‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 284 sur 759 · IIS · texte numérisé non relu

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poserais, dans une lettre, à votre majesté, ce que la considération de tout ce qui se passe autour de moi et la méditation approfondie des faits, me fait regarder comme le plus essentiel à la propagation de notre sainte religion dans ces pays, et à son établissement sur des bases inébranlables. Je me sentais, d'une part, sollicité de vous écrire, parle zèle du service de Dieu et par l'intérêt de sa gloire, et d'une autre part, je me sentais retenu, et comme effrayé, par le peu de succès qui me paraissait réservé : car je né présumais pas que mes conceptions et mes propositions fussent jamais réalisées. Néanmoins je ne croyais pas pouvoir garder le silence sa^ être infidèle à mon devoir; surtout lorsqu'il me paraissait évident, que ce n'était pas sans un secret dessein et sans une inspiration de Dieu même, que ces pensées avaient pris naissance dans mon esprit : et je ne pouvais concevoir de but plus vraisemblable, à cette révélation qui me venait de la part de Dieu, que de m'imposer le devoir de tout révéler à votre majesté : j'hésitais encore, redoutant, si je vous exposais tout ce qiii cause ma douleur, que cette lettre-ci n'accusât devant Dieu votre majesté, à l'heure de la mort, et n'accrût encore pour elle la chance formidable et les justes rigueurs du jugement suprême, en le privant, dès aujom^d'hui, de l'excuse de son ignorance.

Votre majesté daignera croire à mes paroles : si ce m'était un douloureux combat, j'avais en même temps l'intime conscience que je n'avais en vue et que je n'ambitionnais rien au monde que de me consumer dans les travaux, et de sacrifier ma vie inême^ pour procurer le salut des âmes dans les contrées des Indes, et pour alléger ainsi, dans la mesure de mes facultés, le fardeau des devoirs qui vous sont imposés; d'acquitter de la sorte une partie de vos obligations personnelles, et de décharger d'autant la conscience de votre majesté; enfin de vous apporter plus de sécurité devant la terrible décision du dernier jugement. En effet, votre grand amour envers notre Compagnie, m'inspirait de

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