LIVRE III. —LETTRE DEUXIÈME
la Conipagnie tout entière m'ont obtenu de Dieu d'être délivré de dangers immenses et infinis. Je vous écris ainsi pour que vous connaissiez quels hommes nous sont nécessaires. Que si vous voyez quelques-uns de ces sujets assez forts pour résister à toutes les fatigues dont 3 'ai parlé, mais hésitant peut-être à courir le péril de la vie , envoyez-les néanmoins ; il ne manque pas ici de régions où, sans danger de mort, ils pourront servir la cause de lareligiion. Souvenez-vous toujours que, pour gagner ces infidèles, il n'est pas besoin d'une grande science. Des confrères tels que je les demande, après un séjour de quelques années dans ces contrées , recevront d'en haut les grâces nécessaires pour entreprendre des œuvres plus considérables. Envoyeznous aussi 'des sujets capables d'entendre les confessions, et défaire pratiquer les exercices spirituels, lors même qu'ils ne pourraient supporter de plus grands travaux. Ils résideront à Goa ou à Cochin , et dans ces villes ils pourront servir utilement la religion , et il ne leur manquera rien dans leurs besoins ; ils seront comme en Portugal. En effet , dans les villes peuplées de familles portugaises , les remèdes nécessaires à la faiblesse et à la maladie ne leur feront point défaut ; et dans les deux places dont je parle, on trouve assez de médecins et de médicaments ; tandis que dans les autres lieux , où les Portugais ne se sont pas encore établis , tels que ceux que nous parcourons à cette heure, les malades ne doivent espérer aucune assistance. Dans les deux cités de Goa et de Cochin, on pourra rendre d'éminents services, en faisant pratiquer aux habitants les exercices spirituels.
Il y a quatre ans que nous avons fait voile du Portugal , et pendant cet intervalle, je n'ai reçu de vous qu'une lettre, écrite de Rome, ^t deux du P. Simon, du Portugal. Je désire ardemment, mon Père, recevoir, chaque année, quelques nouvelles de vous et de tous nos frères. Je ne doute point que vous ne m'écriviez vous-même tous les ans, ainsi que je le fais pour vous ; mais je crains que les lettres