LIVRE II. — LETTRE YINGT-DEUXIÈME
et VOUS le répète encore : j'ai bien plutôt compassion de èeaxquisefontles adversaires de Dieu, que je ne désire appeler sur leur tête, déjà par elle-même dévouée au malheur, un châtiment qui accroîtrait leur infortune. Toutefois la vengeance, sans que nous l'appelions, ne saurait manquer d'arriver en son temps : ne sommes-nous pas témoin des effroyables supplices que Dieu finit par infliger à ses ennemis, lorsque nous considérons en esprit ces feux inextinguibles de l'enfer, qui dévorent une infinité de pécheurs, par des ardeurs sans mesure et sans fin.
Le brahme au sujet de qui je vous ai écrit hier, se rend auprès de vous, porteur des ordres du roi pour les Badages; vous vous emploierez tout entier, je vous en conjure, afin de lui faire trouver promptement un navire, qui le transporte avec sécurité et en peu de temps à Tutucurin. Je vous conjure aussi , au nom de votre amour pour Dieu, de m'écrire immédiatement tout ce qui se passe, ou qui se sera passé dans cette place. Parlez avec les plus grands détails du gouverneur, des Portugais, des chrétiens de Tutucurin, si vous avez à cœur d'alléger ma vive inquiétude.
Saluez très-amicalement de ma part Jean d'Artiaga, ainsi que Manoël da Cruz. Dites à Mathieu qu'il ne doit pas croire qu'il travaillée en vain: je lui prépare un sort plus heureux, qu'il ne peut le prévoir et même le désirer.
Que Notre-Seigneur soit toujours avec vous! Amen.
De Manapare, 1^ 20 août i5hU. ,
Je vous prie, pour l'amom' de Dieu, de veiller à ce que le brahme n'éprouve aucun retard pour mettre à la voile. Priez le gouverneur de l'accueillir gt de le traiter avec égards, de lui faire ent^pidre de borinps paroles , et de lui montrer un visage ami.^: - - > V»
Votre frère tïès-affectitïi
François.
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