E II. — LETTRE VINGT-TROIS
« LETTRE XXITI.
A François de Mandat.
'Il
Mon très-cher frère en J. -C. ,
Que Dieu continue toujours de vous assister! Amen.
Votre dernière lettre m'a rempli de joie, en me donnant plusieurs nouvelles que je désirais vivement et qui m'ont été très-sensibles. J'attends encore de votre part une autre nouvelle, celle que votre peuple et toute la contrée sont entièrement délivrés des Badages, et je désire que vous m'en instruisiez, aussitôt que vous pourrez le faire avec vérité. Alors, et le danger étant passé, et lorsque vous n'aurez plus sujet d'entendre les gémissements du peuple parmi lequel vous vivez, vous pourrez vous rendre où vous invitent l'espérance fondée et l'occasion certaine devons occuper avec de grands fruits pour le service de Dieu. En vous y envoyant, je ferai remplir votre place et exercer votre ministère par François Coelho. Ainsi vous partirez sans inquiétude , en laissant parmi tout le monde une excellente opinion de vous-même, et vous vous rendrez où vous appelle le principal intérêt de la gloire de Dieu; vous irez baptiser les indigènes de Careapatana , et remplir les autres fonctions du ministère apostolique auprès des Caréens de Beadale (1), et du gouverneur de ce pays, que l'on désigne ordinairement par le titre de Mudaliare ('2). Le gouverneur de la province de Negapatam (3) jouit de beaucoup de crédit et de faveur auprès du roi de Jafanapatam, de qui la domination s'étend sur les îles de Manar ; et d'après ses dispositions, on est en droit d'espérer qu'il voudra bien protéger cette province auprès du souverain. Aussitôt donc que les po^ pulations parmi lesquelles vous vivez seront dans une en-
(1) Beadale, île près-de Manar. ' ^jt
(2) Mudaliare, voir lettre 9, note. *,, ^^
(3) Negapatam, port du Carnatiqqe, par 10" 45' lat. N.
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LifRE II. — LETTRE VINGT-TROISIÈME.