‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 290 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE CINQUIÈME

déjà si vivement sentir, devait durer un certain temps encore, non-seulement les nouveaux convertis à notre sainte religion seraient exposés à perdre la Foi, mais les Portugais eux-mêmes, pour la plupart, ne' seraient plus chrétiens que de nom seulement. J'appréhende infiniment, seigneur, que tous mes vœux n'aient point le succès que je désire, et qui serait essentiel : et connaissant la fortune malheureuse de l'Inde, J'ai peine à me persuader que jamais elle jouisse des avantages que je lui souhaite; c'est, en quelque sorte, sa condition naturelle et comme son mauvais sort, qu'elle ne puisse voir s'affermir en elle une religion solide et pure , la régularité dans le devoir, et une vertu consommée et parfaite : le bien ne peut pénétrer dans les mœurs publiques, et devenir l'état général et le caractère essentiel de la nation.

Le 21 janvier de cette année, je suis arrivé à Cochin venant de] Malacca, où j'avais rencontré l'évoque, de qui la présence et la conversation m'avaient procuré de grands avantages spirituels ; j'ai pu connaître avec quelle charité ce prélat endure des épreuves corporelles infinies, tandis qu'il parcourt successivement toutes les places de son diocèse, qu'il visite et cultive, en même temps, les chrétientés de Saint-Thomas, et qu'il s'acquitte ainsi de son devoir avec plénitude, et comme il convient à un légitime et zélé pasteur : tel il se montre effectivement par ses œuvres. Ses admirables travaux reçoivent en ces contrées, de la part d'un certain nombre de personnes, la récompense ordinaire des saints en ce monde. Mais j'ai été singulièrement édifié, et j'ai conçu la plus grande vénération pour la personne de ce prélat, en voyant, par des marques très-évidentes, toute l'étendue de sa patience. J'ai entendu murmurer, à son égard , certains bruits semés dans les Indes par les enfants du siècle, et je pense que les mêmes personnes écriront à votre majesté, et lui exposeront les sinistres accusations qu'elles osent élever contre sa réputation à l'occasion de la mort de D. Miguel laz; h cel égard, je me

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