‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 276 sur 759 · LIVRE IV. —LETTRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. —LETTRE QUATRIÈME

tandis qu'il nous reste un délicieux souvenir du bienfait divin, qui nous excite jour et nuit à recevoir avec empressement, à souffrir avec énei^e, toutes les épreuves, pour l'amour d'un Dieu si bon : ce souvenir nonô porte à lui rendre hommage dans tout le cours de notre existence, et nous espérons que, dans sa clémence înânj^» il Qôus donnera les forces et le courage nécessaires pour le servir avec zèle et fidélité, en vue de ses miséricordes.

Lorsque j'étais à Malacca, je fis la rencontre d'un Tùarchand portugais qui revenait du riche empire.de la Chine. Il me raconta qu'un Chinois, homme respect^le et grave, qui avait lon^emps vécu dans la capitale , lui avait demandé si les chrétiens se nourrissaient de la chair du porc, et qu'il avait répondu que les chrétiens ne la rejettaient.pas; à son tour, il lui avait demandé le motif de cette question. Le Chinois reprit qu'il existait une nation, au milieu des montagnes de l'empire , qui différait entièrement d'avec les Chinois par les mœurs et par les institutions : elle s'abstenait de la chair de porc, et célébrait différentes fêtes avec une grande pompe. D'après le récit du marchand, je ne pus deviner si la nation dont le Chinois entendait parler, était de ces chrétiens qui allient les rites et les cérémonies judaïques avec les doctrines du christianisme, comme sont, à notre connaissance, les Ethiopiens des bords de la Mer-Rouge ; ou des pifs, dont il y a de répandus sur toute la face de l'univers : car l'opinion générale est que ce ne sont point des Sarrasins (1).

(1) C'était la colonie juive de Khaï-Fong-Fou , dont ont parlé les Mémoires des Missionnaires. En 1850, les Anglais ont envoyé vérifier son existence, par des émissaires indigènes. Deux ou trois familles subsistaient encore, sans pasteur et presque sans culte. Leurs livres sacrés, dont on put se procurer un exemplaire, étaient incomplets cfê: toute la partie postérieure à la grande captivité de Babylone, ce qui fixe la date d^^ l'émigration.

Nous sommes redevables à4!^extrême obligeancepu docteur Smith, évêque anglicatt'^é Hong-Kong, d'un fac-similé de ces livres; nous en avons fait hommage à l'illustre professeur d'hébreu au collège de France, M. Etienne Quatremère.

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