‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 25 sur 759 · CHAPITRE TROISIÈME (15ii5). ' LUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME (15ii5). ' LUI

obtenii' de Dieu qu'il Ot miséricorde à ce peuple. En effet, après trois jours, le fléau avait cessé, et tous les infidèles de la contrée demandèrent le baptême.

Mais la flotte portugaise^, à peine rassemblée, se retira sans avoir rien entrepris. Des v^ dîntérêt humain, le désir de se faire remettre, par le roi dé Jafanapatam, un vaisseau portugais naufragé sur ses côtes, agirent d'une façon toute -puissante sur les esprits des capitaines. Les ordres du gouverneur furent mis en oubli, et l'expédition de Jafanapatam fut abandonnée.

Le Saint quitta les parages de Ceyian en versant des larmes, et sa douleur prophétique annonça dès lors les châtiments que,' plusieurs années plus tard, D. Constantin de Bragance et D. Hurtado deMendoza infligèrent au tyran, qui péril misérablement avec son héritier, comme si la justice divine n'avait différé la peine que pour la rendre plus mémorable.

Le P. Xavier reçut alors des avis qui lui ouvrirent une mission nouvelle dans ces mers. Cette mission fut Macassar, dans l'île de Célèbes, à quarante lieues des Moluques, pays fécond en ivoire, en bois d'aigle et renfermant des mines d'or {Lettres, I, 176). En 1531, deux frères, indigènes de cette contrée, s'étant rendus à Ternate pour des intérêts de commerce, s'entretinrent sur la religion avec le gouverneur de cette dernière île, Antonio Galvam {Lettres, I, 215, note). Ce vertueux personnage les convertit à la foi chrétienne et leur fit prendre, au baptême, les noms d'Antoine et de Michel. De retour en leur pays , les néophytes y annoncèrent Jésus-Christ, et bientôt les Macassarais envoyèrent demander à Galvam des prêtres pour cultiver la chrétienté naissante. Galvam, n'ayant point de prêtre à leur envoyer, fit choix d'un soldat trèspieux, nommé Francisco de Castro, qui devait leur servir de catéchiste; mais Castro, jeté par la tempête sur un autre rivage, ne put parvenir à Macassar.

Plus tard, sous le gouvernement de Souza, un vertueux capitaine de.navire, Antonio de Païva, avait eu l'honneur, destiné d'abord à Castro, d'exercer un apostolat laïque envers les habitants de Macassar. Ayant abordé à Supa, contrée que les Mores de Java voulaient rendre mahométane, il eut l'occasion d'en entretenir le roi et de lui annoncer les vérités chrétiennes. Il passa à Sianî, autre Etat de Macassar, et, à l'audience du souverain, récita les dix Commandements de Dieu

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tlV VIE DE SAINT FRANÇOlS-XAVlER.

et les eîcpîiqna, non en théologien, mais avec les lumières que Dieu, dans des occasions pareilles, accorde aux simples fidèles (1).

Ses discours, comme une bonne semence, devaient produire en leur temps des fruits surabondante, Plus exercé, comme il paraît par l'histoire, dans le métier de&||^es (Jue dans le ministère dé la prédication, il ne laissa pas à'éîûpdvoir grandement ses auditeurs et d'en amener un grand TÏbiïïbre à professer la foi de Jésus-Christ : or, n'ayant point de prêtre avec lui, il baptisa de ses mains le roi de Supa, sous le nom de D. Luiz, la reine, son épouse, et ses principaux serviteurs; il baptisa de même le roi de Siam, sous le nom de Dom Joam, avec sa famille et ses officiers. Pâïva revint ensuite à Malacca, pour demander, au nom des habitants de Macassar, des prêtres pour dilater la foi dans leur île.

. Le P. Xavier pleura de joie à ces nouvelles, et se promit de ne point manquer à l'espérance d'une moisson si magnifique. Mais il voulut auparavant aller implorer les lumières de l'Esprit saint au tombeau de l'apôtre saint Thomas (2), le patron des Indes et le céleste protecteur de sa prédication , que le pape Paul III lui avait donné pour exemple, en lui accordant sa dernière bénédiction à Rome.

Xavier s'embarqua le 29 avril de cette année 1545, le dimanche du Lazare, c'est-à-dire le dimanche des Rameaux, sur le navire de Miguel Ferreira. Durant la première semaine de la navigation , le saint Père demeura constamment en prières et ne prit aucun aliment, si ce n'est le dernier jour. Alors une tourmente, pressentie et prédite par le Saint, s'étanl élevée, obligea Ferreira de regagner le port. Le Père résolut de faire à pied son pèlerinage, et sans craindre les populations hostiles qui occupaient l'intervalle entre les deux places, et les fatigues infinies de la route, il accomplit heureusement son passage, et parvint en peu de jours à la ville de MéUapour où Saint-Thomas.

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(1) On lui demandait qui étaient les saints : « Ce sont ces hommes, dit-il, qui, dans une chair mortelle, ont Yécu comme de purs esprits. «

(2) Le P. Xavier était t'rès-dévot à saint Thomas, et portait sur lui des reliques de cet apôtre dan| une boîte en cuivre ; ce reliquaire contenait trois papiers: sur l'un était le noîft d'Ignace, retranché d'une lettre de ce saint Père; le second contenait la forniule de la profession et des vœux de Xavier luimême j le troisième enveloppait une parcelle des ossements de saint Thomas.

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