LIVBE IL— LETTRE VINGT-QUATRIÈME
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Domiez-lui ce motif, qui est en effet très-réel, que nous avons trouvé ces sujets du roi de Travancore mieux disposés et plus dociles que les autres populations, en ce qtii se rapporte aux intérêts de la religion et à la sécurité des chrétiens. Si le gouvernem' s'en rapporte à ma parole, je ne doute point que ce motif ne soit très-puissant pour obtenir qu'il ne fasse aucun mal à des gens qui méritent si bien dé nous. Vous connaissez aussi la principale raison qui me fait désirer une sorte de trêve pour toute la durée de ce mois; vous n'ignorez pas que, pour de graves affaires de religion, je veux profiter de ce temps pour visiter le roi, et toute voie me serait fermée, si nos compatriotes lui donnaient de nouveaux motifs de plainte : j'en serais très-vivement affligé.
Toutefois, ainsi que je vous l'ai dit, je ne suis pas absolument fixé sur ce voyage : j'attends les nouvelles relatives à cet enlèvement d'un serviteur du roi, et je veux savoir ce que l'on peut alléguer afin de le justifier. J'attends avec sollicitude; une lettre de vous : si son contenu répond à mon désir, je me mets en voyage sans délai, et je m'embarque pour aller d'abord à Gochin ; mais cette lettre sans laquelle je ne sam^ais prendre une décision, je ne voudrais point qu'elle fût de votre main, ou parût écrite en votre nom. Vous m'avez dit, je me le rappelle, que vous aviez à cet égard certains détails à me communiquer, et que vous ne le pouviez faire que verbalement et en présence. Je suppose que ce sont quelques faits regardant le gouverneur lui-même ou les Portugais, ou bien encore les chrétiens indigènes, et je sais combien il importe, afin que l'on puisse remédier au mal, qu'une pareille confidence n'ait point lieu dans une lettre; si elle était interceptée, vous seriez un objet de haine pour les personnes avec qui vous vivez. Je loue fort votre précaution, et néanmoins comme nous n'avons point à cette heure la faculté de nous réunir, et que dans les circonstances où je me trouve, je ne saurais m' empêcher de vouloir connaître les détails des faits, j'exige que vous
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