‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 298 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE HUITIÈME

LETTRE VIII

Aux Pères et Frères de la Compagnie de Jésus ^ à Rome.

Que la grâce , etc. ' '

Dans l'année 15Zi8 de N.-S., je vous ai longuement parlé des îles Moluques, qui sont situées à 60 lieues deMalacca. Dans l'île d'Amboine, où le roi de Portugal entretient une garnison , demeurent un grand nombre de Portugais qui exploitent ces contrées très-fertiles en toutes sortes d'épices. C'est là seulement que croît l'arbuste appelé girofle. * Je suis demeuré trois mois à Amboine , qui renferme sept villages de chrétiens, et, pendant ce temps, j'ai baptisé un grand nombre d'enfants, dont le salut était en grand péril, à cause du manque de prêtre, celui qui avait été chargé de cette chrétienté étant mort depuis longtemps. f4 J'avais eu le loisir de visiter tous les villages, et de régénérer les enfants dans l'eau du baptême, lorsqu'il arriva sept navires dont plusieurs étaient espagnols. Ces derniers venaient de la Nouvelle-Espagne que l'on appelle ordinairement les Indes -Occidentales , envoyés par l'empereur Charles à la découverte de nouvelles terres ; ils demeurèrent à Amboine environ trois mois, et me donnèrent assez d'occupation. J'étais obligé de prêcher les dimanches et les jours de fête, j'avais tous les jours à entendre des confessions en grand nombre , à pacifier les différends , à visiter les malades ; tout mon temps était consacré à des devoirs de ce genre, et parmi des personnes si éloignées de la religion, je craignais singulièrement de ne pas recueillir de grands fruits de salut. Je dois rendre à Dieu d'immortelles actions de grâces , de ce qu'il a rempli d'un esprit pacifique des hommes .qui paraissaient faire profession de n'être jamais en paix ni avec Dieu ni avec les hommes. Après ces trois mois, les Espagnols se dirigèrent vers

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