temps de divers côtés , de manière à faire tout ce qu'il vous est donné de faire; et négligez seulement ou différez, avec une entière égalité d'humeur, ce qui se trouve au-dessus de vos facultés présentes : tout en prenant soin de contenter par de bonnes paroles ceux que vous ne pouvez satisfaire par des actes ; excusez-vous avec bonté : dites que votre pouvoir n'est point égal à votre bonne volonté dans leur intérêt; enfin, ce qui souvent console de n'avoir pas obtenu, donnez une espérance au lieu d'une impossible réalité. Vous devez une extrême reconnaissance à Dieu Notre-Seigneur, et je vous invite à la lui témoigner , de ce qu'il vous a mis en cette place, où, si vous vouliez être oisif, vous n'en auriez pas le pouvoir : telle est, en effet , l'infinité des soins qui vous pressent de toutes parts , qu'ils ne laissent aucune de vos heures sans occupation; mais ce qui relève et rend délicieux votre travail, si grand qu'il soit d'ailleurs, c'est que toutes ces œuvres ont évidemment pour objet le service de Dieu Notre-Seigneur.

J'envoie Pierre auprès de vous. Ayez soin de votre côté : de nous renvoyer Antoine aussitôt qu'il ^sera rétabli, c'està-dire dans six à huit jours, s'il se renoNgt comme nous l'avons pensé. J'ai écrit à Manoël da Cruz une lettre^ très-pressante, et, tant par raisons qu^ par prières, je le soUicite vivement de hâter la construction de l'église. Dès que l'une de ces barques que l'on appelle des tones ferai voile pour venir ici , vdtas la chargerez de m' apporter ma

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