CHAPITRE DEUXIÈME (1 542-1 SZjZi
avoir expliqué par interprète les principales vérités de la religion, je vis bientôt en elle les effets de la grâce divine. Lui ayant demandé si elle voulait recevoir le baptême, je reçus de sa bouche un consentement plein de foi, et après avoir récité sur elle un Évangile, je lui conférai le baptême, et sur l'heure elle se trouva délivrée. Le père de la famille, ses enfants, et le nouveau-né furent baptisés tous ensemble. »
Bientôt, les autres habitants du village, sommés par Xavier au nom de Dieu et en présence de ce miracle, de croire aux vérités qu'il leur annonçait, demandèrent tous à se faire instruii'e, et reçurent également le baptême.
En peu de jours, Xavier rédigea dans la langue du pays les instructions élémentaires de la religion, et lui-même rapporte en ses lettres la forme de ce travail et les usages de son enseignement {Lettres, I, 78). Secondé, comme toujours, par les enfants, il s'adjoignit encore des catéchistes, pris dans les chrétientés, qui présidaient à l'entretien des églises et à l'instruction des fidèles.
k cet égard, les historiens racontent une touchante anecdote. Les 4,000 fanons, qui furent attribués par le roi aux honoraires des catéchistes, provenaient d'un revenu personnel à la reine Catherine, et qui devait défrayer la dépense de ses chaussures. Le P. Xavier écrivit, dit-on, à cette grande princesse une lettre qui malheureusement ne s'est point conservée. Il suppUait la reine de faire abandon de cette somme annuelle en faveur des catéchistes chargés d'enseigner la doctrine chrétienne aux enfants de la Pêcherie. « Ces jeunes chrétiens, » disait le Père, «qui sont les fds et les descendants des gentils, seront, madame, les chaussures qui introduiront votre altesse, de la manière la plus assurée et la plus parfaite, dans le royaume des cieux. « La reine était digne, en effet, de comprendre ce langage, et elle accorda sans peine la faveur sollicitée par le Saint.
Tous les matins, revêtu d'un surplis et précédé d'un enfant qui portait la croix, le Saint parcourait le village où il se trouvait, demandant à la porte de chaque maison s'il s'y trouvait des malades à visiter, des morts à enterrer, des enfants ou d'autres personnes à baptiser. Ces occupations employaient les heures jusqu'au miUeu du jour ; après midi, Xavier donnait audience aux chrétiens, jugeait leurs différends, apaisait leurs querelles, réglait leurs