‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 273 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE QUATRIÈME

femme, ses enfants, et toute sa maison. L'île entière ne renferme que sept villages de clirétiens, que j'ai parcourus, et où j'ai baptisé tous les nouveau-nés, et les enfants qui n'étaient point encore régénérés. Plusieurs dans le nombre ont quitté la vie peu de temps après leur baptême, de sorte qu'il parut évident que l'existence ne leur avait été conservée par Dieu, que jusqu'à l'heure où la vie éternelle devait leur être ouverte.

Vers le même temps, arrivèrent huit vaisseaux espagnols qui demeurèrent pendant trois mois. Je ne puis dire de combien d'occupations je fus accablé pendant tout ce temps : je prêchais afin d'exciter toutes ces personnes à une vie régulière et vertueuse, je les entendais en confession, je les visitais dans la maladie , et je les assistais à la mort, afin qu'ils sortissent de ce monde dans des sentiments de résignation et de confiance en Dieu: dispositions bien difficiles , à qui a toujours vécu dans le mépris des lois divines. Ces personnes -là meurent avec d'autant moins d'assurance, et d'espoir en la clémence de Dieu, qu'autrefois elles ont eu plus d'audace pour se plonger dans la fange de tous les crimes. Beaucoup aussi qui vivaient dans des inimitiés violentes , état qui n'est point rare parmi les gens de guerre, se sont, avec la grâce de Dieu, remis en bon accord.

Enfin, la flotte s'est dirigée vers les Indes, et moi-même, en compagnie de Jean d'Eyro, de qui je vous ai parlé, j'ai pris la route opposée, c'est-à-dire la direction des Moluques.

Au delà des Moluques, à la distance d'environ 200 milles, est une contrée appelée la terre du More , dont un gi'and nombre d'habitants professent, depuis de longues années, la religion chrétienne ; mais étant demeurés dans l'abandon, et laissés, pour ainsi dire, orphelins par la mort des prêtres qui les avaient instruits , ils sont retournés à leur ignorance et à leur barbarie primitives. C'est une terre pleine de périls , et surtout redoutable aux étran-

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