LIVRE II. — LETTRE VINGT-HUITIÈME
c'est-'à^dire à deux lieues de Manapare. Il en a reçu l'accueil lé plus bienveillant. Le motif que j'avais , en l'envoyant, était l'espérance que j'avais conçue de ramener le calme au sein de cette contrée, qui se trouve en proie ù tous les tourments de la crainte, et comme anéantie par les terribles menaces des Badages. Je voudrais, avant mon départ de ce pays, laisser à ses populations affligées, sinon une paix entière, au moins quelque trêve dans leurs épreuves. Le prince a dit à Coelho que Beterbemale faisait de grands préparatifs pour aller attaquer, par mer, le souverain, et se proposait de lui offrir la bataille. J'avais un autre motif pour envoyer Coelho , c'était d'obtenir du prince des lettres pour les Adigares : afin de leur faire ordonner de laisser exporter le riz et les autres denrées nécessaires à la vie. Le même mercredi dans l'après-midi, j'ai reçu votre lettre, et j'ai de suite fait partir une personne sûre , pour aller vers le P. Coelho, avec une lettre que ce Père doit remettre de ma part au prince : je prie ce seigneur d'écrire lui-même aux Adigares de votre contrée, afin qu'ils ne continuent point, ainsi qu'ils l'ont fait jusqu'à présent, à empêcher le transport des vivres à Punicale , et afin aussi qu'ils cessent de faire souffrir les chrétiens, et qu'ils se montrent bienveillants à leur égard; enfin, je mets tout en œuvre pour ramener, si je le puis , quelque tranquillité sur ces tristes rivages, avant de m' éloigner pour aller vers Iniquitribirim. J'espère revenir armé d'uûe protection efficace , dérivée de l'autorité royale elle-même, et suffisante pour vaincre l'injustice de ces Adigares. Demain matin, j'écrirai au gouverneur; car à cette heure, le temps ne m'en est pas laissé , par l'empressement que j'ai d'expédier le courrier. J'attends cette nuit même François Coelho. Demain matin, je me propose de vous envoyer une lettre plus étendue. Je vous prie de saluer de ma part Paul VaZjât de dire à Mathieu quey écris à Manoël da Cruz de lui compter dou^e fanons qu'il m'a demandés pour son père, et pour sa sœur qui est pauvre.
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