‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 301 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE HUITIÈME

blables, et souvent on en a vu qui, n'ayant point occasion d'immoler un étranger, ont fait périr leur femme et leurs enfants. Ces Javares font de nombreuses victimes parmi les chrétiens.

L'une des îles est fréquemment ébranlée dans toute son étendue par des tremblements de terre , et eUe vomit continuellement de son sein des flammes et de la cendre. Les naturels prétendent que la violence de l'incendie soutéi*rain est si grande, que les rochers qui supportent la ville sont entièrement embrasés. L'on peut croire à leurs paroles; car il arrive souvent que d'énormes pierres incandescentes sont lancées dans les airs, et paraissent, par leur grandeur, comme des troncs d'arbres immenses : lorsque le vent s'élève avec violence des cavités souterraines, il se répand dans les airs une si grande abondance de cendres, que les hommes et les femmes qui travaillent dans la campagne , reviennent dans leurs demeures tout inondés par cette cendre, à ce point, qu'à peine on peut discerner leurs yeux , les traits de leur visage , et même leurs narines : on les prendrait pour des démons, plutôt que pour des hommes. Je parle d'après les récits des naturels, et non pour en avoir été moi-même le témoin; car, pendant la durée de mon séjour, il ne s'est point élevé de ces ouragans. Les habitants m'ont aussi raconté que, pendant ces vents violents , les cendres sont transportées dans les airs en si grande quantité, qu'un grand nombre de sangliers en sont aveuglés et étouffés, et qu'après l'orage, on les trouve morts au milieu des champs. On dit aussi que dans ces tourmentes on rencontre un grand nombre de poissons morts sur le rivage , pareillement victimes du fléau. On sait , en effet , que les poissons qui boivent de l'eau mêlée de cendres périssent ordinairement. Les indigènes me demandaient les causes de ces prodiges naturels : je leur répondais que c'était l'image des régions infernales, où seraient précipités les adorateurs des idoles. Les tremblements de terre sont d'une telle vio-

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