‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 185 sur 759 · LIVRE IL— LETTRE VINGT- QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IL— LETTRE VINGT- QUATRIÈME

plus nécessaire d'être instruit à fond de toute cette affaire, que de sa connaissance dépend notre départ pour aller auprès du roi. En effet, si l'attentat a eu lieu véritablement, et de la manière que l'on dit, je crois qu'il est à propos d'ajourner notre voyage, et de ne point nous présenter à cette cour; notre visage serait odieux à des gens plein&du souvenir d'un attentat sans excuse : qiii ignore que dans tout ce royaume, et surtout dans la maison du prince, on considère que c'est le crime le plus abominable de la part d'un étranger, de porter une main violente sur le serviteur d'un souverain puissant, au milieu même de ses domaines, surtout lorsque ce prince se conduit très-différemment envers nous? Tout récemment encore, il a reçu le P. François Coelho avec les plus grands égards, et lui a accordé les grâces les plus étendues dans l'intérêt de nos chrétiens ; il s'est montré si favorable envers les chrétiens par l'effet des recommandations de ce Père, qu'afin de lui témoigner avec plus d'éclat toute sa considération, il a, de son plein mouvement, créé Patangats quatre de nos chrétiens Manaparois, et ce, sans aucuns frais pour eux, et sans aucune dépense pour le peuple ; il a formellement interdit d'exiger aucun argent en cette occasion, ainsi que c'était la coutume du temps des Pules. Ailleurs, il a créé trois autres Patangats, sans aucuns frais pour les habitants, déclarant avec unebonté parfaite qu'il agissait en toute cette affaire, afin de favoriser le P. Coelho qui l'était allé visiter, comme je vous l'ai dit.

Je vous en supplie, au nom de tout votre amour pour Dieu, écrivez au gouverneur la lettre la plus précise que vous le pourrez faire, en mon nom, s'il le faut, et diteslui que je le conjure très-instamment, s'il a pour moi quelque amiti(é, de s'abstenir, pendant tout ce mois de septembre, de persécuter ou de faire souffrir, en quelque manière que ce soit, les sujets du principal souverain de la contrée, et de ne permettre à aucun Portugais de leur faire éprouver la moùidre injure durant le même intervalle.

ir-/.,

Isa

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