‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 226 sur 759 · LIVRE III. —LETTRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE III. —LETTRE QUATRIÈME

pécheur ; plusieurs cependant répudient, avec un cœur endurci, la vérité qu'ils ne sauraientméconnaître. Lorsque mon instruction est terminée, je demande en particulier à tous ceux qui sollicitent le baptême, s'ils croient, sans hésiter, à chacun des articles de la Foi; tous, les bras en croix, déclarent ensemble qu'ils y croient sans réserve. C'est seulement alors que je les baptise solennellement, et je donne à chacun son nom écrit sur un billet. Après leur baptême, les nouveaux chrétiens se retirent dans leurs maisons, et nous ramènent leurs épouses et leurs familles , pour être, à leur tour, préparées au baptême. Tous étant baptisés, j'ordonne de renverser en tous lieux les temples des faux dieux et de briser toutes les idoles. Je ne saurais rendre par la parole la joie que j'éprouve de ce spectacle , en voyant renverser et détruire les idoles, par ceux-là mêmes qui naguère les adoraient. Dans tous les bourgs et villages, je laisse un abrégé delà doctrine chrétienne, écrit dans la langue du pays, et je prescris en même temps la manière dont la doctrine doit être enseignée dans les leçons du matin et du soir. Ai-je terminé ce travail dans un lieu, je passe dans un autre , et ainsi successivement. Je parcours de môme tout le pays , obligeant les indigènes à entrer dans le bercail de J.-G. ; et ma joie est bien plus vive que je ne saurais l'exprimer dans des lettres, ou par des paroles.

L'île de Manar (1) est éloignée d'ici d'environ 150 milles; ses habitants m'ont envoyé quelques-uns des leurs, pour me prier de vouloir bien me rendre auprès d'eux, afin de les baptiser, parce qu'ils sont résolus de se faire chrétiens. Je n'ai pu me rendre à leur désir, étant retenu par des affaires d'une extrême importance , et qui intéressent au plus haut point la religion. Mais j'ai obtenu d'un vénérable prêtre qu'il irait à ma place , aussitôt qu'il le pourrait,

(I) Manar (le détroit de) sépare Ceylan du Carnatique. Manar (l'ile de), dans le détroit de ce nom, a 18 milles de longueur, sur 2 milles 1/2 delai-geur; elle appartenait au roi de Jafanapatani.

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