LIVRE IV. — LETTRE HUITIÈME
les Indes portugaises : et je m'empressai de passer aux Moluques, où j'employai trois autres mois à prêcher les jours de fête, à entendre assidûment les confessions, à enseigner tous les jours le catéchisme aux enfants et aux néophytes. Les dimanches et les fêtes, après le repas, je donnais à ces mêmes néophytes une expHcation étendue du symbole des apôtres. Les mêmes jours, je faisais deux instructions, l'une à l'heure de la messe aux Portugais, l'autre après midi aux néophytes.
J'ai de justes motifs de rendre grâce à Dieu pour les fruits que nous avons recueillis de ce travail: nos néophytes se sentaient, en effet, si remphs d'ardeur pour chanter les cantiques et la gloire de Dieu , que les enfants molu(]^is dans les places, les jeunes filles et les femmes dans l'ititérieur des maisons, les labourem's dans la campagne, les pêcheurs au milieu des eaux, au lieu de chants licencieux et blasphématoires, récitaient en chantant les éléments de la doctrine chrétienne. Et comme toutes les paroles de ces chants étaient dans la langue du pays, les nouveau*^ chrétiens et les naturels infidèles les comprenaient également. Enfin, Dieu permit que les Portugais de la contrée , et les autres habitants, chrétiens et infidèles, prissent en peu de temps assez d'amitié pour moi , pour que je parusse avoir trouvé grâce à leurs yeux.
Je passai de là dans les îles que l'on nomme les îles du More, à 60 lieues des Moluques : elles renferment un grand nombre de villages chrétiens, 4)riTé& depuis longtemps de culture religieuse, à cause de îa distance qui les sépare des Indes, et parce que les naturels ont fait périr l'unique prêtre qui s'était fixé parmi eux. Je baptisai dans ces îles un grand nombre d'enfants , et dans l'espace de trois mois, car j'y demeurai ce temps, je visitai toutes les chrétientés, et les conquis aux vérités que j'annonçais et à J.-G. Toutes ces îles, à cause des divisions intestines entre les habitants, et des guerres qui eji sont la suite, sont pleines de dangers; les habitants y sont barbares, ignorants
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