LIVRE IV. — LETTRE CINQUIÈME
crois obligé de rendre en sa faveur un témoignage solennel et très-véridique, et je le rends afin d'accomplir un devoir essentiel : j'affirme que je sais de source certaine, quoiqu'il ne me soit point permis de dire ou d'écrire par quelle voie et de quelle manière je l'ai appris, je sais, dis-je, que l'évêque ne saurait encourir, à ce sujet, aucune accusation, non plus que je ne le saurais moimême, qui étais si éloigné, et au sein des Moluques, quand a eu lieu ce triste événement.
Je prie et je conjure votre majesté, au nom de tout son amour envers Dieu et de son zèle pour la religion, et afin de conserver son âme pure et entièrement exempte de toute responsabilité, de ne rien faire ou ordonner en cette occasion, qui puisse être préjudiciable à notre excellent prélat. En vérité, si votre majesté paraissait ajouter foi à de si monstrueuses calomnies, elle donnerait un très-grand crédit et une autorité Irès-pernicieuse aui esprits méchants qui se rencontrent dans les Indes. '
La grâce que votre majesté a faite à Pero Gonzalez, vicaire épiscopal à Cochin (1), de l'admettre au rang des chapelains de la chapelle royale , et de recevoir son neveu parmi les pages de la cour, je la considère comme une
(1) Cochin (lat. 9° 5' N.) était le chef-lieu d'une principauté indépendante. Elle renfermait de nombreuses chrétientés de Saint- Thomas et deux colonies de juifs, l'une ancienne, et datant de la captivité d^:Babylone, l'autre plus récente.
Le grand Albuquerque bâtit une citadelle à Cochin, en 1503.
Les chrétiens de Saint-Thomas, établis sur le territoire de Cochin, étaient devenus, vers le vi® siècle, Jacobltes ou Nestoi'iens : ils obéissaient à un évéque, envoyé tantôt par le patriarche jacobite de Ninive, tantôt par le patriarche nestorien de Babylone, et qui prenait le titre épiscopal d'Angamalé,
Le pape Paul IV, en 1557, créa un évêché à Cochin. —En 1596, un concile provincial fut tenu à Odiamper, dans le Malabare, par la réunion des syro-chaldéens. — En 1605, fut supprimé le titre syrien d'Angamalé, et institué le diocèse de Cranganor dont nous avons parlé, ,
Les Hollandais, maîtres de Cochin, en ont détruit les églises, et dans les derniers temps, le titulaire schismatique, suffragant de Goa, avait transporté sa résidence à Quilam. Le siège de Cochin fut supprimé par le pape Grégoire XVI, en 1838..;^
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