LIVRE III. — LETTRE CINQUIÈME
parée, et comme debout, pour aller d'un empressement égal au milieu des contrées, et dans les occupations les plus diverses et souvent les plus opposées. Son ardeur doit savoii' tout accepter, et voler où la dirige l'apparente volonté de celui dont elle reçoit sa mission , au levant, au çouciiant, au midi et au nord, partout indifféremment. Son élection est déterminée uniquement par l'intérêt et par les fruits plus ou moins évidents qu'offrent ses entreprises pour la gloiredivine. , ; :':i ■- ■ - •-' ^^'
J'ai appris par des témoignages certains qu'il s'ouvraîi dans les parages de Malacca une vaste porte à l'Evangile, et qu'il s'y révélait un champ où nos efforts paraissent devoir être employés avec les chances les plus favorables de servir Dieu très-utilement; car il y manque des ouvriers pour une moisson déjà mûre : il est donc évident que si, dans ces pays, un grand nombre de prosélytes n'accourt pas au sein delà religion de J.-C, la cause unique en sera que personne ne les aura appelés. Je vous l'avouerai, cette occasion, qui s'offre à moi d'accroître le royaume de J. -G. et d'étendre les limites de l'Église , m'attire singulièrement ; mais je me sens retenu par les affaires de Jafanapatam, encore indécises, et dont l'issue ne peut être prévue. G'e.§y.e seul motif qui me fait délibérer, et qui retarde mon départ pour Malacca ; si le temps en amène la conclusion, — j'espérais que ce devait être pour le courant du mois de mai, — je me rendrai sur-le-champ à Malacca; et si je puis être assuré que Dieu veut bien se servir de mon ministère , j'irai dans les îles de Macassar , où l'on nous dit que plusieurs personnes ont embrassé récemment la loi de J.-G, ; on nous a même écrit que le souverain de ces contrées avait demandé des prédicateurs de l'Évangile , et je crains qu'il n'en ait point obtenu en effet, car je ne pense -gas que l'on ait trouvé personne en état de s'acquitter de ce ministère. Si, je le répète, j'ai pu décider avant la fin dè'mai ^ue je dois me rendre à Malacca, je ne mettrai point à la voile avant d'avoir fait partir un courrier pour le seigneur gouverneur, afin de