‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 188 sur 759 · LIVRE Jl. — LETTRE VINGT-ClNQUIÉME · texte numérisé non relu

LIVRE Jl. — LETTRE VINGT-ClNQUIÉME

sistent de tout leur zèle, dans cet office et dans ce devoir de charité vis-à-vis du gouverneur : qu'ils chargent abondani- - ment toutes les barques dont ils pourront disposer, des provisions nécessaires en pareille circonstance, surtout d'eau bonne à boire, 'dont on sait combien les îles sont dépourvues ; je désire que l'on envoie le plus grand nombre de barques que l'on pourra, et qu'il y en ait assez pour transporter sur le continent cette i'oule immense de personnes de tout âge, que le môme orage, qui a frappé le gouverneur, a fait s'exiler sur ces rochers inhospitaliers.

J'irais moi-même, et vous laisserais à Punicale, si je croyais que ma présence fût agréable au gouverneur ; mais U s'est récemment déclaré mon ennemi, dans une lettre pleine d'accusations odieuses, où se trouvait, entre autres, ce passage : qu'il ne pouvait, sans un très-grand scandale, faire le récit de tous les maux dont il me savait l'auteur àvson égard. Dieu et les hommes savent si je lui ai jamais fait aucun mal, surtout de nature telle, qu'on ne saurait le rappeler sans scandale. Mais ce n'est point ici l'heure de me justifier ou de me plaindre : ce qui est essentiel, et qu'il suffit de comprendre, est que, d'après ses dispositions envers moi, je dois éviter, dans son intérêt môme, de le rencontrer et d'offrir à ses yeux ma personne, qui lui serait si odieuse dans l'excès de son malheur ; ce serait ajouter une nouvelle amertume à ses autres maux; c'est la cause principale qui me fait éviter sa présence, quoique j'en aie d'autres encore qui m'empêchent de faire le voyage. Je vous prie , au nom de Dieu, de me suppléer en cette occasion avec une charité sans bornes.

J'écris aux Patangats de Goïmbatour et de Eembare, de rassembler immédiatement toutes les barques qui seront à leur disposition, de les charger d'eau et de provisions, et d'accourir à la place où est le gouverneur. TA vous, au nom du désir que vous éprouvez de vous rendre agréable à Dieu, mettez tout votre zèle à cette œuvre, et surtout n'ayez jamais à regretter d'avoir manqué de faire les

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