LIVRE II. — LETTRE THEJNTE-ET-UNIÈME
Je vais me rendre au Travancore pour entretenir le viceroi. J'irai par terre jusqu'au cap Gomorin, et je visiterai sur ma route les villages chrétiens, afin d'y baptiser les nouveau-nés. Veuillez beaucoup prier Dieu pour moi, et faire prier également les jeunes élèves que vous instruisez dans la doctrine chrétienne. AfTermi par ce secours, je mépriserai sans peine les périls que mes amis me font entrevoir, afin de me détourner de la voie de terre ; car ils me représentent la contrée qu'il faut traverser, comme hostile au nom chrétien, et surtout à moi-même ; .mais je ne fais ici que répéter leurs discours. Souvent, je m'ennuie de vivre, et je trouve qu'il vaut mieux mourir pour la religion que de vivre en présence de tant et de si graves injures commises contre la majesté de Dieu, lorsque surtout je ne puis m'opposer à ce que je ne saurais m'empêcher de voir. Mais pour cesseï' de le voir et de l'entendre, je voudrais passer en Ethiopie, dans les États du prêtre- Jean, où l'on peut rendre à Dieu de si éminents services, sans rencontrer d'adversaires. Toutefois, rien ne me fait autant souffrir que de ne point résister avec assez de zèle à ceux qui, vous le savez, attentent à la Majesté divine. Que Dieu, dans son infinie clémence, daigne leur faire miséricorde; en inême temps, je le prie ardemment de demeurer avec vous, et d'accompagner mes pas. Adieu.
De Manapare, le 8 novembre 15/i4.
Votre frère très-affectionné en J.-C.
François.
LETTRE XXXI
A François de Manclain.
Mon très-cher frère en J.-C. ,
J'étais descendu à Manapare, et j'étais sur le point de me rendre auprès d'Alexis de Souza , lorsque j'ai vu venii'
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