‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 278 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE QUATRIÈME

sent au cap Comorin, pour y instruire les néophytes en compagnie de François de Mancias. Changeant de conseil à cette heure, Je leur prescris de venir l'année prochaine aux Moluques, où j'entrevois un champ infiniment plus favorable à la propagation de la religion chrétienne. >

Les Moluqîies se composent d'une quantité de petites îles, et l'on ne sait pas encore positivement si quelque j)artie tient au continent. Presque toutes les îles sont habitées , et les naturels sont rassemblés dans de gros villages. Tous ces insulaires se feraient volontiers chrétiens, s'ils ne manquaient poiÉf' de prédicateurs pour les y exhorter. Et s'il y avait dans la contrée une maison de la Compagnie, la plupart embrasseraient la religion de J.-C. J'ai formellement résolu de faire en sorte qu'une maison soit établie pour nos confrères. Je prévois déjà combien de peuples seront, par là même, attirés à Ji-C. ., Dans cette île d'Amboine, les païens sont beaucoup plus nombreux queJes mahométans, et une hostilité profonde sépare les deui races. En effet, les mahométans tçfatraignaient les indigènes, ou à embrasser le culte de Mahomet, ou à les servir comme esclaves. Or, la plupart des païens, détestant plus encore le nom de Mahomet que le joug de .*l'esclavage, rejettent avec horreur la superstition maho- -métane. S'ils avaient quelqu'un pour leur enseigner la-:4. vraie religion, ils seraient attirés sans pemedans le trou^" peau de J.-C, car le nom de J.-C. les trouve moins éloignés que le nom de Mahom'et. Voici soixante-dix ans que le venin mahométan a infecté cette île , dont auparavant tous les naturels étaient païens. Le mal est venu de quelques prêtres de Mahomet qu'où appelle caciz, sortis de la Mecque, ville d'Arabie, où l'on conserve avec une grande vénération le corps exécrable de Mahomet, et qui, trouvant moyen de pénétrer dans le pays, ont attiré dans leur secte un nombre considérable d'habitant^. Les indigènes qui sont mahométans, sont sans instruction, et ne savent ce que c'est que la doctrine empoisonnée qu'ils sui-

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