LIVRE IV. — LETTRE HUITIÈME
lence, qiie le jour de là fête de l'archange saint Michel, tandis que je célébrais le Saint-Sacriflce dans l'église, la terre fut si violemment ébranlée, que je craignis vivement de voir s'écrouler l'autel.
Peut-être , saint Michel , à cette heure , précipitait-il au , fond de l'abîme tous les mauvais anges qui, dans ces contrées, s'opposent au culte du vrai Dieu, après les aivoir renversés par la puissance de ses armes divines.
Après avoir visité tous les vUlages^ chrétiens, je revins aux Moluques, où j'employai trois mois encore à prêcher deux fois les jours de fête, le matin pour les Portugais , et le soir, après le repas, pour les néophytes, à entendre les confessions chaque jour, le matin et le soir, et à enseigner à fond le catéchisme. Après avoir terminé l'œuvre du catéchisme, j'expliquai, les dimanches et les jours de fête (1), les articles du symbole aux chrétiens indigènes, en observant, à chaque article de mon enseignement journalier, de m'élever avec force contre le culte des idoles. Le jeudi et le samedi , j'instruisais séparément les femmes indigènes des Portugais sur les articles de la Foi, les préceptes de la loi de Dieu, et les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. ■
On était au temps du carême, et la plupart d'entre elles s'approchèrent de la sainte Eucharistie, à laquelle elles n'avaient jamais participé de leur vie. Pendant les six mois de mon séjour aux Moluques, les Portugais, ainsi que leurs femmes et leurs enfants , et les chrétiens indigènes , firent de grands progrès dans la piété. A la fin du carême, je quittai les Moluques, et je fis voile pour Malacca, ayant reçu les témoignages d'affections les plus touchants de la part, non-seulement des chrétiens , mais encore des infidèles.
(1) Cutill as donne un sens différent :
« Après avoir lerrainé l'œuvre du Catéchisme, qui avait lieu les dimanches et les jours de fêle, j'expliquais pendant la semaine, à l'exception du jeudi et du samedi, etc. ». , .