‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 306 sur 759 · LIVRE IV.— -LETTRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV.— -LETTRE HUITIÈME

péter souvent les récits de la vie du Sauveur, pour les faire pénétrer et les fixer dans la mémoire, avec leur explication. C'est seulement ainsi que ces peuples se rendent à la Térité, et prennent en horreur les fables et les illusions infernales, qui remplissaient la mémoire des païens des temps anciens, et qui existent dans celle des païens de notre temps.

J'ai sérieusement recommandé à un prêtre séculier de me suppléer auprès d'eux, de s'acquitter des mêmes offices, et de pratiquer tous les jours , avant midi, le même ordre d'enseignements : il m'en a fait la promesse ; et j'espère, avec la grâce de Dieu, que son œuvre s'accomplira sans peine. A mon départ de Malacca, les principaux héritants ont vivement insisté pour que j'envoyasse, dans leur viUe, deux sujets de la Compagnie , afin d'y annoncer la parole divine à eux-mêmes , à leurs épouses et aux chrétiens indigènes, et d'instruire à ma place, dans la doctrine chrétienne, leurs enfants , leurs serviteurs et leurs servantes. Ils l'ont sollicité avec tant de zèle, que je regarde comme un devoir pour moi de satisfaire, au prix de tous mes efforts , à leur pieuse requête, venant surtout de personnes qui ont sibien mérité de notre Compagnie.

Au mois d'avril 1547 (c'est-à-dire dans la saison où les navires quittent les Indes pour se rendre à Malacca et aux Moluques), je vis à Malacca un marchandportugais, homme d'une grande piété et très-véridique, qui me fit des récits infinis sur de grandes îles nouvellement découvertes et que l'on nomme le Japon. La propagation de la religion del.-C. s'y peut accomplir avec plus de succès qu'en toute aatre contrée des Indes, car la nation japonaise aime à s'instruire plus qu'aucune nation du monde. Ce marchand était accompagna d'un japonais, nommé Anger, qui, d'après les entretiens qu'il avait eus avec des personnes de Malacca , avait résolu de venir me trouver. Au Japon, il avait consulté des marchands portugais de ses amis etleur avait découvert les blessures de sa conscience, en leur demandant un moyen de sauver son âme et d'apaiser la colère de Dieu; ces

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