‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 289 sur 759 · LIVRE IV. —LETTRE CLNQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. —LETTRE CLNQUIÈME

genre, tant à cause des Portugais qui -vivent dans ces places, que des nouveaux chrétiens qui habitent les villes ou les bourgs tributaires. Je parle ici par expérience et comme témoin oculaire , et je n'exprime que ce dont j'ai moi- , même constaté l'évidence. ^

Pendant le temps que j'étais à Malacca et aux Moluques, je parlais en public deux fois chaque jour de dimanche ou de fête. J'étais obligé de suivre cet usage, parce que j'avais reconnu que les soldats et les habitants éprou-^ \ valent un besoin très-essentiel d'être fréquemment nourris ' de la divine parole. J'instruisais donc du haut de la chaire les Portugais à la messe le matin ; et après le repas , j'enseignais dans un langage en rapport avec leur intelligence, les enfants de ces mêmes Portugais et leurs serviteurs, ainsi que les enfants chrétiens des indigènes; et j'expliquais successivement les articles de la doctrine chrétienne. Un certain jour de la semaine, je faisais rassembler dans l'éghse les épouses des Portugais, tant indigènes que nées du mélange des deux races, et je leur adressais une instruction familière sur les articles de la Foi et les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. En peu d'années, on verrait^se réaliser des fruits infinis pour le service de Dieu, si ce mode d'enseignement se pratiquait constamment, et dans tous les lieux. En même temps, dans les forteresses, j'enseignais , tous les jours après midi, la doctrine chrétienne ;aux enfants portugais des deux sexes, ainsi qu'aux serviteurs et servantes , et aux chrétiens indigènes : et cette continuité d'instructions a eu pour effet de faire entièrement cesser toutes les superstitions idolâtriques', et les prestiges de magie qui étaient si fréquentsauparavant parmi ces néophytes remplis d'ignorance.

Je m'étends ainsi, dans mon discours à votre majesté,, pour lui faire apprécier dans sa sagesse combien nous; est nécessaire le grand nombre des prédicateurs ; et aûn aussi que votre majesté daigne se souvenu* de nous les envoyer: en effet, si la pénurie d'ouvriers, qui se fait

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