LIVRE III. —LETTRE CINQUIÈME
plus complète, la forme et les errements que vous devez suivre dans les travaux de votre ministère et dans votre propre direction : vous vous acquitteriez ainsi plus parfaitement des éminents devoirs dont vous êtes chargé , qui sont de servir Dieu Notre-Seigneur , par la sage administration de cette nouvelle église ; votre vigilance serait plus absolue, et de tous points irréprochable , sur ce tendre troupeau de chrétiens nouvellement entrés dans la bergerie de J.-C. Je vous envoie néanmoins ces avis abrégés, et dans la mesure qui me paraît utile, parce que j'ignore ce qu'il doit advenir de moi ; et je me vois obligé de prendre avantage de la première occasion qui se présente , de vous donner ces conseils.
Que Notre-Seigneur nous accorde bientôt, ainsi que nous le désirons ardemment , et que nous l'attendons depuis un long temps, la grâce de connaître, par quelque signe évident, sa très-sainte volonté, touchant les pays et les circonstances où il préfère que j'emploie mes efforts, et où ces efforts lieront plus utUes pour les intérêts de son divin service : ^Ous sommes prêts à lui obéir au moindre signe, et disposés par sa grâce à accomplir immédiatement tout ce qu'il nous aura montré plus conforme à ses intentions sur nous, quelle que soit l'étendue de ces devoirs. Dieu souvent a de merveilleux moyens de manifester ses desseins; ses secrètes impressions pénètrent au fond des âmes , et les illuminent par de célestes rayons ; il ne reste aux âmes où cette lumière s'est révélée, aucune incertitude sur la voie et sur les œuvres qui leur sont destinées parles conseils de la Providence. On a dit, avec une parfaite vérité, des êtres humains qui passent sur cette terre, que, pour être dans la condition et dans la loi de leur nature, ils se doivent considérer comme des étrangers et des voyageurs, sans se laisser captiver par aucune attache aux lieux et aux objets, afin de se sentir affranchis dans leur vol, et prêts à se porter où les appelle le but de leur existence et la raison suprême de leurs espérances. Ainsi notre âme doit être toujours pré-