‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 286 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE CINQUIÈME

J'ai découvert un remède à ce mal, tel, que si on l'employait, un grand nombre d'indigènes de ces contrées se feraient chrétiens, j'en ai la conviction; et les chrétiens qui sont privés de la faveur des personnes puissantes, et sont par là même exposés à mille injustices, seraient aimés et considéfés par les autorités portugaises-, ni Portugais ni Indiens n'oseraient, à l'avenir, les persécuter ni les dépouiller. Ce serait que votre majesté déclarât, soit par une lettre au vice-roi, et aux gouverneurs qui sont dans les Indes , soit de vive voix aux personnes qu'elle enverrait pour occuper ici les principales dignités, qu'elle leur déclarât, très-solennellement, que vous recommandez d'une manière toute spéciale au vice-roi et au gouverneur de chaque place l'accroissement de notre sainte religion, et que vous avez sa propagation singulièrement à cœur, et aussi que vous leur recommandez, d'une façon particulière, la personne de tous les religieux et prêtres qui sont dans les Indes : que vous vous reposez sur la fidélité de vos serviteurs; que vous leur en demanderez un compte rigoureux, et que vous saurez apprécier le mérite ou le démérité de leur conduite, afin d'y avoir égard, et de les récompenser ou de les punir en conséquence.

Et afin que cette déclaration fût moins sujette à l'interprétation, je désirerais encore qu'elle exprimât les noms de nous tous, qui résidons en ces contrées, et que vous affirmiez que vous n'entendez vous décharger sur aucun d'entre nous, ni sur tous ensemble, des devoirs qui sont imposés à votre conscience; mais que vous obligez à accomplir elles-mêmes ces devoirs les personnes investies par vous de l'autorité de gouverneur général ou de gouverneur particulier, selon les différentes fonctions où elles ont l'occasion de servir les intérêts chrétiens. Dieu lui-même ayant imposé à votre majesté l'immense obligation de pourvoir au salut éternel des peuples ses sujets, vous ne devez point vous en décharger sur d'autres, que sur les dépositaires de votre autorité dans ces pays, et sur ceux qui représentent

Page 1