‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 198 sur 759 · U"^^ II. — LETTRE TRENTIÈME · texte numérisé non relu

U"^^ II. — LETTRE TRENTIÈME

A François de Mandas.

Je TOUS prie et je vous conjure très-instamment, mon bien-aimé frère, de témoigner à cette nation, et principalement aux adultes et aux vieillards, une tendresse et une charité plus qu'ordinaires, et de rechercher en même temps la bienveillance et l'amour de tous. Soyez en effet convaincu que si vous en êtes aimé, vous dirigerez les esprits selon vos désirs. Supportez avec une sage indulgence leurs infirmités et leurs faiblesses , et considérez, dans l'intérieur de votre âme, que si ce peuple n'est point I encore tel que vous le désirez, avec le temps il le devien- ' dra. Si vous ne pouvez en obtenir tout ce que vous lui demandez, acceptez ce qu'il vous donne, ainsi, vous le savez, que j'avais coutume de le faire. Soyez vis-à-vis de tous, et montrez-vous à tous dans la disposition d'un bon père envers des enfants ingrats, et ne cessez jamais de vous occuper de leurs intérêts, quoique vous les voyiez remplis encore d'une infinité de misères. Dieu lui-même , si souvent offensé par ces peuples et par nous-même, ne cesse point pour cela de nous combler de ses bienfaits : sa justice aurait le droit de nous réprouver, mais sa clémence lui fait détourner la vue de nos offenses, et le porte à nous assister au milieu de nos maux, vainquant ainsi, en notre faveur, le mal parle bien (1). Si vous ne pouvez tout ce que vous voulez, contentez- vous de vouloir ce que vous aurez pu, puisqu'il n'a pas dépendu de vous d'accomplir votre volonté tout entière. Si la multitude de vos occupations vous paraît telle qu'elle surpasse vos forces, accomplissez tout ce qui ^st en ce pouvoir, et tenez-vous satisfait. En même temps, rendez grâces à Dieu de ce bienfait spécial de sa

(1) Rom., XII, 21.

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