LIVRE HT. — LETTRE CINQUIÈME
positions, — cette moisson déjà mûre me permet de le dire, — que dans cette année même j'aurai fait entrer plus de cent mille chrétiens dans l'Église. Priez le maître de la moisson afin qu'il envoie des ouvriers dans son champ. S'il est des personnes que le désir d'étendre le culte divin, et de propager la religion, attire dans ces contrées, où déjà les campagnes blanchissent, et sont prêtes pour la récolte ; elles recevront de la part des Portugais un accueil non-seulement bienveillant, mais affectueux, et trouveront parmi eux tout ce qui leur sera nécessaire. La nation portugaise est, en effet, si passionnée pour l'extension de la foi chrétienne, que, n'existât-il point d'autres motifs, sans contredit leur zèle ardent, et leur amour si dévoué pour notre Compagnie, devraient attirer ici plusieurs d'entre vous. A cette heure , que nous reste-t-il à faire , lorsque vous voyez les esprits de ces peuples si favorablement disposés pour recevoir la semence évangéUque? Que Dieu vous révèle sa très-sainte volonté, et vous donne en même temps les forces et le courage nécessaires pour l'accomplir: que, dans sa Providence, il envoie dans ces contrées un très-grand nombre d'entre vous !
De Cochin, le 8 février 1545.
Le dernier de vos frères , et le plus délaissé.
François.
An P. Francolii de Manelas.
Mon très-cher Père et Frère ,
Dieu, qui est le témoin de mes sentiments les plus intimes,
sait combien je serais plus heureux de vous entretenir de
vive voix que de le faire par lettre , et je vous exprimerais
de parole, avec une attention plus précise et d'une manière