‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 287 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE CINQUIÈME

la personne royale par l'éminence de la dignité qui leur est conférée ; et si vous reconnaissez que l'oubli de leur devoir, par quelques-uns de ces personnages, a été la cause qu'un grand nombre n'ont point embrassé la foi de J. -G., dans leur gouvernement et pendant le temps de leitf^^arge, vous leur infligerez les peines que la négligence d'une obligation si grave a attirées sur leur tête : surtout, après que vous les aurez prévenus à l'avance que le suprême devoir de faire pénétrer la connaissance de la religion de J.-G. dans les âmes des infidèles qui sont sous votre empire, est délégué par vous à vos principaux ministres dans les Indes.

Ordonnez que toutes les fois que le vice-roi ou un gouverneur vous écrira , il vous expose l'état présent de la religion : combien d'infidèles ont embrassé la foi, et quels ils sont ; quelles espérances on a sujet de concevoir pour la conversion des autres, et quels moyens on y peut employer : déclarez que vous n'ajouterez foi qu'aux lettres de ces personnages, en tout ce qui concerne la religion : que vous ne vous arrêterez à aucun autre avis, de quelque part qu'il vienne : que si, dans la contrée ou dans la province sur laquelle ils ont autorité, notre sainte Église n'a pas, durant le temps de leur administration, vu s'accroître le nombre de ses néophytes, tandis qu'il est très-évident qu'ils peuvent se multiplier presqu'à l'infini dans tous les temps et dans tous les lieux, si ceux qui gouvernent y sont favorables ; que votre majesté, dis-je, déclare solennellement au nom de son autorité souveraine, et même dans les diplômes qui les instituent et les investissent de leurs pouvoirs, que vous ne manquerez pas de les en rendre responsables et de les en châtier.

Je désirerais très-ardemment que vous daignassiez confirmer vos intentions par un serment authentique et dans les termes les plus solennels, en invoquant le nom de Dieu même, et déclarer que celui de vos gouverneurs qui aura mis obstacle aux progrès de la religion, verra dès son retour en Portugal, tous ses biens confisqués : ses richesses.

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