LIVRE IV. — LETTRE SIXIÈMK
faveur qui nous est personnelle, à cause des émlnents services que ce noble personnage a rendus à notre Compagnie. Je dois donc ici confesser ma reconnaissance personnelle et celle de tous les membres de notre Compagnie envers votre majesté, et vous n'en serez, seigneur , nullement surpris, lorsqueyous saurez que la demeure du vicaire épiscopal de CocWn est comme l'hôtellerie de la Compagnie de Jésus. Sa bienveillance à notre égard ne se renferme pas dans les limites de l'hospitalité vulgaire ou d'une amitié commune ; sa libéralité va jusqu'à ce point, qu'après avoii% en notre faveur, dépensé tout ce qu'il a présentement à sa disposition, il emprunte d'autrui pour combler la mesure de ses bienfaits. Je prie donc votre majesté, au nom de la Compagnie tout entière, de vouloir bien lui faire expédier, ainsi qu'à son neveu, les lettres nécessaires, afin que leurs pensions soient fidèlement acquittées. ;Tous deux sont dignes de ces grâces : le vicaire épiscopal , parce qu'il veille au salut éternel des fidèles sujets de votre majesté ; et son neveu, parce qu'il sert vaillamment à l'ar mée, sa patrie et l'État, sous les auspices de votre majesté.
Je termine par ce vœu, que Dieu Notre-Seigneur accorde à votre majesté de sentir profondément en son âme et de réaliser par ses actes , tout ce qu'au moment de la mort elle désirera d'avoir accompli.
De Cochin,^j^. 20 janvier 1548. •
L'inutile servltem- de votre majesté,
Françots.
Au F. Ignaee de I^oyola^ général de la Compagnie, h Rosn^,
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Que la grâce, etc.
Dieu m'est témoin de l'ardent désir que j'aurais de vous réveil', en cette vie , mon bien-aimé Père , afin de vous
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entretenir sur divers sujets pour lesquels j'aurais besoin de votre assistance , ainsi que des remèdes spirituels qui dépendent de vous : car l'espace , ni l'intervalle des distances, ne sont un obstacle à l'obéissance. Plusieurs de nos frères qui sont répandus dans ces contrées, et nousmême, nous éprouvons un pressant besoin d'un médecin de nos âmes. Je vous conjure au nom du Seigneur Jésus, ô mon excellent Père , d'étendre vos regards sur vos enfants qui demeurent aux Indes, et de leur envoyer un homme énergique et consommé dans la sainteté , dont l'esprit dez^le et de ferveur réveillera mon âme languissante. J'ai l'espérance que la vue en Dieu des dispositions intérieures de vos enfants vous fera bientôt remédier à l'ajffaiblissement spirituel de leurs âmes , et leur donner les moyens de suivre, avec plus d'amour, les voies delà vie parfaite.
Ces contrées réclament surtout des prédicateurs, et^ aucun des religieux que le P. Simon nous a envoyés vij^f un prédicateur. Les Portugais eux-mêmes qui habitent lèi Indes, qui nous recherchent et qui nous aiment , seraient" très-heureux de posséder de bons prédicateurs de notre Compagnie. Je vous prie au nom de Dieu et de sa religion; de vous souvenir de leur légitime et pieuse demande, et v d'envoyer ici quelques Pères capables de cet emploi, et qui enseignent aux errants la voie du salut. Les Pères qui seront envoyés pour visiter les vUlages païens et y porter l'Évangile, devront être assez avancés dans la vertu , pour ; vivre dans ces contrées soit réunis, soit isolément, partout où les appellera l'intérêt de la prédication chrétienne, aux Moluques, en Chine ou au Japon ; et si c'était dans ce dernier pays , le tableau que je vous en envoie vous fera connaître aisément quels sujets conviennent à ses habitants.
Nous attendons avec une impatience extrême les in^gences du souverain pontife , et le privilège pour le grand autel de notre collège , ainsi que l'autorisation pour les prêtres, de suppléer l'éveque en confér^; la Confirmation
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